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Dr Houria Rhoulam : «Nos ados sont-ils prêts à un nouveau confinement ?»

LE MATIN

Dr Houria Rhoulam : «Nos ados sont-ils prêts à un nouveau confinement ?»

Les indicateurs le disent ! La situation épidémiologique n’augure rien de bon ! Les cas de contamination à la Covid-19 remontent sensiblement et la détection d’infection au nouveau variant britannique vient compliquer la situation. Face à ces indicateurs, les rumeurs sur un nouveau confinement se répandent de plus en plus. S’il est certain qu’il y a des exigences pour garantir la sécurité des citoyens, il est légitime de se demander si nous sommes prêts, psychologiquement parlant, à supporter un nouvel épisode de confinement.

La question interpelle l’ensemble des experts et professionnels de la psychologie et notamment 
Dr Houria Rhoulam, psychiatre, pédopsychiatre et spécialiste en Neurosciences, qui vient de publier un récit où elle met en garde contre les effets d’un nouveau confinement sur les adolescents. Elle a ainsi tenu à rappeler les constats relevés lors du premier confinement qui avait brutalement bouleversé le quotidien de tous, et notamment des enfants et les adolescents qui ont vu leur vie familiale et scolaire totalement transformée. Et si le scénario devait se reproduire ? Et si après avoir aperçu la lueur au bout du tunnel, on devait faire marche arrière ? Comment nos jeunes adolescents pourraient-ils surmonter cela et arriveraient-ils à faire face à cette éventualité ? Sont-ils complètement remis du premier confinement pour en supporter un autre ? Ces questions sont celles du Dr Rhoulam qui a étudié et observé les différents impacts de la crise sanitaire sur les adolescents. «Le confinement a coupé les liens et interrompu les échanges ! Certains de nos adolescents ont pu, à un moment, se sentir «sacrifiés» au profit des plus âgés puisqu’ils n’avaient, eux-mêmes, pas de vrais facteurs de risque. Sachant qu’à cet âge, il y a un énorme bouleversement hormonal, physiologique et psychique, à l’origine d’une instabilité habituelle et qui a été fortement aggravée par la pandémie et toutes ses facettes.
Quelque 30% des adolescents reçus dans mon cabinet, depuis le déconfinement, n’avaient aucun symptôme auparavant et affirment que le confinement est à l’origine de leurs plaintes», explique Dr Rhoulam. Et d’alerter que ces risques de troubles psychiques réactionnels à cette situation ne sont pas à minimiser. «Il existe des repères pour prévenir ces troubles, les déceler et les prendre en charge. Les sentiments le plus fréquemment rapportés par mes jeunes patients sont principalement la peur, l’insomnie, la colère, la nervosité, le sentiment d’impuissance et une intolérance à l’incertitude pouvant aller jusqu’à une attaque de panique», poursuit-elle.
Les angoisses avaient de multiples raisons, mais la plus récurrente et commune à la majorité des ados, comme le constate Dr Rhoulam, concernait le risque d’être vecteur de la maladie pour les parents et les grands-parents. «Ils gardaient leur mal-être pour eux même en évitant d’impliquer leurs parents. Ils étaient témoins de leur détresse tant psychique que financière ou sociale et ne voulaient pas ajouter encore à leur malheur, faisant preuve d’un altruisme inhabituel à cet âge.»
Pour la catégorie de jeunes qui avaient un antécédent psychiatrique ou un suivi antérieur à la pandémie, l’impact été différent. Comme l’explique l’experte, ces jeunes se sont retrouvés en grande difficulté, entre une vulnérabilité existante et des facteurs aggravants couplés à la suspension de toutes les prises en charge. Beaucoup d’entre eux ont décompensé, leur situation s’est détériorée, leurs symptômes se sont aggravés et leur souffrance est devenue plus intense, avec ce que cela comporte comme impacts sur toute la famille. Exception faite de ceux ayant une phobie scolaire et qui ont particulièrement bien vécu cette situation avec l’école à distance.

«La durée du confinement était, également, un élément décisif qui a joué un rôle crucial dans l’installation et l’évolution des troubles psychiques. L’incertitude sur la durée, sans pouvoir voir le bout du tunnel ni même l’imaginer, a grandement impacté leur vision de l’avenir. L’abandon scolaire n’était pas rare, étant donné qu’à cette phase, les adolescents ont toujours besoin d’un médiateur entre eux et l’école, un rôle joué d’habitude par les enseignants. Quand ces derniers n’ont plus été présents, ou seulement à distance, le lien a été rompu. S’y ajoutait le temps passé devant leurs écrans qui a considérablement augmenté durant le confinement, et par conséquent leurs capacités attentionnelles et cognitives ont baissé. Ceci était très marqué après le confinement et peu de parents ont fait le lien. Les plus vulnérables des élèves ont décroché et ont perdu l’habitude de se concentrer. Avec un désintérêt total et une baisse de motivation, la confiance en soi s’est dégradée donnant lieu à l’évitement scolaire comme ultime solution», écrit Dr Rhoulam dans son récit.
Ces jeunes, stoppés dans l’élan de leur jeunesse par le confinement, dans des espaces étroits, et parfois prisonniers d’ambiances familiales délétères, vont probablement garder des séquelles de cette période, même si tous n’ont pas été égaux face au confinement, précise l’experte en expliquant qu’à cet âge, un adolescent a besoin surtout de vie sociale et amicale, de s’identifier aux autres, d’échanger et de s’ouvrir sur le monde extérieur. «À l’adolescence, le monde s’élargit, on parle d’ailleurs. Parlera-t-on d’une génération Covid ; profondément marquée par l’apparition d’une nouvelle maladie ? Nous craignons, nous les psychiatres, une troisième vague qui sera principalement psychologique, et qui n’épargnera aucune tranche d’âge. Si le confinement permet de ralentir la propagation du virus et contenir la pandémie, il est dévastateur sur l’équilibre psychologique, les adolescents ont été très déstabilisés par le confinement. Plusieurs ont développé des troubles psychiques et d’autres se sont bien adaptés, mais ne sont pas à l’abri de conséquences à long terme. Je conseille vivement aux parents d’être en permanence à l’écoute de leurs jeunes adolescents et observer leurs comportements et attitudes pour pouvoir intervenir précocement et prévenir l’évolution d’un mal-être vers un trouble psychique plus lourd», conclut Dr Rhoulam. 

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