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«La collaboration mutuelle entre le gouvernement et la société civile est importante pour la promotion de l’entrepreneuriat social»

Global Director for Civil Society et professionnelle des communications stratégiques et du développement international dans les contextes marqués par des conflits, Roselie Vasquez-Yetter livre, à travers cet entretien accordé au «Matin» à l’occasion de la tenue de «Morocco Today Forum», sa vision de l’entrepreneuriat social, du rôle des gouvernements et des acteurs privés dans la promotion de ce modèle d’entrepreneuriat, en forte progression au cours des dernières années.

«La collaboration mutuelle entre le gouvernement et la société civile est importante pour la promotion de l’entrepreneuriat social»
Roselie Vasquez-Yetter.

Le Matin : Comment, d’après votre expérience, l’entrepreneuriat social permet-il de lutter contre la pauvreté et la marginalisation des catégories vulnérables ?
Roselie Vasquez-Yetter : C’est un réel plaisir de venir des États-Unis pour prendre part au MTF et représenter la société civile qui œuvre pour la promotion du développement et de la lutte contre la pauvreté. Notre travail avec la société civile comprend des partenariats importants avec les gouvernements des pays. Ce qui nous a permis la mise en place des centres de médiation visant l’instauration et la promotion de la paix.

Quelle évaluation faites-vous de l’entrepreneuriat social à travers le monde ?
Dans le monde entier, il y a des problèmes et des opportunités qui sont identiques. Nous devons prendre en considération et comprendre les différences culturelles. Aussi, il faut être convaincu de la possibilité d’améliorer la vie des gens via des petits atouts et aussi de les convaincre de cette possibilité. Il est difficile d’imaginer un monde sans conflit ou avec une égalité économique. Les questions que nous devons nous poser sont : comment peut-on trouver les opportunités économiques qui peuvent améliorer la vie des gens ? Comment peut-on instaurer un équilibre entre les opportunités de donner et d’appuyer les organisations qui font un travail social ?

De quelle manière l’entrepreneuriat social contribue-t-il au développement des pays ?
De prime abord, l’entrepreneuriat social comprend plusieurs composantes qui sont nécessaires pour le développement d’un pays. La composante économique est très importante. Elle permet de nouer des partenariats avec le secteur privé. L’autre composante nécessaire est d’ordre social. Elle permet, quant à elle, d’instaurer des partenariats avec l’État et les acteurs sociaux, d'autant plus qu’elle a une dimension très importante dans la résolution des crises psychosociales. Ainsi, nous ne pouvons pas compter que sur les ONG, il faut avoir l’appui de tous les secteurs. C’est grâce à ces partenariats que nous pouvons réaliser le développement durable.

Vous avez travaillé dans près de 40 pays. L’entrepreneuriat social est-il appréhendé de la même manière dans les pays du Nord et ceux du Sud ?
La tendance à parler d’entrepreneuriat social est générale. Nous parlons de ce concept partout dans le monde, mais à différents degrés. Par exemple, aujourd’hui aux États-Unis et en Europe, il y a des nouveautés. C’est l’individu qui est au centre de l'intérêt. Nous travaillons avec les gens pour qu’ils soient conscients de la possibilité d’améliorer leur vie eux-mêmes. Par contre, la situation est différente en Afrique, en Amérique latine, en Europe de l’Est et au Moyen-Orient. Dans ces pays, le travail s’articule autour des questions relatives au renforcement des capacités des ONG, notamment les capacités techniques leur permettant de créer une valeur ajoutée dans le domaine où elles opèrent. D’où toutes les différences constatées au niveau des méthodes de travail. Par exemple, le travail avec une ONG d’investissement social porte notamment sur les aspects concernant l’utilisation des revenus pour assurer la continuité et la viabilité de l’ONG. Car aujourd’hui, les ONG ont peur de dire qu’elles reçoivent des revenus, alors qu’il s’agit d’un droit prévu dans les lois. Sur ce point, je pense qu’il y a une incompréhension, ce qui nécessite beaucoup de travail en matière de terminologie utilisée.

En effet, la définition des concepts change d’un système à l’autre. Par exemple, la société civile et le secteur privé sont définis différemment selon les pays. Comment définissez-vous ces deux concepts ?
Les définitions des concepts sont indépendantes de la géographie. Pour la majorité des gens, la société civile se résume aux ONG. Le secteur privé constitue une composante à part. Dans notre réseau, nous nous penchons sur l’élargissement du secteur de la société civile pour qu’il englobe les ONG, les institutions académiques et d’éducation, les médias et les entreprises privées. Notre objectif est de favoriser les partenariats entre le gouvernement et tout le secteur civil. La collaboration mutuelle entre ces deux composantes est d’une importance capitale pour promouvoir et renforcer l’entrepreneuriat social.

De quelle manière le partenariat entre le gouvernement et la société civile peut-il contribuer au développement de l’entrepreneuriat social ?
L’entrepreneuriat social ne peut pas se développer sans l’appui du gouvernement et de la société civile. Les deux parties sont complémentaires. Les entités de la société civile sont appelées à appuyer et soutenir les plans et les stratégies du gouvernement. Il en va de même pour le gouvernement qui doit accompagner et soutenir la société civile.

Pourriez-vous nous parler des quelques exemples réussis en matière d’entrepreneuriat qui vous ont le plus marqué ?
Les success-stories sont à peu près pareilles partout dans le monde. Car la solution à un problème vient des besoins de la communauté. L’important est d’adopter une communication efficiente pour répondre aux besoins des parties concernées et pour éviter tout conflit. Il faut être à l’écoute des gens. Et c’est grâce à ces méthodes et aux consultations que nous avons eu beaucoup de réussites.

Quels sont les obstacles qui entravent l’essor de l’entrepreneuriat social ?
Aujourd’hui, il faut donner plus de temps à l’entrepreneuriat social pour en recueillir les fruits. Il faut aussi assurer l’accompagnement et le suivi des projets après leur mise en place, aussi bien en termes d’organisation que de formation des entreprises sociales. 

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