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Billets de banque déchirés dans le stade : indignation, implications juridiques et réaction des autorités

Le geste filmé en direct dans le Grand Stade de Marrakech a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Lors du match opposant le Nigeria à l’Algérie, comptant pour les quarts de finale de la CAN 2025, des supporters algériens ont déchiré de manière ostentatoire des billets de banque marocains. Au-delà de la polémique en ligne, cet acte soulève des questions juridiques, sociales et symboliques, analysées par Fouad Yacoubi, spécialiste en psychologie sociale.

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La scène s’est déroulée dans un contexte sportif, mais ses répercussions ont rapidement débordé au-delà de l’enceinte du stade. Pour de nombreux observateurs, le fait de déchirer volontairement la monnaie nationale marocaine dans un espace de jeu, devant des milliers de spectateurs et sous l’œil des caméras, ne relève ni de la provocation anodine ni de la liberté individuelle. Selon Fouad Yacoubi, spécialiste en psychologie sociale, cet acte constitue une atteinte à un des symboles de l’État. La monnaie, explique-t-il, n’est pas un simple objet matériel. Elle incarne la souveraineté nationale et l’ordre juridique. La détruire publiquement, dans un espace collectif, revient à adresser un message de défi qui touche au cœur même des symboles de l’État.

Une transgression assumée dans un espace public

Le spécialiste insiste également sur le lieu et le contexte. Un stade est un espace public réglementé, censé garantir la sécurité et le respect de l’ordre public. Le caractère volontaire, public et médiatisé du geste lui confère une dimension provocatrice évidente. Dans un environnement sportif déjà chargé en émotions, ce type de comportement peut facilement attiser les tensions et envenimer le climat général. Pour Fouad Yacoubi, dans le cas d’espèce, le sport devient ici un prétexte, un «écran» derrière lequel s’expriment des formes de transgression symbolique, où l’atteinte à un symbole national est utilisée comme moyen d’expression et de transmission de messages à caractère politique.

L’indignation gagne les réseaux sociaux

L’incident a rapidement pris de l’ampleur. Pour beaucoup d’internautes, le fait de déchirer sciemment et de manière aussi ostentatoire une monnaie nationale est perçu comme une provocation symbolique, voire comme un manque de respect envers l’institution que représente la monnaie. «Ce n’est pas du football, c’est une provocation gratuite», écrit un internaute. Un autre commente avec amertume : «Déchirer notre monnaie dans notre pays, ce n’est pas du supporterisme, c’est un affront !»

D’innombrables commentaires ont abondé dans le même sens, traduisant une indignation teintée de moquerie. L’un d’eux résume ainsi le sentiment de nombreux internautes : «Avant même de jouer le match, ils étaient déjà convaincus que le Maroc avait soudoyé les arbitres. Et lorsqu’ils ont perdu, ils avaient déjà prévu quelques billets de banques pour faire ce spectacle pathétique, incapables d’admettre qu’ils avaient perdu face à une meilleure équipe». Un autre se montre plus direct et lapidaire : «Pathétique !»

Quand le sport devient un terrain de tensions symboliques

Pour Fouad Yacoubi, le spectacle regrettable donné par le supporter algérien est sympomatique d’un malaise plus profond. Les compétitions sportives, censées rapprocher les peuples, deviennent parfois des espaces où se cristallisent des frustrations identitaires et politiques. Lorsque les symboles nationaux sont pris pour cible, le sport cesse d’être un simple jeu pour devenir un terrain de confrontation symbolique. Face à ce type de dérives, le spécialiste plaide pour une réponse fondée sur le droit et la responsabilité. Il ne s’agit ni de banaliser ni de surinterpréter, mais de rappeler que certaines limites ne peuvent être franchies sans conséquences. À défaut, le risque est de voir se multiplier des actes similaires, au détriment de l’esprit sportif et du respect mutuel.

Ce que dit la loi marocaine

Sur le plan juridique, la législation marocaine est claire. La destruction intentionnelle de la monnaie nationale est considérée comme un acte criminel. Le dirham étant un instrument légal protégé par le Code pénal, son altération ou sa destruction volontaire peut entraîner des poursuites pénales, avec des peines pouvant aller jusqu’à des sanctions privatives de liberté, assorties de mesures spécifiques lorsque les faits sont commis par des ressortissants étrangers. Mais, comme le souligne Fouad Yacoubi, la gravité de l’acte ne se limite pas à son aspect légal. Elle réside surtout dans sa charge symbolique et dans les conséquences qu’il peut avoir sur le sentiment collectif de respect et de cohésion.

Une réaction rapide des autorités

L’affaire a rapidement pris une dimension judiciaire. Selon des sources médiatiques concordantes, les services de sécurité de l’aéroport Mohammed V à Casablanca ont interpellé un supporter algérien de nationalité britannique, impliqué dans l’incident et filmé en train de déchirer les billets avec d’autres supporters. Selon des sources sécuritaires, il a été repéré après la diffusion virale de la vidéo et les autorités ont agi promptement pour prévenir toute atteinte à l’ordre public ou aux symboles nationaux.

Lors de l’enquête préliminaire, le suspect a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a été remis aux services de sécurité de Marrakech et placé en garde à vue, conformément aux instructions du procureur compétent auprès de la Cour d’appel de Marrakech, en attendant l’achèvement de l’enquête et les mesures judiciaires nécessaires. Ce geste souligne la politique de tolérance zéro des autorités marocaines face à toute atteinte à la monnaie nationale ou au respect de l’ordre public, notamment dans le contexte de manifestations sportives accueillant un grand nombre de spectateurs étrangers.
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