Culture

Cycle cinéma de l’ARMCDH

«Noura rêve» : un film culte sur les cadenas sociaux imposés aux femmes arabes

Nadia Ouiddar Nadia Ouiddar,

L’Association des rencontres méditerranéenne du cinéma et des droits de l’Homme (ARMCDH) programme dans le cadre des «Jeudis Cinéma Droits humains» du mois de mars, la projection du film tunisien «Noura rêve». Ce long métrage de fiction inspiré d’une histoire vraie est disponible jusqu’au 1er avril sur la plateforme cinéma virtuelle 
«films.armcdh.ma».
«Noura rêve» exprime le désarroi d’une femme dans une société patriarcale, marquée par le poids de la religion et du traditionalisme.
Le 26 mars, la journaliste et écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani a débattu en live autour de ce long métrage poignant sur la page Facebook de l’ARMCDH. L’association propose ce film pour parler de la condition féminine au sein des sociétés maghrébines et arabes. 


Synopsis du film

Le long métrage «Noura rêve» de la réalisatrice belgo-tunisienne Hind Boujemaa continue à susciter le débat. Ce film met sous les projecteurs le quotidien des femmes élevant seules leurs enfants. Il attire surtout l’attention sur la liberté des femmes de choisir leurs partenaires pour une vie sentimentale et sexuelle épanouie. Le film dévoile une partie des nombreux carcans corporels, moraux et intellectuels imposés aux femmes.
Inspiré d’une histoire vraie, ce film tourné à Djebel Jelloud, quartier populaire de la banlieue sud de Tunis, exprime le désarroi de Noura (Hind Sabri) dans une société patriarcale, marquée par le poids de la religion et du traditionalisme. Avec un langage cru, on y aborde l’adultère, la vengeance, le viol masculin, le pouvoir, le viol conjugal, la corruption, la dignité... «Noura rêve» est un plaidoyer pour la liberté. Il raconte la vie d’une quadragénaire maghrébine qui n’en peut plus d’attendre la libération de son mari, Jamel, un voleur récidiviste. Les visites qu’elle lui rend sont surtout un devoir imposé par la société. De même, ses trois enfants n’en peuvent plus d’attendre un paternel qui ne revient pas, redoutant presque sa venue synonyme de problèmes.
Dans son jardin secret, Noura rêve d’une vie heureuse et digne avec son amant, Lassâad, un garagiste prévenant. Elle n’ose pas avouer son désamour, mais elle se bat pour obtenir le divorce en cachette. Cette ouvrière dans une blanchisserie d’hôpital est obligée de se faire discrète pour satisfaire une société exigeante, mais insouciante. Quand elle compte les jours pour redevenir une femme libre, une décision vient chambouler sa vie.
Jamel quitte la prison par anticipation et veut reprendre sa vie là où il l’a laissée avec sa moitié. Noura est tétanisée. Elle est prise au piège entre devoirs conjugaux et amant jaloux. Elle veut poursuivre son rêve, mais elle risque d’aller en prison et de perdre la garde de ses enfants. L’adultère étant sévèrement puni par la loi tunisienne, surtout pour les femmes. Rêver ou céder à une vie morose ? La femme tunisienne, maghrébine, arabe... a-t-elle le droit de penser à son accomplissement émotionnel et sexuel quand le cadre du mariage ne le lui offre pas ? Peut-elle refuser d’accomplir son devoir conjugal ? «Noura rêve» interroge sur plusieurs situations imposées aux femmes arabes.


Avis de Leïla Slimani

Le vendredi 26 mars, la journaliste et écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani, lauréate du prestigieux prix Goncourt en 2016, et l’une des auteures francophones les plus en vue du moment, a débattu en live autour du long métrage «Noura rêve», sur la page Facebook de l’ARMCDH. Pour elle, ce film qui présente un personnage principal féminin en quête de liberté au sein d’une société très patriarcale exprime la violence exercée sur les femmes.
Leïla Slimani y trouve plusieurs choses passionnantes notamment le titre «Noura rêve» qu’elle a qualifié de «fort». «C’est comme si les femmes devraient se contenter de ce qu’elles ont. Comme si la femme doit être silencieuse et dire toujours merci à tout le monde», souligne l’écrivaine et journaliste. «Noura est la femme qui rêve et qui se met à penser que le monde est plus grand que ce qu’on lui a dit. Dans nos sociétés, on n’aime pas la femme qui rêve parce qu’elle risque de créer un désordre social autour d’elle. Comme si finalement une femme qui rêve devient obligatoirement une mauvaise mère». 
Un autre point qui a capté l’attention de Leïla Slimani est le fait que dans la vie de Noura, tout dépend de l’arbitraire. «Il n’ y a pas de règles», dit-elle en attirant l’attention sur le phénomène de corruption. Pour Leïla, la vie de Noura n’est ni stable ni organisée, elle risque toujours d’être humiliée ou de basculer dans la misère. Noura ne reçoit pas d’aide de l’État. Elle est obligée d’aller trouver dans les associations ce dont elle a besoin.
L’écrivaine a aussi parlé de l’espace urbain qui n’aide pas l’héroïne du film dans sa quête de l’amour. «C’est comme si tout était contre elle». À ce propos, Leïla Slimani a rappelé que la société marocaine a développé une grande difficulté de parler d’amour par rapport aux années 1940. «Aujourd’hui, les relations sexuelles sont confrontées au capitalisme, dit-elle. Si vous êtes riche, vous pouvez voyager, louer un appartement... vivre votre amour librement, mais si vous êtes précaire vous êtes condamné».
Leïla Slimani, qui trouve rares les films maghrébins parlant d’amour et de passion, a été séduite par la grande qualité narrative de «Noura rêve» qui nous pousse à suivre les faits jusqu’à la fin. «Ce film avec une fin ouverte est assez intrigant», précise-t-elle.
En parlant du long métrage de Hind Boujemaa, Leïla Slimani a rappelé les causes défendues par le collectif Hors la Loi notamment l’abrogation de l’article 490 du Code pénal punissant les relations sexuelles hors mariage.
Ce collectif a été co-fondé par Leïla Slimani et Sonia Terrab en septembre 2019.


