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Entretien avec Soukayna Ndiaye Bâ, présidente de FDEA Microfinance et représentante d'INAFI International à Dakar

«Nous travaillons dans ce secteur depuis de nombreuses années, et c’est la première fois que nous voyons une autorité du niveau du Roi s’intéresser à ce domaine»

author Brahim Mokhliss, LE MATIN

Ph. Saouri

Ph. Saouri

L'«Entrepreneuriat social, un moyen privilégié et pragmatique pour l’inclusion de tous», était le thème du premier panel organisé en marge du deuxième Morocco Today Forum (MTF 2017). C’est à l’occasion de cette rencontre que Soukeyna Ndiaye Bâ est intervenue en sa qualité de membre fondateur et présidente de «Femme développement et entreprise en Afrique» (FDEA), la première institution de microfinance des femmes entrepreneurs dans le secteur informel au Sénégal. La spécialiste en microfinance a également été ministre de la Coopération décentralisée et de la planification régionale du Sénégal, chargée du Développement économique régional et local, de novembre 2002 à mai 2005. Entretien.

Le Matin : Vous êtes connue pour votre militantisme en faveur de l’entrepreneuriat social et le développement local. Quel rôle joue l’entrepreneuriat social dans le développement local et la lutte contre la pauvreté ?
Soukayna Ndiaye Bâ : Je me suis intéressée à l’entrepreneuriat social depuis 1987, date de la création de l’institution que je gère aujourd’hui (FDEA) et qui a certainement été à l’origine de la création d’une autre fondation que nous avions créée en 1990, qui s’appelle INAFI International. Celle-ci regroupe des institutions qui travaillent dans l’entrepreneuriat social. À l’époque, nous avions utilisé les microcrédits comme moyen pour faire de l’entrepreneuriat social. Aujourd’hui, je suis très contente de constater que nous parlons beaucoup d’entrepreneuriat social et je pense que cela est essentiel dans des économies comme les nôtres où le secteur informel joue un rôle important et où il est surtout actif dans l’entrepreneuriat social.

Quelles appréciations portez-vous sur le secteur de l’entrepreneuriat social au Maroc ?
Je pense que ce n’est pas un hasard si aujourd’hui on parle au Maroc de co-développement et d’entrepreneuriat social. Je pense que c’est une vision extrêmement importante, et je profite justement de l’occasion pour remercier le Roi du Maroc et le féliciter d’avoir encouragé une telle initiative. Nous qui travaillons dans ce secteur depuis de nombreuses années, c’est la première fois que nous voyons une autorité de ce niveau-là comprendre l’importance de ce domaine, l’impulser et l’accompagner. En observant l’environnement marocain, je crois que l’entrepreneuriat social joue un rôle important dans la croissance économique du pays. Aujourd’hui, il faut œuvrer pour renforcer cet entrepreneuriat dans le but d’en faire un levier économique important.

Récemment, vous avez beaucoup défendu le déploiement de microcrédits dans l’agrobusiness. Pensez-vous que c’est un créneau qui pourrait intéresser les investisseurs privés et notamment les investisseurs sociaux ?
Oui, je crois que les investisseurs sociaux se manifestent de plus en plus et sont très intéressés par le secteur de l’agrobusiness. Ce dernier est en train de se développer. Au Sénégal par exemple, un nombre important de produits nous viennent du Maroc, mais ce sont aussi des Sénégalais qui achètent ces produits et les commercialisent. Ce qui donne une coopération Sud-Sud très intéressante en matière d’entrepreneuriat social. En effet, ces échanges nous permettent de développer des entreprises qui contribuent socialement au développement économique et au renforcement des capacités.

Est-ce que vous pensez que l’agrobusiness est une façon de rapprocher les microcrédits des zones rurales, pour que les microcrédits drainent l’activité vers les zones rurales au lieu qu'elle soit concentrée dans les zones urbaines ?
Nous sommes en train d’expérimenter pas mal de programmes avec notamment le ministère de l’Agriculture et des institutions de financement extérieures comme la Banque africaine de développement (BAD). Des programmes qui s’intéressent au secteur de l’agrobusiness et qui ont pour finalité de faciliter l’accès au crédit en finançant des institutions comme celles de la microfinance pour qu’elles accompagnent des projets dans le monde rural. On a besoin de ces leviers parce que le financement de l’agrobusiness est très risqué et difficile. Donc s’il n’y a pas d’accompagnement qui permet d’accéder à des ressources pas très chères, il sera difficile de développer le secteur.

Vous êtes présidente de FDEA Microfinance. Quel rôle joue cette ONG dans l’accès des femmes à l’entrepreneuriat social ?
Depuis la création de l’association en 1987, et dans le cadre des différentes conférences des Nations unies auxquelles nous avions participé pour parler de la situation des femmes, j’ai toujours plaidé pour la mise en place d’actions concrètes afin de trouver des réponses aux questions essentielles qui se posaient à nous. Donc à cette époque-là, je pensais déjà que le microcrédit permettait aux femmes d’obtenir des ressources financières et ainsi trouver des solutions aux problèmes qu’elles affrontaient, économiquement parlant. Parce qu’il fallait trouver l’argent pour pouvoir leur permettre de développer une entreprise. Mais il est aussi important de les former et les accompagner. C’est ce qui a permis aujourd’hui de parler d’entrepreneuriat social. C’est un entrepreneuriat qui est socialement responsable, parce qu’il répond à des besoins économiques, certes, mais il permet aussi de créer de l’emploi, d’apporter des solutions à des familles qui n’ont pas beaucoup de revenus, à condition que l’activité soit pérenne. Pour cela, nous devons aller au-delà de ce que nous faisons aujourd’hui.

Est-ce que vous avez des projets de partenariat avec des acteurs marocains dans le domaine du microcrédit ou avec des femmes entrepreneurs ?
Nous n’en avons pas encore, mais nous pensons que cette rencontre va nous permettre d'en trouver, d’échanger et de collaborer. Par exemple au Sénégal, on a beaucoup de besoins qui peuvent trouver des réponses au Maroc, comme en matière d’industrialisation ou d’emballage. Nous avons la chance d’avoir une route qui relie directement le Maroc et le Sénégal avec des coûts moins élevés. Je sais qu’aujourd’hui il y a pas mal de transactions qui se font par la route, mais les femmes et les jeunes n’en bénéficient pas. Il faut donc développer les échanges dans le cadre de l’entrepreneuriat social. 

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