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Mardi 28 Mai 2024
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Comment la région de Dakhla est en passe de gagner le pari de l’émergence

La métamorphose ne s’est pas faite du jour au lendemain. Le nouveau visage de Dakhla-Oued Eddahab, on le doit aux efforts de développement mené tambour battant depuis 2015. On le doit aussi aux milliards de dirhams qui ont été injectés dans les différents projets structurants du territoire. Sans oublier les acteurs qui ont orchestré cette transformation, notamment l’actuel Conseil régional, dont les deux mandats coïncident avec cette décennie de développement. Bilan.

Ceux qui se souviennent de Dakhla-Oued Eddahab d’il y a 10 ans lui trouveront peu de points communs avec la région d’aujourd’hui. C’est un territoire complètement transfiguré qui s’offre désormais aux visiteurs, habitants ou investisseurs. Cependant, peu d’entre eux réalisent vraiment l’ampleur du travail qui a été mené pour en arriver là. Et peu savent combien de projets il a fallu mener et combien d’argent il a fallu miser pour engager la région sur une trajectoire de croissance solide. Ceux-ci n’ont aussi qu’une vague idée des projets qui sont en cours de réalisation et qui devraient consolider davantage l’essor de la région au cours des prochaines années.

Mais qu’à cela ne tienne ! Le bilan dressé par le Conseil régional permet d’avoir une idée plus précise de la nature, du coût et taux d’exécution des projets concrétisés et ceux toujours en cours. Ce bilan, revendiqué avec fierté, retrace l’ensemble des réalisations accomplies durant l’ancien et le présent mandat du Conseil. Il présente également les projets programmés pour le reste de l’exercice qui expirera en 2027.

«Notre sentiment de fierté émane, d’une part, de l’exhaustivité de ces projets qui ont touché la totalité des secteurs, et d’autre part, de l’impact de ces réalisations qui ont permis de doter notre région de projets structurants rendant possible un développement plus équilibré de notre territoire régional, le renforcement de son attractivité socio-économique et la consolidation de son positionnement stratégique en tant que trait d’union entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne», déclare Yanja El Khattat, président du Conseil de la région.



Depuis 2015, le développement de la région a été boosté par une centaine de projets totalisant un investissement de plus de 17 milliards de DH. À lui seul, le Conseil a engagé 4,63 milliards de DH en 9 années de gestion pour la réalisation de 117 programmes et projets structurants et autres projets de proximité. Dans ce portefeuille, on compte près de 1,6 milliard de DH comme part dédiée à l’exécution des 11 conventions relatives à la mise en œuvre du programme de développement intégré de la région 2016-2021. Ce programme, précisons-le, a nécessité une enveloppe globale avoisinant les 12,3 milliards de DH.

Plus de 2 milliards pour le renforcement des infrastructures

Comme souligné par le chef de la région, les chantiers ont concerné tous les secteurs, mais à différents degrés. Les projets d’équipement, d’infrastructures et de connectivité routière et aérienne ont accaparé la part du lion dans le budget du Conseil, soit plus de 2,11 milliards de DH. Parmi les réalisations relatives à ce volet, on peut citer les 490 kilomètres de routes réalisées pour plus de 480 millions de DH dans le cadre du programme de réduction des disparités spatiales en milieu rural. Mais le chantier phare reste sans conteste la voie express Tiznit-Dakhla qui s’étend sur 1.000 km. Sa réalisation a mobilisé un montant d’investissement dépassant les 8 milliards de DH, dont 400 millions comme participation de la région. «Les travaux de la voie express Tiznit-Dakhla sont presque achevés et le tronçon concernant l’élargissement de la route entre Laâyoune et Dakhla à 9 mètres est opérationnel depuis 2022», précise Yanja El Khattat.

