Mise en œuvre de l’article 33 de la Constitution

Le Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative pour bientôt

Yousra Amrani,LE MATIN
20 Aout 2017
Le-Conseil-consultatif-de-la-jeunesse.jpg 29 juin 2015 : S.M. le Roi Mohammed VI a inauguré, à Casablanca, un centre de formation et d'animation du tissu associatif. Ph. MAP

Dans le cadre des efforts visant la consolidation de la démocratie participative et le renforcement du rôle des jeunes dans l’édification de la société, le Maroc sera bientôt doté d’un organe consultatif pour les jeunes. Le Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative, dont le texte de création a franchi le cap de la Chambre des représentants au mois de juillet dernier, permettra de renforcer le rôle de la jeunesse dans la consécration de la démocratie participative et la concrétisation du concept de la citoyenneté active et agissante.

Prévu par la Constitution adoptée en 2011, le Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative, qui vient d’être adopté à l’unanimité au sein la Chambre des représentants au mois de juillet dernier, constitue un saut qualitatif dans la consécration du rôle important et positif des jeunes dans l'édification d’une société moderne, ouverte et prospère. Il a fallu six ans pour que ce texte franchisse enfin le cap de la première Chambre. Certains parlementaires attribuent ce retard, et à juste titre d’ailleurs, à l’importance de cette nouvelle structure. En effet, le nouvel organe représente aussi une reconnaissance du rôle de la jeunesse dans la mise en œuvre de la démocratie participative et la concrétisation du concept de la citoyenneté.

Élaborée en application des articles 33, 170 et 171 de la Constitution prévoyant la création du Conseil consultatif de la jeunesse et de l'action associative et conformément aux Hautes Orientations royales, cette instance rentre également dans le cadre des efforts déployés par le Royaume pour renforcer les opportunités de participation institutionnelle des jeunes.
S’agissant des objectifs, cette instance constitutionnelle et consultative a pour but de formuler des recommandations et des propositions et de les soumettre aux autorités compétentes pour les aider à prendre des mesures visant à élargir et généraliser la participation des jeunes au processus de consécration des bases du développement socioéconomique, culturel et politique du pays, promouvoir la vie associative et améliorer les conditions des jeunes et de l'action associative.
De nombreux parlementaires estiment que la création de cette instance permettra aussi de faciliter l'accès des jeunes aux différents programmes et projets élaborés par le gouvernement dans les domaines concernant cette catégorie et de leur assurer les conditions favorables pour en bénéficier et les motiver à adhérer à la vie nationale dans un esprit de citoyenneté responsable.

Il faut savoir que le Conseil dispose de plusieurs prérogatives. Il est habilité à exprimer son avis sur toutes les questions qui lui sont soumises par Sa Majesté le Roi, le gouvernement et les présidents des deux Chambres du Parlement et à contribuer à la préparation des stratégies élaborées par le gouvernement dans le domaine de la promotion des conditions des jeunes et le développement de l'action associative. Il a également comme prérogative de réaliser des études et des recherches ayant trait aux questions des jeunes et de l'action associative, outre l'émission de recommandations à soumettre aux autorités compétentes pour améliorer la situation des jeunes et développer l'action associative.

Pour ce qui est de la composition de cette instance, elle est constituée de l'organe chargé des questions de la jeunesse et de l’organe chargé de l'action associative. Il est également prévu d’élargir les sources de proposition, via l'implication des diverses autorités constitutionnelles et organisations non gouvernementales, ainsi que le renforcement du principe de la parité et la participation des Marocains résidant à l'étranger. Selon certains parlementaires cette mesure s’inscrit dans le cadre du renforcement de la démocratie participative. 

Une place de choix dans la nouvelle Constitution

La Constitution de 2011 met l’accent sur la responsabilité des pouvoirs publics dans la mise en place de politiques à même de favoriser l’implication des jeunes dans tous les chantiers. L’article 33 est on ne peut plus clair. Il stipule qu’il incombe aux pouvoirs publics de prendre toutes les mesures appropriées en vue d’«étendre et généraliser la participation de la jeunesse au développement social, économique, culturel et politique du pays». Le même article souligne la responsabilité des gouvernements dans l’insertion des jeunes dans la vie active et associative et dans la facilitation de leur accès à la culture, à la science, à la technologie, à l’art, au sport et aux loisirs. Pour ce faire, la Constitution évoque la création du Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative en tant qu’«instance consultative dans les domaines de la protection de la jeunesse et de la promotion de la vie associative».
L’article 170 souligne en effet que ce Conseil aura pour mission d’étudier et de suivre les questions intéressant ces domaines et de formuler des propositions sur tout sujet d’ordre économique, social et culturel intéressant directement les jeunes et l’action associative, ainsi que le développement des énergies créatives de la jeunesse, et leur incitation à la participation à la vie nationale, dans un esprit de citoyenneté responsable.






E-MATIN
Feuilletez LEMATIN
comme si vous le teniez
entre les mains

L'édition du
22 Septembre 2017
est maintenant disponible
pour les abonnés