Après une baisse de 8,7% au troisième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) national devrait reculer de 5,5% pour les trois derniers mois de l’année. Alors que le PIB mondial devrait finir l’année en repli de 4,5%, la demande mondiale adressée au Maroc «resterait relativement atone et serait tributaire de l’évolution des importations de ses principaux partenaires commerciaux européens», précise le Haut-Commissariat au Plan (HCP) dans sa dernière note de conjoncture. Malgré une amélioration de 0,5% d’un trimestre à l’autre, la variation annuelle de la demande mondiale resterait ancrée dans le rouge à -8,9%.
Légère reprise dans le tourisme
Au troisième trimestre, la baisse de la croissance a été moins prononcé qu’au cours du deuxième (-14,9%), «du fait de l’allégement des mesures de confinement», indique le HCP. Une évolution attribuable à la baisse de 9% des activités hors agriculture, contre -15,5% le trimestre précédent. Dans le détail, le secteur secondaire a vu son activité s’améliorer d’un trimestre à l’autre, passant de -17,3 à -8,5%. Pour ce qui est des activités tertiaires, la tendance baissière s’est poursuivie, contribuant pour -4,7 points à l’évolution du PIB global, contre -7,7 points au deuxième trimestre. «La perte d’activité se serait atténuée avec les assouplissements réglementaires et la réouverture encadrée des commerces, des transports interurbains et des restaurants». Une légère reprise a également été notée dans le tourisme, suite à l’assouplissement des restrictions sur les voyages internes. Toutefois, le retrait du flux des touristes étrangers et la baisse des recettes de voyages ont pesé dans la balance. Enfin, la valeur ajoutée agricole se serait contractée de 6,2%, au troisième trimestre 2020, en variation annuelle, au lieu de -6,8% un trimestre auparavant. «La diffusion des effets du confinement sanitaire, particulièrement importante au deuxième trimestre 2020, avec une perte de 477.000 emplois agricoles, se serait atténuée», assure le HCP. Le recul de la production se serait, ainsi, légèrement modéré et la commercialisation intérieure des productions végétales se serait réalisée à des prix en baisse en comparaison avec la même période de l’année passée, à l’exception des céréales et des fruits frais, dont les prix à la consommation auraient progressé de 12,2 et 18,9%, respectivement, au troisième trimestre 2020. Quant aux productions animales, leurs prix de commercialisation auraient globalement baissé.