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Systèmes de santé : l’Afrique veut être dans les radars mondiaux

L’Afrique cherche à se positionner dans l’architecture mondiale de la santé. Les efforts des pays doivent désormais converger dans un seul sens : faire entendre la voix de l’Afrique en vue de permettre à tous les Africains d’avoir accès à de meilleurs soins de santé. Ceci est désormais une urgence si on veut être suffisamment armés face aux éventuelles crises sanitaires. Ce sont là les principaux messages que l’on peut retenir de la séance d’ouverture de la troisième Conférence internationale sur la santé en Afrique, dont les travaux ont démarré lundi 27 novembre à Lusaka, en Zambie.

Plus de 5.000 délégués ont pris part à la troisième Conférence internationale sur la santé en Afrique, dont le coup d’envoi a été donné lundi 27 novembre à Lusaka, en Zambie.
Plus de 5.000 délégués ont pris part à la troisième Conférence internationale sur la santé en Afrique, dont le coup d’envoi a été donné lundi 27 novembre à Lusaka, en Zambie.
Plus de 5.000 délégués ont pris part à la troisième Conférence internationale sur la santé en Afrique (CPHIA), dont le coup d’envoi a été donné lundi 27 novembre à Lusaka, en Zambie. Un événement initié par l’Union africaine et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), en partenariat avec le ministère zambien de la Santé et l’Institut zambien de santé publique. Le but de ce conclave est de permettre aux ministres, dirigeants et spécialistes du domaine de la santé d’échanger sur leurs expériences et la voie à suivre pour créer des systèmes de santé résilients. La thématique retenue pour cette édition étant  «Briser les barrières : repositionner l’Afrique dans l’architecture mondiale de la santé».



La cérémonie officielle de lancement a été présidée par Hakainde Hichilema, Président de la Zambie. Le ministre marocain de la Santé et de la protection sociale, Khalid Aït Taleb, ainsi que des médecins et experts marocains en épidémiologie ont fait le déplacement à Lusaka pour apporter leurs expertises et contribuer aux échanges. Sur le plan médiatique, la couverture de cette conférence internationale est assurée, côté marocain, en exclusivité par Groupe «Le Matin».

Actionner la diplomatie sanitaire

«Si une seule personne, un seul pays n’est pas en sécurité au niveau sanitaire, aucun autre pays ne l’est, et les récentes pandémies nous l’ont enseigné», a déclaré Jan Kaseya, directeur général de CDC Afrique. Ce dernier estime que la crise sanitaire liée à la Covid-19 devrait nous interpeller sur l’urgence de repositionner l’Afrique dans l’architecture de la santé mondiale. «Durant la crise de la Covid-19, plusieurs pays africains ont été presque isolés du monde, n’ayant accès ni aux vaccins, ni aux soins médicamenteux, d’où la nécessité d’adopter une approche de santé mondiale incluant l’Afrique», indique le DG de CDC Afrique. Et de crier haut et fort : «nous voulons de l’équité et que la voix de l’Afrique soit entendue. Nous souhaitons que la diplomatie sanitaire puisse être un moyen efficace en vue de permettre aux Africains d’avoir accès à de meilleurs soins de santé». Pour ce faire, Jan Kaseya estime que le moyen le plus sûr serait de miser sur la convergence des efforts entre les pays du continent. Ceci permettrait, insiste-t-il, de renforcer les systèmes de santé en Afrique et de les rendre suffisamment armés face aux éventuelles crises sanitaires.

La ministre de la Santé zambienne, Sylvia Masebo, abonde dans le même sens. Pour elle aussi, l’Afrique reste vulnérable à diverses épidémies et les pays sont appelés à développer leurs systèmes de santé pour protéger les populations. «Nous avons vécu des épidémies de choléra, l’Ebola et la Covid-19 et nous avons beaucoup appris de ces situations d’urgence. Nous devons ainsi nous engager pour renforcer les systèmes de santé», lance-t-elle tout en soulignant, à son tour, l’urgence de faire converger les efforts au niveau continental.

La production locale de vaccins, la priorité des priorités

Malgré les efforts déployés, notamment par l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI), pour aider les pays africains à accroître leur production de vaccins, le continent dépend toujours des importations. «Seuls cinq pays africains, à savoir le Maroc, l’Égypte, le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tunisie en produisent localement», déclare le directeur de CDC Afrique. Et d’ajouter que son institution a lancé l’initiative «Partenariats pour la fabrication de vaccins en Afrique» (PAVM) pour renforcer l’écosystème de production de vaccins continental. «L’objectif étant d’arriver à couvrir les besoins de vaccination du continent d’ici 2040», précise-t-il. Et de noter qu’en produisant nos propres vaccins, nous pouvons garantir un accès équitable à ces produits essentiels et protéger nos communautés contre de futures pandémies. Qu’il s’agisse de vaccins ou d’autres médicaments, les participants sont convaincus que grâce aux efforts concertés et au soutien continu des partenaires mondiaux, l’Afrique peut briser les barrières et se repositionner en tant que leader mondial de l’innovation en matière de santé publique.

L’un des temps forts de cette cérémonie d’ouverture aura été la remise d’un trophée symbolique au docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s’agissait pour les organisateurs de célébrer son engagement au service de la santé et du bien-être des communautés à travers le monde. Rappelons que les travaux de la CPHIA 2023 se poursuivent jusqu’au 30 novembre. L’événement comprend neuf séances plénières principales avec un certain nombre de sessions parallèles.
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