Le Conseil régional a également consenti une enveloppe de 67,6 millions de DH pour multiplier les vols domestiques et internationaux en partance et à destination de la région. Il a signé dans ce sens plusieurs conventions avec la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM), mais aussi avec la compagnie low cost Air Arabia et la société «Rio De Oro voyage», filiale de la compagnie «Canarie Fly». Ce projet, d’un coût global de 115 millions de DH, consiste à renforcer les liaisons avec les principales villes du pays (Casablanca, Marrakech, Agadir et Laâyoune) ainsi que d’autres destinations à l’étranger telle que Las Palmas.

L’infrastructure de la région s’est aussi enrichie d’une nouvelle station d’épuration des eaux usées (STEP) d’une capacité de 2.884 mètres cubes par jour. Adossée à la zone portuaire de Dakhla, cette STEP sera dédiée au traitement des eaux usées industrielles provenant de 6 unités de valorisation des petits pélagiques et autres usines. Le projet, qui a atteint un taux de réalisation de 50%, nécessitera un budget global estimé à 71,26 millions de DH (46,62 millions pour la réalisation et l’équipement et 24,64 en coûts d’exploitation pour 5 ans).

De son côté, Bir Gandouz a bénéficié d’un projet d’assainissement liquide, réalisé à 100%, pour 60 millions de DH. Ce projet, financé en totalité par le Conseil régional, porte sur la réalisation d’un réseau d’assainissement d’un linéaire de 15,5 km, de deux stations de pompage et d’une station d’épuration de type lagunage naturel, avec une capacité de 487 m³/j.

Le Conseil régional a par ailleurs signé 6 conventions de partenariat avec plusieurs communes de la région, d’un montant global s’élevant à 371 millions de DH. Le Conseil apporte ainsi aux différentes collectivités territoriales un appui financier pour la réalisation d’infrastructures et la mise en place d’installations et d’équipements de base permettant d’améliorer la qualité des services fournis à la population.

À tous ces projets s’ajoutent de nombreux chantiers qui se trouvent actuellement à différentes étapes de pré-lancement, notamment un parc régional multifonctionnel qui sera édifié à Dakhla. La méga-structure, qui est en phase de lancement des travaux, occupera plus de 21 hectares et mobilisera un investissement estimé à 94 millions de DH. Elle sera constituée de plusieurs composantes : une bibliothèque, un espace d’exposition, 12 cafés-restaurants, un club pour enfants, une cafétéria et des vestiaires, 6 kiosques, 6 blocs sanitaires, un centre commercial, un Skatepark, 4 mini-terrains de mini-foot, 2 courts de tennis, une aire de pétanque, un espace de sculpture, un espace enfants, un espace de restauration, un théâtre en plein air, une aire de pique-nique ombragée, un espace vert et des locaux administratifs.

Dans ce même volet, on peut également dénombrer 15 projets composant le programme d’aménagement urbain et de réhabilitation des infrastructures et équipements de la région. Ces projets sont portés conjointement par le Conseil régional et le ministère de l’Équipement et de l’eau. Leur concrétisation mobilisera une enveloppe de 1,18 milliard de DH, avec une participation de 773,3 millions de DH de la région. Dans la liste des projets figure aussi le chantier d’aménagement de la route côtière de la province d’Oued-Eddahab qui s’étend sur une distance de 1,2 km. Ce projet, qui est en phase d’étude de réalisation, nécessitera un investissement de 35 millions de DH. On peut citer également le chantier d’aménagement de la corniche de Dakhla, au niveau de la zone Lahrayet, qui devra engloutir 121 millions de DH, dont une part de 77 millions consentie par la région.

Le Conseil a par ailleurs lancé les études pour la réalisation de plusieurs projets relatifs à l’aménagement de la première tranche de la zone industrielle «West Africa». Ce projet de 110 millions de DH porte sur la réalisation de réseaux d’assainissement liquide, d’adduction à l’eau potable et de distribution d’électricité ainsi que la réalisation de routes. La région prévoit également la création d’un marché de gros des fruits et légumes et d’un marché de bétail dans la commune d’El Argoub. Ces deux projets mobiliseront un investissement de 70 milliards de DH.

