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Mardi 18 Juin 2024
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L'acteur international Soufiane El Khalidy à cœur ouvert

Soufiane El Khalidy a plus d'une corde dans son sac. En plus d'être un acteur connu sur les plateaux internationaux, il est aussi réalisateur et scénariste. Il est l'exemple que le travail acharné et passionné paie. L'artiste nous livre des détails de son parcours professionnel et de sa vie personnelle.

L'acteur international Soufiane El Khalidy à cœur ouvert

Pourriez-vous vous présenter pour ceux qui nous lisent ?

Je m’appelle Soufiane El Khalidy, natif d’Agadir, je suis acteur, scénariste, réalisateur et prochainement auteur du livre Riffs d’un Moroccan Rebel qui sortira sous les éditions Amalthée. J’ai tourné dans plus d’une soixante de projets hollywoodiens et internationaux.

Votre parcours est riche en expériences différentes. Comment vous choisissez vos challenges professionnels ?

Je n’ai jamais choisi mes challenges. Je pense que depuis que j’étais gamin, je savais que je voulais être un artiste. Par contre, je ne savais pas que je ferais autant de détours avant d’arriver à mes objectifs. Le milieu du cinéma est très opaque surtout pour un Marocain comme moi qui n’a aucun membre de sa famille dans le milieu. De mes études en médecine et en business jusqu’à celles en cinéma à Full Sail et mon travail sur les plateaux de tournage à Los Angeles, j’ai dû m’adapter à chaque situation, apprendre de mes mentors pour exprimer au mieux mes talents.

Quel était le moment déterminant de votre carrière ?

Il y en a plusieurs comme par exemple mon premier prix pour mon court métrage «Flags and Masks Down» que j’ai écrit et réalisé lors du Intershort Online Film Awards, mais c’est sans doute mon premier long métrage à 10 millions de dollars auquel j’ai participé en tant qu’acteur qui s’appelle Shockwave Countdown to Disaster. C’était juste après l’obtention de mon master de Full Sail, je n’avais ni agent ni manager à l’époque, j’avais dû apprendre à négocier avec la productrice et signer mon propre contrat. De plus, j’avais fait ma propre cascade en sautant d’un camion, traduire quelques partis du scénario et les aider à parler français puis réenregistrer ma voix durant des ADR sessions. C’était une sorte d’expérience initiatique qui m’a permis de signer avec des agents et mon premier manager.

Parlez-nous du tournage de Colosseum ?

Le tournage fut intense physiquement, car c’était le premier tournage de ma carrière à Ouarzazate et le costume du centurion pesait une trentaine de kilos et je devais courir tout au long du désert avec l’armée Romaine, me battre et délivrer mon dialogue. Cependant, je me suis préparé en avance et le showrunner Jim Greayer et le réalisateur Roel Reiner étaient très contents de ma performance.

Qu’en est-il de votre rôle dans The Octet ?

Je joue le rôle d’un jeune agent très porté vers l’action à la Ethan Hunt ou Captain Maverick, parfois un peu sûr de lui mais qui se donne corps et âme pour son pays et son boss joué par Abdellatif Chaouqi.

Comment vous trouvez le travail avec des professionnels internationaux ?

Je n’ai jamais travaillé avec des réalisateurs marocains et mon expérience avec les acteurs de notre pays est très limitée. Donc je ne peux pas comparer nos compatriotes avec le reste du monde. Je connais plus les Américains, les Anglais, les Allemands, les Coréens et les Japonais. Cependant, chaque réalisateur a sa façon de travailler, certains réalisateurs ont besoin de quelques prises, d’autres plus. Pour moi, le plus important, c’est quand j’arrive sur un projet, je n’ai pas à stresser sur mon contrat, mon hôtel, mes déplacements. Je veux juste me concentrer sur mon personnage et donner le sourire au réalisateur quand il va à sa salle de montage.

Avez-vous des projets en cours ?

Je compte sortir mon premier roman autobiographique très rock, Riffs d’un Moroccan Rebel, avec les éditions Amalthée du groupe Hachette durant cet été 2022. C’est écrit à la manière des recueils de Jim Morrison. Je suis aussi en pourparlers pour jouer dans une série à succès de HBO, un film américain qui se tournera entre la Slovaquie et Los Angeles et sur une nouvelle production nationale qui sera peut-être la première de ma carrière écrite par des Marocains. Ça se fera si les conditions qu’on me présente sont correctes.

Un rôle qui vous tient à Cœur ?

Il y en a plusieurs, j’aurai aimé incarner des légendes du Rock comme Scott Weiland du groupe Stone Temple Pilots et Velvet Revolver. J’avais d’ailleurs écrit un projet de scénario sur ce dernier que j’avais présenté à des producteurs à Los Angeles. Il y a aussi le pilote de Formule 1, Ayrton Senna, qui me fascinait depuis tout petit. Dans le monde arabe, Rachid Taha est la figure qui me parle plus, je me retrouve dans son éclectisme, son amour pour le rock, son hypersensibilité et ses vérités explosives. En effet, j’étais toujours attiré par l’héroïsme, le comportement complexe et les blessures d’artistes, de sportifs et de scientifiques hors du commun.

Un personnage qui vous inspire ?