Déclaration de Hend Sabri

Interviewée par «Le Matin» après la projection du film «Noura rêve» lors du Festival international du film de Marrakech en 2019, Hend Sabri avait déclaré que «ce travail est sur les droits très avancés de la liberté individuelle.» Pour elle, c’est un hommage à la femme, mais ce n’est pas un long métrage sur l’adultère : «C’est un film sur les deux poids deux mesures, sur comment un homme est vu par la société quand il commet une erreur et comment une femme est vue quand elle commet exactement la même erreur. On trouve toutes les excuses à l’homme et aucune pour la femme, alors qu’elle a toutes les excuses possibles et imaginables. Son mari sort de prison, maltraite ses enfants, mais quoi qu’il en soit, elle doit se taire parce que c’est une femme. C’est cela qui me révolte et non l’apologie de l’adultère.» Pour faire ce film, Hend Sabri a cherché la Noura en elle, celle qui sombre dans toutes les femmes, surtout les jeunes mères perdues. «Dans les pays arabes, les questions d’ordre intime, surtout féminines, sont occultées. Heureusement qu’il y a la littérature pour qu’on puisse avoir des références. C’est comme si on n’avait pas le droit d’aimer et d’être aimée. On devient mère et on est mise à l’écart. On devient une statue qui doit être là pour nous et pour les hommes de notre vie, pour les enfants et pour la continuité de la société.» Pour l’actrice tunisienne, «Noura rêve» est sur le fait d’être femme mère, mais aussi d’être libre d’assumer ses choix.


Des plaidoyers d’artistes pour briser les tabous

Plusieurs cinéastes et artistes maghrébines n’hésitent plus à dénoncer les maux et poids sociaux imposés aux femmes. Elles brisent le silence et cassent les barrières des tabous et de la peur afin d’attirer l’attention sur une nouvelle génération assoiffée d’exprimer ses sentiments et de
dévoiler son intimité en public. Avec beaucoup de courage et de détermination, elles utilisent leurs talents afin de soutenir l’émancipation de leurs compatriotes.
Dans ce cadre, la romancière et réalisatrice Sonia Terrab a produit une série de clips, Marrokiates (Les Marocaines, 2017- 2018) sur la plateforme digitale Jawjab. Ces interviews ont pour objectif de libérer la parole des femmes sur internet et de casser l’image des femmes lisses et aseptisées. En lançant un appel sur Facebook, Sonia Terrab a eu un large retour de la part de femmes marocaines qui ont accepté de témoigner sans tabous autour de l’intime.
Pour sa part, la dessinatrice Zainab Fasiki dénonce les tabous et «hchouma». Dans ses BD, elle aborde tous les sujets du corps afin d’appeler à une la liberté sexuelle de tous les Marocains, et notamment les femmes.
Ses dessins aux lignes crues dénoncent une société génératrice de frustrations et de violences.


Présentation de l’ARMCDH

Créée en 2010, l’ARMCDH est une association marocaine qui s’est donné pour mission la promotion des droits de l’Homme et de la démocratie par le biais de la culture. Convaincue que la prochaine bataille en matière des droits de l’Homme sera, plus que jamais, culturelle, l’ARMCDH juge que l’éducation aux valeurs universelles des droits de l’Homme et de la démocratie ainsi que l’éducation au respect de la différence et à la cohabitation sont nécessaires au développement de la démocratie dans le pays et dans la région méditerranéenne en général. Elle organise plusieurs activités de sensibilisation dont «les jeudis du cinéma et des droits de l’Homme», «La nuit blanche du cinéma et droits de l’Homme», des matinées enfants, masterclass cinéma et des droits de l’Homme.

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L e film est proposé gratuitement par l’ARMCDH après  inscription via ce lien http://inscription.armcdh.ma/

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