Plus de 2,75 milliards pour les projets d’eau et d’électricité

La région a consacré plus de 660 millions de DH pour l’amélioration de l’accès à l’électricité et à l’eau. La grosse part de ce budget, soit plus de 641 millions de DH, a été allouée au secteur de l’électricité. Ce montant représente 25% de l’enveloppe globale consacrée à la concrétisation de ces projets, laquelle s’élève à 2,73 milliards de DH. Pour renforcer les infrastructures liées au secteur de l’eau, le Conseil régional a mis en œuvre un ensemble de projets dont l’objectif est de sécuriser les ressources existantes et d’assurer de nouvelles ressources pour répondre aux besoins des habitants de la région, notamment dans le milieu rural. À cet effet, la région a alloué un montant de 22,13 millions de dirhams pour le forage de puits dans plusieurs communes, en particulier dans les zones qui souffrent de pénurie ou de manque en cette matière.

Social : plus de 887 millions pour la santé, l’éducation et l’habitat

La région a engagé plus de 208 millions de DH pour l’amélioration des services de santé, dont 134 millions pour la réalisation d’une clinique internationale multidisciplinaire sur une superficie de 2,7 hectares. Ce projet réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé est considéré comme l’un des chantiers les plus importants lancés par le Conseil de la région. La clinique, localisée au nord de Dakhla à 6 km de l’aéroport de la ville, affiche aujourd’hui un état d’avancement de 50%. Avec ses 80 lits, elle devra contribuer sensiblement à renforcer les infrastructures de santé et à améliorer l’accès des habitants aux services médicaux de base.

Une enveloppe supplémentaire de 16,5 millions de DH a été consacrée au déploiement d’un programme pour l’amélioration des services des établissements de santé de la région. Les projets de ce programme ont été mis en œuvre dans le cadre d’une convention de partenariat conclue entre le Conseil régional et la Direction régionale de la Santé. En outre, la région a consenti 39 millions de DH pour le renforcement des effectifs du personnel soignant. Une convention a été conclue dans ce sens avec l’Université Mohammed VI des sciences de la santé pour la formation de 4 promotions de médecins sur la période 2019-2028. L’Université a déjà accueilli un premier groupe de 44 étudiants issus de la région. Les associations œuvrant dans le domaine de la santé ont également eu droit au soutien financier du Conseil régional à travers une série de conventions d’un montant global dépassant les 27 millions de DH.

Dans le secteur de l’éducation, un budget global de 103 millions de DH a été déboursé pour de la mise en œuvre de plusieurs projets, dont le contrat-programme signé avec le ministère de l’Éducation nationale, portant sur le financement et la réalisation du programme de développement intégré. Ce contrat-programme a été concrétisé dans sa totalité pour 64 millions de DH, avec une contribution de 30 millions de DH de la région. Celle-ci a aussi injecté 32 millions dans un programme ciblant l’amélioration de la qualité de l’éducation dans la région. La mise en œuvre de ce chantier a été menée dans le cadre d’une convention de partenariat conclue entre le Conseil et l’Académie régionale de l’éducation et de la formation de Dakhla-Oued Eddahab.

Pour ce qui est de l’habitat, le Conseil régional a lancé et concrétisé un ensemble de projets pour 351,3 millions de DH. Il vise, à terme, la construction de 1.500 logements sociaux décents au profit des familles vulnérables et des ménages à revenus limités, notamment à Tawarta, Aousserd et Bir Anzarane. Les premiers lots ont été réalisés dans le cadre d’une convention de partenariat engageant le Conseil régional, le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, la wilaya de la région et la préfecture de la province d’Aousserd. Quant à la société civile œuvrant dans le domaine de l’habitat, elle a eu droit à 5 millions de DH.