Les héros ou héros antisolitaires m’ont toujours inspiré comme Rick Deckard du roman «Les androïdes rêvent ils de moutons éléctriques ?» de Philippe K. Dick. Dans le cinéma, il y a Ethan Hunt de «Mission Impossible» ou Mandalorian de «Star Wars». Dans la vraie vie, Trent Reznor, Lenny Kravitz et Prince ont toujours été une source d’inspiration immense que ce soit avec leur musique, leur style vestimentaire et leur univers. Je les écoute souvent quand j’écris ou quand je prépare un personnage. Dans le monde du jeu vidéo, le créateur Hideo Kojima est un visionnaire extraordinaire et je recommande à tout le monde de lire son livre «A Creative Gene». Dans le football, mon héros absolu reste Francesco Totti, il incarne à la fois la classe, le romantisme à l’italienne et les valeurs d’un gladiateur qui s’est battu pour sa ville Rome.

Que représente pour vous la ville d’Agadir ?

C’est mes parents, ma famille, l’endroit où je me ressource loin du stress et l’agressivité parfois des castings et des tournages. Ses vagues me détendent.

Vos rituels durant le mois du Ramadan ?

Tout dépend si j’ai des auditions à préparer ou l’énergie pour écrire. Généralement, j’écris le matin, je prépare mon personnage et je fais une sieste avant le f’tour. Le soir, je mange léger pour aller à la salle de sport vers 20 h 30 -21 h et je prie bien sûr.

Si vous deviez vous réincarner en un artiste décédé, qui serait-ce ?

Ça serait The King Of Cool, Steve Mcqueen, j’aurai aimé être à la fois un acteur accompli et un pilote de course extraordinaire. Il était l’incarnation du nouveau Hollywood.

Si vous étiez une chanson laquelle serait-ce ?

Tout dépend de mon humeur, il y en a beaucoup :

Melody de Serge Gainsbourg, Dreamer de Prince, Fields of Joy et Pleasure and the Pain de Lenny Kravitz, The Wretched de Nine Inch Nails, When The Levee Breaks de Led Zeppelin, Carried From The Start de Black Rebel Motorcycle Club, Fall Into Pieces de Velvet Revolver, Beggars and Hangers on de Slash’s Snakepit, A Pain that I’m Used to Depeche Mode, Purple Haze de Jimmy Hendrix, Bullet the Blue Sky de U2, Cochise et Show Me How To Live d’Audioslave, Alive de Pearl Jam, Spoonman de Soundgarden, Wake Up de Rage Against the Machine.

Un livre qui vous représente ?

Le livre que j’ai écrit «Riffs d’Un Moroccan Rebel». C’est toute ma vie, mes succès, mes échecs, mon enfance, ma famille, mes histoires amoureuses, Agadir, Hollywood, Ifrane, l’Espagne, la France. Pour les livres qui m’ont beaucoup influencé vous avez Dune de Frank Herbert, l’autobiographie du bassiste des Guns N Roses, Duff McKagan qui s’appelle It’s So Easy and Other Lies, le roman Prince Lestat d’Anne Rice ou encore Hell’s Angels d’Hunter S. Thompson.

Le plus beau moment de votre vie ?

C’est de revoir mes parents après la mort de ma grand-mère, j’avais peur de les perdre, car sa disparition nous a affectés tous de façon très violente. J’étais loin de ma famille, en train d’étudier, de travailler et de me battre dans ce western qu’est Los Angeles. Sur le plan professionnel, ma première nomination comme jeune réalisateur à Miami Independent Film Festival ou quand j’ai serré la main de Samuel L. Jackson lors du CineFashion film Festival à Los Angeles où j’ai été invité avec d’autres jeunes talents internationaux et bien sûr la première fois que j’ai vu ma tête dans une salle de cinéma pour la projection de Shockwave.

La ou les personnes avec qui vous rêvez de travailler ?

Je veux surtout tourner avec de grands réalisateurs comme David Fincher, Denis Villeneuve, Park Chan Wook, Jacques Audiard..... Pour les acteurs, Tom Cruise, Tom Hardy, Lee Byun Hun, Brad Pitt, Cillian Murphy, Choi Min Sik, Kate Blanchett, Penelope Cruz, Angelina Jolie, Susan Sarrandon et d’autres que j’ai sans doute oublier de citer, et pourquoi pas écrire des chansons pour mes héros de la scène rock, Lenny et les autres.

Une anecdote de tournage à nous faire partager ?

Je tournais un petit film indépendant «Gulag Magadan» en pleine montagne enneigée à 2 h de route de Los Angeles. On était à presque 2200 mètres d’altitudes. Lors d’une scène, j’ai reçu violemment un coup de tête de l’actrice principale qui m’a brisé les côtes. Je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment, car il faisait froid et je courrai après elle. Je suis tombé dans les pommes à cause de l’hypothermie. J’ai été transporté à l’hôpital et on m’a mis en arrêt maladie pendant presque un mois. C’était une leçon de vie, depuis je fais attention avant de signer un contrat. Il faut que toutes les conditions de travail, les répétitions pour un rôle soient présentes pour que le tournage se passe au mieux et sans mauvaises surprises.

 

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