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Mercredi 15 Juillet 2026
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Aide sociale directe : le gouvernement prépare le passage de l'assistance à l'autonomie économique

Après avoir assuré le déploiement du dispositif de soutien social direct, le gouvernement entend désormais lui donner une nouvelle dimension. L'objectif n'est plus seulement de protéger les ménages vulnérables, mais de favoriser leur insertion durable dans l'emploi et de renforcer leur autonomie économique. Dans une réponse écrite à une question parlementaire, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaâ, détaille les principaux chantiers qui accompagneront cette nouvelle phase, avec des mesures ciblées en faveur de l'emploi, de la scolarisation et de l'accompagnement de la petite enfance.

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Le gouvernement veut faire évoluer le système de soutien social direct vers un véritable levier d'inclusion économique et sociale. Dans une réponse écrite adressée à la députée Aziza Boujrida, du groupe haraki à la Chambre des représentants, Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget, affirme que la prochaine étape de la réforme visera à accompagner les bénéficiaires vers l'emploi et les activités génératrices de revenus. Le ministre souligne que les études de terrain réalisées par l'Agence nationale du soutien social ont mis en évidence une forte volonté, chez une part importante des bénéficiaires, d'intégrer le marché du travail ou de développer une activité économique.

Une aide transitoire pour encourager l'emploi déclaré

Afin de lever les freins à l'accès à l'emploi formel, le gouvernement a instauré une «allocation exceptionnelle» destinée aux ménages qui cessent de bénéficier du soutien social direct après avoir déclaré une activité auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Cette mesure vise à garantir une transition progressive vers l'emploi structuré en maintenant temporairement un accompagnement financier, afin d'éviter qu'une insertion professionnelle ne se traduise par une perte brutale de revenus pour les familles concernées.

El Jadida, laboratoire de l'innovation sociale

Le ministre indique également que la représentation territoriale de l'Agence nationale du soutien social à El Jadida, opérationnelle depuis la fin de l'année 2025, sert aujourd'hui de terrain d'expérimentation pour les futurs dispositifs d'accompagnement avant leur généralisation à l'échelle nationale. En partenariat avec des experts internationaux, cette antenne pilote met en œuvre un système intégré de suivi et d'évaluation destiné à mesurer l'efficacité du soutien social direct. Ce dispositif repose sur deux indicateurs majeurs : l'accès à l'emploi et le maintien des enfants dans le système scolaire.

Le programme «Pass Inclusion» pour faciliter l'accès au travail

Dans le domaine de l'emploi, le gouvernement prévoit le lancement du programme «Pass Inclusion», conçu pour faciliter l'intégration des bénéficiaires dans le marché du travail formel sans compromettre leurs droits sociaux. Le dispositif prévoit notamment des primes incitatives à l'embauche, des services de garde d'enfants, le maintien temporaire de certaines aides sociales ainsi qu'un accompagnement personnalisé des bénéficiaires. Dans sa phase pilote, le programme concernera 2.820 personnes réparties entre groupes de bénéficiaires et groupes témoins, afin d'en évaluer l'impact.

Une prime pour lutter contre le décrochage scolaire

Le gouvernement prépare également le lancement du programme «Tous à l'école», destiné à prévenir l'abandon scolaire en milieu rural. Cette initiative ciblera les filles inscrites en sixième année du primaire ainsi que les garçons en première année du collège. Les familles concernées bénéficieront d'une allocation mensuelle de 100 dirhams afin d'encourager la poursuite de la scolarité. Le programme devrait toucher près de 2.500 enfants, identifiés via la plateforme «Massar» et suivis sur le terrain.

Un nouveau dispositif en faveur de la mère et de l'enfant

Parallèlement, l'Agence nationale du soutien social prépare un programme dédié à l'accompagnement de la mère et du jeune enfant. Le projet prévoit notamment une prime de grossesse de 1.800 dirhams pour le premier enfant et de 1.200 dirhams pour le deuxième, ainsi qu'une allocation mensuelle de 100 dirhams, baptisée «Premiers pas», destinée aux enfants de zéro à deux ans afin de contribuer aux dépenses liées à la vaccination et à l'alimentation.

Une plateforme géographique pour des politiques sociales ciblées

L'Agence nationale du soutien social développe également une plateforme géographique de suivi du dispositif de soutien social direct. Cet outil permettra d'améliorer le ciblage territorial des interventions, d'analyser les dynamiques locales et de renforcer le pilotage stratégique des politiques sociales. À travers ces différents projets, le gouvernement entend faire évoluer le soutien social direct au-delà de sa vocation de protection sociale. «La prochaine phase renforcera sa dimension de développement afin d'en faire un véritable levier d'autonomisation économique et sociale», conclut Fouzi Lekjaâ, qui affirme que l'ambition est d'opérer une transition progressive d'une logique d'assistance vers une logique d'inclusion productive et d'indépendance économique.
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