Situé en Afrique et disposant d’une façade méditerranéenne importante, le Maroc est un pays très vulnérable à la variabilité du climat, selon le quatrième rapport d’évaluation du climat du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Les projections climatiques établies par la Direction de la météorologie nationale prévoient une augmentation des températures moyennes estivales de l’ordre de 2 à 6 °C et une régression de 20% en moyenne des précipitations d’ici la fin du siècle. Ce réchauffement climatique a une incidence directe sur la pluviométrie dont dépendent le taux de remplissage des barrages, la réalimentation des nappes et les eaux de surface.

En 2014, le ministère de l’Environnement, dans une étude intitulée «Politique du changement climatique au Maroc», prévoit une baisse significative des précipitations oscillant entre 3 et 30% selon les régions, une accélération des phénomènes extrêmes (notamment les sécheresses et les inondations), une tendance à la hausse des vagues de chaleur et la baisse des vagues de froid et une élévation du niveau de la mer.

L’Institut royal des études stratégiques rappelle dans son rapport «Le Maroc face au changement climatique. Incidences sur la trajectoire de développement et perspectives d'adaptation» que les sécheresses, qui représentent un trait structurel de notre climat, sont devenues particulièrement aiguës et fréquentes. Le Maroc est passé d’une sécheresse tous les dix ans pendant les années 1950-1960 à deux à trois sécheresses par décennie depuis les années 1980. Durant la période 1955-2004, le Maroc a dû faire face à 7 périodes de sécheresse généralisée, dont 5 après 1975. L’École Hassania des travaux publics a publié une étude, «Vulnérabilité et adaptation au changement climatique des ressources en eau et des secteurs socio-économiques clés du Maroc». Il en ressort qu’à la fin du siècle, les projections font état d’une baisse des précipitations d’environ 20% et qu'elle atteindrait 40% dans les zones situées à l’ouest de la chaine de l'Atlas. Le barrage Idriss 1er sur l’oued Inaouene (bassin du Sebou), selon cette étude, verrait son débit, selon le scénario optimiste, chuter de -7,6% à l’horizon 2080 et de -40% à même échéance d’après le scénario pessimiste.

D’autres impacts sont également à craindre à en croire la même étude. Les changements climatiques pourraient provoquer le dérèglement des régimes naturels saisonniers des oueds, la réduction de la capacité de stockage des retenues des barrages en raison d’un envasement accéléré par une érosion accentuée des sols des bassins versants, engendrée par de fortes intensités de pluie. La surexploitation des nappes d’eau souterraines pourrait également s’aggraver, ce qui provoquerait l’accentuation de l’approfondissement des niveaux des nappes d’eau souterraine et l’augmentation de la salinité des nappes côtières, en raison d’une invasion plus importante des eaux marines. Sur un autre chapitre, le Maroc laisse filer un filon sans le valoriser : la réutilisation des eaux usées. En mars de cette année, la secrétaire d'État chargée de l'Eau, Charafat Afailal, a indiqué que le taux de réutilisation des eaux usées n’est actuellement que de 9%. Le Rapport mondial 2017 des Nations unies sur l'eau indique que chaque dollar dépensé en assainissement en rapporte 5,5.