Menu
Search
Mardi 17 Février 2026
S'abonner
close
Mardi 17 Février 2026
Menu
Search

Cafés et restaurants: près de 14.000 observations, 258 infractions et 97 délits constatés en six mois

Près de 14.000 observations relevées en six mois, 39 procès-verbaux dressés, 258 infractions et 97 délits constatés. Les chiffres sont éloquents et traduisent l’ampleur des dysfonctionnements relevés dans le secteur des cafés et restaurants. Dévoilées par le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, ces statistiques mettent en lumière la persistance des manquements, notamment en matière de salaires et de protection sociale.

No Image

Le secteur des cafés et restaurants demeure sous étroite surveillance. Au cours du premier semestre 2025, les services de l’Inspection du travail ont intensifié leurs contrôles, mettant en lumière un volume important d’irrégularités. Salaires, protection sociale, conditions de santé et de sécurité: les manquements relevés illustrent les fragilités persistantes d’un secteur encore marqué par la précarité. Ces constats ont en effet été détaillés dans une réponse à une question écrite du groupe parlementaire du Mouvement populaire à la Chambre des représentants.

Dans ce document, le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, précise que 1.717 visites ont été effectuées dans les établissements relevant de ce secteur, sur un total de 12.188 visites réalisées tous secteurs confondus, soit 14,09% de l’ensemble des contrôles. Ces interventions ont donné lieu à 13.699 observations adressées aux employeurs. Parmi celles-ci, 4.243 concernent les salaires, 1.883 portent sur la protection sociale et 132 sont liées à l’hygiène et à la sécurité au travail. Les opérations de contrôle ont également abouti à l’établissement de 39 procès-verbaux, faisant état de 258 infractions et 97 délits, confirmant l’ampleur des dysfonctionnements relevés.

Un dispositif de contrôle structuré et dissuasif Dans sa réponse, le ministre explique que lorsqu’une infraction est constatée, les inspecteurs du travail adressent des observations ou des avertissements, assortis ou non d’un délai de régularisation. Lorsque les manquements persistent ou présentent un caractère plus grave, des procès-verbaux sont établis afin d’engager les procédures nécessaires. À travers ce dispositif, le ministère entend consolider le respect de la législation sociale, améliorer les conditions de travail et préserver l’équilibre des relations professionnelles. Cette dynamique s’inscrit également dans une volonté d’aligner le cadre juridique national sur les standards internationaux, notamment les conventions 100 et 111 relatives à l’égalité de rémunération et à la non-discrimination en matière d’emploi.

Revalorisation salariale et coordination institutionnelle renforcée Au-delà du contrôle, le gouvernement met en avant des mesures structurelles visant à améliorer la situation des salariés. Younes Sekkouri rappelle ainsi l’entrée en vigueur du décret n°2.24.1122 portant augmentation du salaire minimum légal dans les secteurs agricoles et non agricoles. Une hausse de 5% a été appliquée dans les activités non agricoles depuis le 1er janvier 2025, tandis qu’une seconde tranche est prévue au début de l’année 2026.

Parallèlement, la question de la couverture sociale demeure une priorité. Dans le cadre d’une convention de coopération avec la Caisse nationale de sécurité sociale, un échange régulier d’informations est assuré concernant les infractions constatées, chaque institution intervenant dans les limites de ses compétences. Cette coordination s’étend également au Ministère public, avec lequel un suivi est assuré concernant les infractions consignées dans les procès-verbaux et les décisions judiciaires rendues. L’objectif affiché est clair: garantir le respect effectif des droits des salariés au sein des entreprises privées.

En définitive, ces chiffres traduisent à la fois l’intensification des contrôles et l’ampleur des irrégularités constatées dans un secteur stratégique de l’économie nationale. Si le renforcement des mécanismes de surveillance constitue une avancée, le véritable défi réside désormais dans l’amélioration durable des conditions de travail et l’ancrage d’une culture de conformité aux normes sociales. Car au-delà des statistiques, c’est bien la protection effective des travailleurs qui demeure l’enjeu central.

Lisez nos e-Papers