La région a par ailleurs injecté plus de 148 millions de DH dans différentes actions sociales. La liste comprend notamment deux programmes d’autonomisation socioéconomique des femmes et des personnes à besoins spécifiques (71 millions), un programme pour le soutien des familles nécessiteuses ayant souffert des effets de la pandémie (près de 14 millions), un programme d’appui à la scolarisation et à la réussite scolaire (22,55 millions), un programme de colonies de vacances (13,83 millions), un programme d’appui relatif à l’habitat menaçant ruine (29,68 millions) et un programme d’appui visant à garantir les services de soins médicaux et ambulanciers aux patients en situation de précarité (12,8 millions).

À tous ces programmes s’ajoutent 6 projets d’appui social totalisant un montant de 12,8 millions, dont 10,6 millions alloués par la région. Ces projets, qui sont à différents stades de réalisation, seront concrétisés en partenariat avec l’entraide nationale. Les associations s’activant dans le domaine social ont empoché à leur tour 2,82 millions de DH.

Secteurs économiques : environ 834 millions engagés

Le Conseil régional a initié plusieurs chantiers destinés à renforcer les atouts économiques de Dakhla-Oued Eddahab. Dans les secteurs du commerce, de l’industrie et de la promotion de l’investissement, on compte principalement trois projets totalisant 330 millions de DH, inscrits dans le contrat-programme 2015-2021, signé avec l’ancien ministère de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique. Le premier est relatif à l’équipement et à la gestion de deux zones de distribution et de commerce à Bir Gandouz et Guergarate pour 160 millions de DH, avec une participation de 50 millions de la région. Le projet a atteint actuellement un taux de réalisation de 60%. Le deuxième projet porte sur la promotion économique et territoriale de la région. Il a été complètement déployé avec un financement qui s’élève à 40 millions de DH, auquel la région a contribué avec 10 millions de DH. Quant au troisième projet, quasiment achevé, il concerne la réhabilitation de la zone industrielle de Hay Essalam à Dakhla pour 130 millions de DH, dont 68 millions engagés par la région.

S’agissant des réalisations cumulées par la région dans le secteur de la pêche, elles totalisent plus de 372 millions de DH, dont la plus grosse part a été dédiée au programme d’achèvement et d’opérationnalisation des villages de pêche. En effet, le budget alloué à ce programme s’élève à 343 millions de DH, dont 274 millions injectés par la région. Le reste du montant, soit 38,14 millions, est alloué au projet d’équipement de la zone aquacole Cintra, située à 180 km au sud de Dakhla. Celui-ci en est encore dans la phase de réalisation des études.

Le secteur du tourisme, qui a connu un essor notable ces dernières années, continue de se renforcer grâce aux projets relevant du programme intégré de développement du tourisme rural et de nature. Ce programme, qui fait l’objet d’une convention de partenariat réunissant l’ensemble des parties concernées, est doté d’une enveloppe budgétaire de 89 millions de DH. Il est constitué de 11 projets portant sur la création de plusieurs circuits touristiques pour 2 millions de DH, d’un centre d’interprétation touristique sur la vie nomade à El Argoub pour 6 millions de DH, d’un complexe agricole pour les produits locaux à Tawarta pour 6 millions de DH, d’une station écologique de cure thermale au PK 35 pour 12 millions de DH, de trois abris écologiques à Tawarta, à Imlili et au PK 25 pour 13,5 millions de DH, d’un projet d’appui aux associations sportives locales d’un montant de 6 millions de DH, en plus de l’aménagement d’un musée écologique à Tawarta pour 8 millions de DH et la création pour 15,5 millions de DH d’un ensemble d’éco-lodges et d’un kiosque d’information touristique.

La région a également travaillé sur le volet promotionnel à travers une convention de partenariat avec le ministère du Tourisme et le Conseil régional de tourisme de Dakhla-Oued Eddahab. Les parties prenantes engagent 26 millions de DH pour le déploiement d’une stratégie promotionnelle visant à mettre en avant les atouts de la région et les opportunités d’investissement qui s’offrent dans le domaine du tourisme.

