Congrès du rni

Mezouar garde les commandes

,LE MATIN
29 Avril 2012

Sans surprise, Salaheddine Mezouar a réussi à garder son poste à la tête du RNI avec 1 928 voix contre 115 pour son concurrent Rachid Sassi, lors du cinquième congrès du parti tenu le week-end dernier à Rabat. La grand-messe était organisée alors que le RNI est dans les rangs de l’opposition après des années de participation à la gestion gouvernementale.

Même si cette situation a été déjà vécue en 1983 par les bleus, elle n’a pas manqué de créer, au cours des derniers mois, des divergences internes donnant lieu à quelques petites guéguerres intestinales. Mais ce n’est pas pour autant que Salaheddine Mezouar y voit un inconvénient. Pour lui, les débats sont on ne peut plus normaux et salutaires. «L’enthousiasme affiché lors des discussions politiques et les débats animés prouvent l’évolution positive qu’a connue le parti», a-t-il relevé lors de l’ouverture du congrès, vendredi dernier. Fort de l’appui des gros calibres du parti, M. Mezouar a bien préparé son accès à un deuxième mandat à la tête du parti. Il a su éliminer à temps les grands obstacles qui se dressaient devant lui. La présence de Mustapha El Mansouri aux travaux du congrès représente un grand pas en avant. L’ex-président des bleus qui a été obligé de quitter, il y a deux ans, son poste après la «révolution» interne menée par Mezouar estime qu’il était nécessaire que tous les Rnistes se rassemblent malgré les divergences pour préserver l’unité du parti et pouvoir aller de l’avant. Bon nombre de ténors du parti se prononçaient pour la réélection de l’ex-argentier du Royaume.

Démocratie sociale

C’est le cas notamment de Anis Birou et Rachid Talbi Alami. L’enjeu pour les militants était de pouvoir s’adapter à la nouvelle situation et de restructurer le parti tant sur le plan central que régional. Auparavant, le parti comptait sur des personnes pour sa gestion et sa réussite. À présent, ce sont les instances qui doivent être renforcées pour jouer ce rôle. La question de l’identité du RNI a été largement débattue. Selon un ex-dirigeant du parti, le Rassemblement national des indépendants a été certes créé par l’administration, mais il a pu jouer son rôle durant les différentes phases des 34 années de son existence. Déjà en 1983, il avait choisi comme identité «la démocratie sociale». Avec l’avènement de Mezouar en 2010, on a opté pour le libéralisme social.

«Aujourd’hui, l’identité doit refléter ce qui se passe réellement sur le terrain. On doit se focaliser sur les besoins sociaux et revenir à l’identité de démocratie sociale», précise notre interlocuteur.La représentation des femmes au niveau des instances décisionnelles internes devrait aussi être élargie. Une grande responsabilité incombe désormais à Salaheddine Mezouar, qui a vécu après l’annonce des résultats des élections législatives une véritable épreuve. Arrivera-t-il à atteindre les objectifs escomptés en étant plus proche que par le passé des aspirations de la population ? Si certaines voix doutent que le RNI puisse garder sa position privilégiée au sein de l’échiquier politique, les dirigeants, eux, affichent leur conviction que le parti est capable de se renforcer tout en étant dans l’opposition. 





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