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Samedi 25 Mai 2024
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La violence monte en Afrique du Nord et de l’Ouest, le Maroc fait exception dans une région tourmentée

Un nouveau rapport du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient d’être publié. Il fait état de la montée de l’intensité des violences en Afrique du Nord et de l’Ouest. Le document révèle que les cinq dernières années ont été les plus violentes en Afrique du Nord et de l’Ouest, avec plus de 60.000 personnes tuées entre janvier 2015 et la fin de l’année 2019. Dans ce contexte chaotique, le Maroc apparaît comme un îlot de paix et de stabilité.

La violence monte en Afrique du Nord et de l’Ouest, le Maroc fait exception dans une région tourmentée

Les cartes du rapport intitulé «Géographie des conflits en Afrique du Nord et de l’Ouest» en disent long sur les zones de violence en Afrique du Nord et de l’Ouest. La carte de la zone du Maroc est presque dégagée des points renvoyant aux cas de violences, alors que la plupart des pays sont en proie à l’instabilité et aux turbulences de tous genres.

Le rapport qui vient d’être publié par le secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO/OCDE) évalue l’intensité et la répartition spatiale des violences perpétrées dans la région depuis 1997. Il établit ainsi que les cinq dernières années ont été les plus violentes en Afrique du Nord et de l’Ouest, avec plus de 60.000 personnes tuées entre janvier 2015 et la fin de l’année 2019. «Plus de 40% des actes de violence et des décès se produisent dans un rayon de 100 kilomètres d’une frontière terrestre et 10% des personnes tuées le sont à moins de 10 kilomètres d’une frontière. Les populations civiles sont de plus en plus des cibles directes de la violence et de moins en moins des victimes collatérales», est-il relevé.

Sur la base d’un indicateur mesurant la dynamique spatiale des conflits (Spatial Conflict Dynamics Indicator, SCDi), le rapport montre les régions de l’Afrique du Nord et de l’Ouest les plus conflictuelles, l’évolution géographique et temporelle des conflits et les effets des interventions militaires sur la densité spatiale et la propagation de la violence. Les rédacteurs du document déplorent que les tentatives visant à stabiliser la région soient devenues plus difficiles à cause du nombre d’acteurs en présence et leurs alliances fluctuantes. Dans ce cadre, la carte indiquant l’intensité des «événements violents liés aux organisations affiliées à Al-Qaïda» entre 2004 et 2011 montre l’absence de la nébuleuse terroriste dans le Royaume. Le document souligne que ces organisations se développement en raison de l’échec de l’État ou de la politique. «Les États sont trop faibles pour contrôler leur territoire ou trop forts pour tolérer les organisations terroristes à l’intérieur de leurs frontières», explique le rapport.

Le document fait également état de la répartition des victimes de la violence politique. Si la carte qui illustre la propagation de cette violence est presque dénuée de «tâches» qui y renvoient sur le territoire marocain (c’est le cas aussi de la Mauritanie), elle est couverte de points faisant état de l’existence de cette violence dans les pays voisins (Algérie, Tunisie, Libye). En effet, le rapport souligne l’intensité et la concentration des événements violents à travers trois principaux points chauds de la violence : le Mali et le Sahel central, le lac Tchad (Nigeria) et la Libye.

Par ailleurs, l’indicateur met en évidence les régions qui connaissent le taux de conflit le plus élevé, l’évolution de ces conflits géographiquement au fil du temps et comment les interventions militaires affectent leurs périmètres. Lesquels restent souvent insaisissables en raison du grand nombre d’États concernés, de rebelles, d’organisations et de milices extrémistes, de leurs alliances changeantes et de mouvements transnationaux, souligne le rapport.

Le rapport appelle ainsi les États de la région ainsi que la communauté internationale à promouvoir des initiatives régionales visant à restaurer la légitimité de l’État, à investir davantage dans les régions frontalières et à accroître la protection des civils, afin de créer des régions plus sûres où des formes inclusives d’action publique sont mises en place et un dialogue étroit entre les États, les acteurs locaux et les populations est renforcé. 

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