Dans le domaine agricole, les efforts ont porté particulièrement sur la consolidation de la filière de l’élevage, notamment l’élevage camelin. Ainsi, le Conseil a réalisé et équipé une unité de découpage et de valorisation de la viande cameline, et ce en partenariat avec la Chambre d’agriculture de Dakhla-Oued Eddahab et la Direction régionale de l’Agriculture. Ce projet construit sur une superficie de 3.700 m² a nécessité un investissement de 5,38 millions de DH. À cela s’ajoutent trois autres conventions de partenariat, d’un montant global de 11,55 millions de DH, scellées avec plusieurs associations œuvrant dans cette filière.

Plus de 200 millions pour la formation et l’emploi

La plus grande réalisation accomplie dans le domaine de la formation est sans conteste la Cité des métiers et des compétences. La structure aujourd’hui opérationnelle a nécessité un investissement de 140 millions de DH. Mais ce n’est pas le seul projet mené à bien dans la région. Il y a aussi tout un programme pour la promotion de l’emploi qui a déjà atteint un taux de déploiement de 40%. Ce programme est mis en œuvre à travers une convention de partenariat scellée avec Maroc PME. L’Agence engage 8,7 millions de DH pour soutenir les autoentrepreneurs et autres porteurs de projets. Pour sa part, le Conseil régional a apporté son appui à l’association Dakhla Moubadara en finançant le programme des prêts d’honneur accordés aux entrepreneurs à hauteur de 22,5 millions de DH. La même association a bénéficié de 28,85 millions de DH pour son programme d’appui mené en partenariat avec l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec).

Culture : environ 49 millions de DH pour le développement du secteur

La culture n’a pas été en reste. Le Conseil fait état d’environ 49 millions de DH alloués au développement du secteur, dont 17 millions de DH affectés à la réalisation d’un projet d’animation culturelle et artistique, 15 millions dédiés à la réalisation d’un conservatoire de musique et de chorégraphie à Dakhla, et 13 millions à la création d’un centre de diffusion du patrimoine culturel. Un budget de 6 millions a été également consacré au déploiement du programme de réhabilitation et de valorisation de la musique Hassanie, auquel s’ajoute 1 million de DH alloué à la protection des gravures rupestres au niveau du site Adrar Stouf d’Aousserd. Les associations de la société civile actives dans le domaine culturel ont bénéficié de leur côté de 20,6 millions de DH à travers 6 accords de partenariat. À noter que l’ensemble des projets culturels ont été réalisés dans le cadre de la convention portant application des dispositions de la composante culturelle du contrat-programme relatif au financement et à la réalisation du programme de développement intégré.

Entretien avec le président du Conseil de la région de Dakhla-Oued Eddahab, Yanja El Khattat



Le Matin : La région de Dakhla-Oued Eddahab a connu une véritable transformation ces dernières années à coup de projets de développement. Le Conseil régional vient d’ailleurs de dresser un bilan décennal des réalisations. Quelle lecture faites-vous de ce bilan ?

Yanja El Khattat :
Effectivement, la région de Dakhla-Oued Eddahab a connu ces dernières années un essor très remarquable qui a engendré des transformations structurelles très profondes, notamment suite à la concrétisation des projets inscrits dans l’ambitieux programme de développement intégré de la région, issu du nouveau modèle de développement des provinces du Sud lancé par Sa Majesté le Roi, que Dieu le glorifie, et l’exécution des projets du plan de développement régional (PDR) adopté par notre Conseil durant l’ancien mandat. Le bilan des projets dont le Conseil régional est porteur ou partenaire, qui sont réalisés, en cours de réalisation ou programmés durant cette dernière décennie, a été présenté par nos soins durant la session ordinaire du Conseil de la région tenue le 4 mars dernier. Il est d’un montant global de quatre milliards six cents trente millions de dirhams.

