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Casablanca-Settat : Abdellatif Maâzouz veut rallier le patronat à son PDR

Le président du Conseil régional de Casablanca-Settat, Abdellatif Maâzouz, s’est déplacé la semaine dernière au siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc, muni de son plan de développement régional 2022-2027. Objectif : s’assurer l’adhésion du secteur privé à ce programme composé de 51 projets structurants et doté d’un budget estimé à 47,2 milliards de DH.

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Venu plaider la cause de son PDR 2022-2027 auprès du patronat marocain, le chef de la région de Casablanca-Settat, Abdellatif Maâzouz, a décroché au moins la promesse d’un soutien financier pour le futur palais des congrès et parc d’expositions de Casablanca. Un projet de 1,5 milliard de DH auquel le Conseil régional devra contribuer à hauteur de 200 millions de DH. L’annonce a été faite de la bouche du président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj, lors d’une rencontre organisée mercredi dernier au siège de l’institution patronale.

Ce projet fait partie de la longue liste de chantiers inscrits dans ce plan, et dont les détails ont été livrés aux membres présents par le président du Conseil régional. Un plan qui est déjà en marche puisque plus de 18% du budget global a été exécuté à ce jour, soit 8,65 milliards de DH. «Nous avons commencé le déploiement de ce PDR avant même qu’il ne soit visé. Au 3 octobre 2023, date de la dernière session du Conseil, nous avons réalisé au moins 18% du budget global, avec une part de 13% pour la région. Je pense que c’est un bon ratio, sachant que nous en sommes à la première année de réalisation», s’est-il réjoui.

Zones industrielles à Casablanca-Settat : une foncière régionale avec la CDG en projet

Le président de la région a eu droit à une rafale de questions exprimant les préoccupations des patrons concernant les difficultés liées au foncier industriel, à la logistique et à la gestion des déchets, mais aussi à la mobilité et à la gouvernance régionale, entre autres. Salim Benmlih, vice-président de la commission logistique et foncier de la CGEM, s’est enquis des mesures prévues par la région pour faciliter l’accès des investisseurs au foncier industriel, pointant le faible taux de valorisation des terrains ainsi que la spéculation foncière. Il a également souligné la nécessité de centraliser les flux logistiques et de créer des zones logistiques péri-urbaines pour alléger le trafic en centre-ville.
En réponse, Abdellatif Maâzouz a assuré que la région était en train de favoriser un business model anti-spéculation en privilégiant de plus en plus la location, et ce à des prix réduits, voire symboliques. «C’est un volet que la région veut s’approprier en s’assurant une réserve foncière propre qui sera mise à la disposition des investisseurs», a fait savoir le responsable. «Nous voulons le faire avec la CDG à travers une société foncière», a-t-il précisé. Une enveloppe de 1,16 milliard de DH sera répartie sur la réalisation de ce projet et le développement de zones d'activités de proximité.

Plateforme alimentaire à Casablanca : l’étude lancée

Pour le volet relatif au flux logistique, le chef de la région a mis en avant les perspectives qui s’ouvrent avec la création de deux zones logistiques structurées, l’une au nord et l’autre au sud de la métropole. Avec la relocalisation des marchés de gros des produits alimentaires de Casablanca, également au programme, le projet contribuera à décongestionner la circulation en limitant les déplacements des camions dans les artères de la métropole. Pour rappel, le projet de relocalisation prévoit de regrouper l’ensemble des commerces de gros au sein d’une seule plateforme moderne, et ce pour un budget estimé à 1,5 milliard de DH, dont une contribution de 200 millions de la région. «Une étude a été lancée pour identifier l’emplacement le plus approprié pour l’implantation de la plateforme (au nord ou au sud de Casablanca) et pour déterminer aussi sa forme et sa dimension. Il y a aussi un travail qui se fait pour relocaliser Derb Omar», a indiqué Abdellatif Maâouz.
Interrogé sur le projet de Centre d’enfouissement et de valorisation des déchets de Médiouna par Mounir El Bari, président de la Fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage (FIFAGE), Abdellatif Maâzouz a lésiné sur les détails, se contentant de dire que le blocage réside dans le choix de la technologie. «Aujourd’hui, nous n’avons pas encore tranché sur la technologie à adopter. L’une engage un coût financier et l’autre un coût environnemental et sanitaire. Nous sommes à la recherche du meilleur rapport qualité/prix, de la meilleure combinaison possible», a-t-il expliqué.

Mohamed Mhidia, le wali turbo

Il n’est pas le premier ni le seul à le dire, mais le président de la région de Casablanca-Settat fait partie de ceux, nombreux, qui placent leurs espoirs dans le nouveau wali, Mohamed Mhidia. Abdellatif Maâzouz, qui répondait aux questions des membres du patronat, compte en effet sur la rigueur et l’efficacité qui font la réputation du nouveau responsable pour mener à bien les projets inscrits dans le PDR 2022-2027. Le chef de la région est convaincu que l’arrivée de M. Mhidia permettra de donner un coup de pied dans la fourmilière ainsi qu’un coup de boost aux différents chantiers de développement de la région.
Des propos qui font écho aux attentes des habitants de la région, des investisseurs et même des responsables. «L’arrivée d’un wali comme M. Mhidia, que je considère comme un turbo qu’on met dans notre machine, va nous aider», a-t-il déclaré. Le responsable régional a toutefois tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas d’une critique à l’encontre du wali sortant, Saïd Ahmidouch. «Le tempérament de M. Ahmidouch est celui d’un homme de réflexion, tout comme le mien. Avec M. Mhidia, on est plus dans la complémentarité», a-t-il expliqué.

Pour ce qui relève de la responsabilité du Conseil de la région, Abdellatif Maâzouz estime que toutes les conditions ont été mises en place pour favoriser la réussite du plan. «Je pense que nous avons tout fait pour que ces conditions soient préparées. Nous avons mobilisé toutes les parties prenantes ainsi que les moyens financiers nécessaires... Mais ce genre de projets a besoin de partage politique, de volonté et de lobbying», a-t-il relevé.
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