Omar Azziman a affirmé hier à Rabat que l’évaluation de la recherche est devenue un outil indispensable de bonne gouvernance et d’aide à la prise de décision des politiques publiques dans le domaine de la recherche scientifique et technique. S’exprimant à l’ouverture du colloque international organisé sur le thème : «Évaluation de la recherche scientifique : méthodes, enjeux et instruments», le président du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a ajouté que l’évaluation de la recherche est devenue, au fil du temps, un champ de connaissance à part entière, qu’il convient de s’approprier pour en faire un instrument au service de la promotion de la recherche.  «Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique s’emploie, à travers l’Instance nationale d’évaluation, à concevoir les outils et les instruments appropriés pour conduire l’évaluation de la recherche scientifique en vue de faire des recommandations de nature à hisser le niveau de la recherche nationale, à accroître son efficacité et à augmenter son impact socio-économique», a souligné M. Azziman. C’est dans ce cadre institutionnel que s’inscrit l’organisation de ce colloque international, explique le président du CSEFRS, précisant que le but est de «nous doter des bonnes approches et des outils pertinents pour la pratique de l’évaluation».

Ce colloque, qui se veut également un forum et un espace de partage et d’échange autour des enjeux, des méthodes et des instruments d’évaluation de la recherche scientifique, estime M. Azziman, devrait permettre de puiser dans les expériences réussies nationales et internationales, et de questionner régulièrement leur validité, leur portée et leurs limites. Il s’agit également d’une «opportunité de nouer davantage de relations de coopération avec les experts, les chercheurs et les institutions spécialisées». Selon M. Azziman, nous ne cherchons pas à évaluer pour évaluer, mais plutôt à évaluer pour que la recherche scientifique puisse contribuer au développement de notre pays à un moment où nous sommes appelés par la plus haute autorité de l’État à marquer une pause pour repenser notre modèle de développement en vue de son adaptation aux besoins et aux attentes des citoyens. Pour le président du CSEFRS, notre modèle de développement ambitionne d’opérer la grande mutation de toute notre économie vers une économie du savoir, une économie verte, une économie citoyenne et une économie inclusive. «L’enjeu est d’arrimer la recherche scientifique et l’innovation à toutes ces dimensions, seules à même d’apporter les vraies solutions et les progrès nécessaires à une telle mutation, laquelle doit aller de pair avec la régionalisation avancée comme choix stratégique pour le pays».


Rahma Bourqia souligne l'importance de l'évaluation dans le financement des systèmes de recherche 

Le développement de la recherche est un enjeu pour tous les pays, notamment pour les pays émergents où les universités sont en développement, les structures de recherche en structuration et la communauté scientifique en construction, d'où l'importance de l'évaluation dans le financement des systèmes de recherche académique, a souligné, mercredi à Rabat, la directrice de l’Instance nationale d’évaluation (INE), Rahma Bourqia. Aujourd'hui, l'évaluation de la recherche scientifique s'est imposée pour les pouvoirs publics qui financent les systèmes de recherche académique, les agences d'évaluation créées pour cette mission et pour l'État et la société aspirant à l'intégration dans l'économie du savoir, a relevé Mme Bourqia à l'ouverture du colloque international sur «L'évaluation de la recherche scientifique : enjeux, méthodes et instruments». Les contraintes financières et le souci d'efficacité et d'efficience suscitent la course vers la performance et appellent à une évaluation qui rend compte de l'état de la recherche scientifique dans le pays, a-t-elle fait savoir, notant que les efforts des pays du Sud sont orientés pour soutenir la recherche scientifique et la positionner au cœur des problématiques de développement. Ces pays tentent en dépit des faibles ressources financières de promouvoir le système de recherche, a-t-elle dit.