Notre sentiment de fierté de ce bilan décennal des réalisations émane essentiellement, d’une part, de l’exhaustivité de ses projets qui ont touché la totalité des secteurs : les infrastructures de base, la santé, l’éducation, la formation, l’action sociale, le transport, la logistique, l’industrie, le commerce, l’habitat, la pêche, la culture, le tourisme... et, d’autre part, de l’impact de ces réalisations qui ont permis de doter notre région de projets structurants rendant possible un développement plus équilibré de notre territoire régional, le renforcement de son attractivité socio-économique et la consolidation de son positionnement stratégique en tant que trait d’union entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. Ces facteurs ont été capables de générer plus d’opportunités d’investissement et de partenariat, en offrant en même temps des conditions de vie décentes pour sa population et la possibilité de la valorisation de ses potentialités humaines, culturelles et naturelles.

Dans ce bilan, on constate que la part la plus importante du budget est allée aux projets d’infrastructure. Quels sont les principaux projets structurants réalisés avec cette enveloppe ?

L’objectif principal de notre Conseil est de transformer la région de Dakhla-Oued Eddahab en une région prospère qui accroit son attractivité territoriale et contribue activement à la croissance économique nationale, en s’appuyant sur les potentialités de son vaste territoire, la vivacité de ses capacités humaines et son positionnement stratégique. C’est donc tout à fait naturel qu’une part importante du budget a été investie dans des projets d’infrastructure de base, puisqu’ils représentent les éléments principaux d’ancrage de la vision de développement que nous souhaitons mettre en œuvre et du fait de leur importance cruciale pour la concrétisation de la croissance économique et le progrès social souhaités.

En effet, aujourd’hui nous sommes à des stades très avancés dans plusieurs secteurs en termes d’inter-connectivité régionale, provinciale et communale, notamment concernant les routes. Les travaux de la voie express Tiznit-Dakhla qui s’étale sur une distance globale de plus de mille kilomètres mobilisant un montant d’investissement dépassant les huit milliards de DH, dont 400 millions de DH comme participation de la région, sont presque achevés et le tronçon concernant l’élargissement de la route entre Laâyoune et Dakhla à 9 mètres est opérationnel depuis 2022. D’autres projets de renforcement du réseau routier ont été réalisés par notre conseil régional afin de désenclaver les zones rurales, renforcer l’interconnexion des communes, réduire les disparités sociales et communales et l’aménagement du territoire régional.

Pour ce qui est de l’électrification, on peut citer la réalisation et la mise en service du projet de raccordement de la ville de Dakhla au réseau électrique national ayant mobilisé un montant global d’environ 2,4 milliards de dirhams, dont une participation de la région à hauteur de 536 millions de dirhams, en plus de la participation financière aux projets de réalisation de l’électrification du centre de Bir Gandouz et la connexion électrique du poste frontalier de Guergarate. De même, une grande importance a été accordée au secteur de l’assainissement par la programmation de la construction d’une station d’épuration des eaux industrielle (STEPI) de la zone des projets de petits pélagiques à Dakhla et la réalisation du projet d’assainissement liquide au centre de Bir Guendouz relevant de la province d’Aousserd.

Concernant l’approvisionnement en eau, sept forages ont été réalisés pour un montant global de 23,34 millions de DH. Quelle part pour le développement des secteurs économiques dans ces réalisations et quels sont les projets phares déjà concrétisés ou toujours cours ? Dans le même sillage, où en sont les travaux de réalisation du port Dakhla Atlantique ?

Le développement des secteurs économiques a occupé une bonne partie de nos réalisations. Plusieurs projets ont été initiés par le Conseil régional afin d’accompagner la dynamique économique que connaît notre région. À titre d’exemple, on peut citer les projets concernant les secteurs de la pêche maritime et l’agriculture à travers la mise en place d’une station d’épuration des eaux usées, le réaménagement de la zone industrielle Essalam qui abrite les unités de valorisation des produits de la pêche, la viabilisation des villages de pêcheurs, l’accompagnement des projets d’aquaculture et la réalisation d’une unité de découpe et de valorisation de la viande cameline. Concernant le commerce et la logistique, trois plateformes logistiques, de commerce et de distribution sont en cours de réalisation.

