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Bilan de mi-mandat : le PPS dit ses quatre vérités au Chef du gouvernement

Dans une nouvelle lettre, la deuxième du genre adressée au Chef du gouvernement, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a fustigé le bilan de mi-mandat de l’Exécutif, soulignant les lacunes et les dysfonctionnements qui entachent le travail de la majorité aux commandes.

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Le Parti du progrès et du socialisme n’est pas satisfait du bilan du gouvernement ni de sa démarche communicationnelle et tient à le faire savoir. Mardi dernier, le parti de Mohamed Nabil Benabdallah a adressé une deuxième lettre ouverte au Chef du gouvernement, dans laquelle il pointe du doigt les lacunes de l’action gouvernementale. Pour le PPS, sa démarche entre dans le cadre d’une logique de critique «constructive» visant à inciter le gouvernement à «rectifier le tir» et à porter un regard «plus réaliste et objectif sur ses réalisations».

Le PPS critique «l’autosatisfaction béate» du gouvernement

«Ce qui pousse le Parti du progrès et du socialisme à vous adresser cette deuxième lettre ouverte, c’est le fait que votre gouvernement persiste, lors de la discussion de son bilan, à prétendre, avec insistance et une certaine condescendance, qu’il a répondu à toutes les attentes des Marocains. C’est aussi en raison de son discours qui verse dans une autosatisfaction béate et qui est d’autant plus préoccupant qu’il manque cruellement d’objectivité, d’humilité et du sens de l’autocritique. Nous vous adressons cette lette pour prendre à témoin l'opinion publique du dialogue franc et constructif que nous souhaitons ouvrir avec vous», a souligné Nabil Benaabdallah qui donnait lecture mardi à la missive lors d’une conférence de presse.



En effet, le parti dirigé par Nabil Benaabdallah a exprimé son inquiétude de l’absence de l’équilibre requis dans le discours gouvernemental, qui se caractérise par «l'exagération de réalisations qui n’ont que très peu d’impact sur la vie quotidienne des citoyens» et «une déconnexion de la réalité» qui contraste avec les tourments que vivent des pans de l’économie, en particulier les petites et moyennes entreprises nationales.

Montée inquiétante du chômage chez les jeunes

Dans sa lettre ouverte, le PPS s’est par ailleurs livré à une évaluation profonde du bilan gouvernemental, pointant du doigt plusieurs insuffisances, à commencer par la montée inquiétante du chômage, en particulier chez les jeunes. En effet, rappelle le parti, le taux de chômage a atteint un niveau record sous le mandat de Aziz Akhannouch, passant de 12,3% en décembre 2021 à 13,7% en mars 2024, avec un taux de 36% chez les jeunes, ce qui reflète «un échec retentissant des approches économiques du gouvernement, ainsi que son incapacité manifeste à renforcer les capacités des entreprises marocaines et à développer une véritable politique d’industrialisation». Cet échec ne peut en aucun cas être imputé aux effets de la sécheresse, estime le PPS qui rappelle que la plupart des gouvernements précédents en ont souffert sans que le taux de chômage n’atteigne un niveau aussi alarmant. Le parti déplore en outre l’incapacité du gouvernement à atteindre les objectifs économiques fixés et les engagements pris concernant l’amélioration du climat des affaires, rappelant dans ce sens qu’il s’était engagé à atteindre un taux de croissance annuel de 4%, alors qu’il n’a pu réaliser qu’un taux compris entre 1 et 3% au cours des années 2022 et 2023.

La pauvreté ne cesse de gagner du terrain, selon le PPS

Le PPS a également critiqué la non-atteinte d’objectifs stratégiques tels que la souveraineté industrielle, alimentaire et énergétiques, ainsi que le recours à des choix de politiques agricoles non rationnelles. «En dépit des efforts considérables déployés pour assurer la sécurité hydrique, le gouvernement persiste dans ses choix de politique agricole qui utilisent de manière inefficace et non rationnelle plus de 80% de nos ressources hydriques nationales et épuisent les nappes phréatiques, et ceci sans montrer la moindre prédisposition à réévaluer sa politique et à changer de cap», déplore Nabil Benabdallah.

Le secrétaire général du PPS a aussi pointé du doigt l’incapacité de l’Exécutif à faire face à la hausse des prix et à la dégradation du niveau de vie des familles marocaines, notant dans ce sens que 3,2 millions de citoyens étaient tombés sous le seuil de pauvreté durant le mandat en cours. Malgré les promesses, l’inflation a atteint des niveaux record, affectant particulièrement les produits de première nécessité, a-t-il souligné.

«Votre gouvernement prétend avoir réduit le taux d’inflation à 0,3%, oubliant que ce taux a affiché durant deux années consécutives des niveaux record, à deux chiffres, notamment pour les produits de première nécessité. Les prix de ces produits ne sont jamais revenus à leur niveau antérieur. Sans oublier que votre gouvernement a permis aux compagnies pétrolières d’accumuler des profits indécents et de continuer à se livrer à des ententes qui vident les poches des citoyens, et ceci malgré les décisions du Conseil de la concurrence. Le gouvernement a été incapable de lutter contre la spéculation et les conflits d’intérêts, comme il a refusé de prendre toute mesure permettant de plafonner les prix du gazole et de l’essence», fait remarquer le parti.

À la fin de sa lettre ouverte, le PPS a appelé le gouvernement à adopter une approche basée sur l’écoute et le dialogue face aux tensions sociales et aux protestations populaires, en faisant référence notamment à la persistance de la crise que vivent les Facultés de médecine et de pharmacie depuis quatre mois, ainsi que les sanctions contre les enseignants grévistes : deux crises sociales nécessitant un traitement urgent et responsable de la part du gouvernement.
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