Pour ce qui est de la promotion du tourisme régional, un programme de développement du tourisme rural et naturel combinant mer et désert a été initié, ainsi que la programmation de l’équipement d’une zone d’activité touristique d’une superficie de 50 hectares à la commune d’El Argoub. D’autre part, des programmes d’initiation et d’encouragement des jeunes et des femmes de la région à l’entrepreneuriat et à l’auto-employabilité ont été mis en place afin de promouvoir leur autonomisation et leur accompagnement pour la création de leurs propres entreprises et la réalisation de leurs projets. Quant aux travaux de réalisation du nouveau Port Atlantique, il est à noter qu’ils avancent d’une manière soutenue et que les délais de réception de ce mégaprojet seront respectés comme prévu.

Peut-on avoir plus de détails sur les efforts de développement relatifs au secteur du tourisme en particulier, puisque la région affiche de grandes ambitions dans ce domaine ?

Dans le cadre de la promotion du tourisme régional, des efforts considérables ont été fournis pour le développement et la diversification de l’offre de ce secteur qui représente un pilier important pour la promotion de la Région au niveau national et international. Un ambitieux programme d’une enveloppe budgétaire de 89 millions de DH a été dédié au développement du tourisme rural et naturel dans le cadre du programme de développement intégré de la région. Il vise la création d’une nouvelle forme de tourisme naturel et écologique en combinant l’offre balnéaire avec une expérience désertique en arrière-pays. Il sera axé sur l’accueil et l’information, l’animation, la création des circuits touristiques et l’hébergement tendant à créer une nouvelle forme d’hébergement touristique spécifique qui porte le label de la région Dakhla-Oued Eddahab, reposant sur les gites bivouacs et les éco-lodges nichés autour de la baie et au sein du désert.

Globalement, où en est le PDR 2022-2027 ?

Le projet du PDR 2022-2027 est en cours de visa par les services centraux du ministère de l’Intérieur. Néanmoins, plusieurs de ses projets ont fait l’objet de conventions pour leur réalisation, à l’instar des projets de mise à niveau urbaine de Dakhla, la construction d’un poste électrique au PK 40 et le raccordement des communes à proximité par le réseau HT sur 236 km, l’électrification du centre d’Aousserd et le raccordement électrique du poste frontalier de Guergarate, la construction de plusieurs routes, la réalisation d’un stade de football de 15 mille places, la gestion des déchets ménagers, la construction d’un parc multidisciplinaire visant l’amélioration de la qualité de vie des habitants de Dakhla, en offrant un espace d’animation et de détente ouvert à toutes les tranches d’âges...

Après le bilan, place aux nouvelles actions. Quels sont donc les projets ou les secteurs que vous comptez prioriser pour le reste de votre mandat ?

Pour le reste de notre mandat, nous comptons assurer la continuité de nos actions, en veillant à la bonne réalisation des projets programmés ou en cours d’exécution et en priorisant les secteurs vitaux qui touchent la population de la région et l’amélioration de leur cadre de vie. Un intérêt particulier sera porté à l’aménagement urbain et la mise à niveau de la ville de Dakhla qui devrait refléter son positionnement en tant que chef-lieu de la région, ainsi que les autres centres ruraux dans la perspective de qualifier la région de Dakhla-Oued Eddahab pour être une plateforme pour le renforcement des relations du Royaume du Maroc avec son prolongement africain.

Le développement de l’attractivité territoriale, le renforcement des infrastructures de base, l’accroissement de l’aménagement des zones industrielles et d’activités créatrices de richesse et d’emploi, la réalisation des équipements socio-économiques et le développement du potentiel humain demeureront, eux aussi, parmi nos premières priorités. L’autre volet prioritaire sera l’action sociale que nous avons toujours priorisée à travers les innombrables initiatives que nous avons pu réaliser depuis notre premier mandat jusqu’à présent en faveur des familles nécessiteuses et démunies, des femmes, des jeunes et des enfants.
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