Le passage de l’opposition au gouvernement change la nature de l’engagement politique : dénoncer les insuffisances et soutenir les revendications ne suffit plus, il faut désormais arbitrer, mobiliser des moyens prendre des décisions et les assumer. C’est tout le challenge que doivent réussir des formations politiques qui viennent de se joindre à la majorité conduite par le Parti authenticité et modernité (PAM). Dans le secteur de l’Éducation nationale, où les attentes sont énormes, cette mission ne sera pas de tout repos. Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) ne le sais que trop, car, à peine installé dans ses nouvelles fonctions, Mohamed Nabil Benabdallah, le tout nouveau ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement préscolaire, de la formation professionnelle et de la qualification fait face à un mouvement de contestation qui en dit long sur le gros travail qu’il aura à gérer.
Le dossier des éducateurs du préscolaire met ainsi en évidence une difficulté propre à l’exercice du pouvoir : si les engagements défendus dans l’opposition ne valent pas calendrier d’exécution, leur mise en œuvre ne peut davantage être indéfiniment différée. Leur mobilisation met au jour l’une des lignes de tension de la réforme éducative : l’ambition de faire de ce cycle d’enseignement le premier rempart contre les inégalités, voire la précarité des conditions dans lesquelles une partie de ses professionnels exerce. Retards de rémunération pouvant atteindre plusieurs mois, revenus insuffisants, structures dont la formalisation demeure inachevée : ces difficultés ne relèvent pas de simples dysfonctionnements périphériques. Elles touchent aux conditions mêmes de réussite d’un chantier dont la portée pédagogique dépend, en dernière instance, de la stabilité et de la qualité de l’encadrement. Étendre le préscolaire sans consolider son socle professionnel reviendrait à élargir l’accès à un dispositif sans donner pleinement corps aux exigences qui fondent sa raison d’être.
Partant de là, M. Benabdallah a annoncé son intention de recevoir les représentants des éducateurs, tout en sollicitant un délai au motif que le gouvernement vient à peine d’entamer son mandat et que certains mécanismes décisionnels ne sont pas encore pleinement opérationnels. La nécessité d’un temps d’installation peut s’entendre ; elle ne saurait toutefois tenir lieu de réponse aux difficultés signalées. Car si ces problèmes sont antérieurs à sa prise de fonctions, leur règlement relève désormais de sa responsabilité. Le dialogue annoncé ne prendra donc toute sa valeur qu’à la condition de déboucher sur des engagements précis, assortis d’échéances et suivis d’effets tangibles.
Les accords sociaux négociés en 2023 constituent, eux aussi, un dossier sensible pour le ministère. Ici, l’enjeu n’est pas tant de définir une orientation nouvelle que d’honorer des engagements déjà négociés avec les différentes catégories de personnel. Le relèvement annoncé de la limite d’âge de 35 ans aux concours de recrutement permettrait d’élargir l’accès aux métiers de l’Éducation nationale. D’autres revendications, notamment le travail le samedi et la promotion hors échelle des retraités, restent également au cœur des attentes des personnels. Leur examen pourrait prolonger cette dynamique de dialogue social et contribuer à apporter des réponses plus ajustées aux préoccupations des différentes catégories professionnelles.
Pour le nouveau ministre de l’Éducation nationale, la participation au gouvernement ouvre précisément la possibilité de traduire en mesures concrètes les orientations défendues dans l’opposition. Dans le domaine éducatif, les accords sociaux, les conditions de recrutement et l’amélioration du cadre professionnel constituent autant de leviers pour donner corps à cet engagement. Leur prise en charge peut permettre de rapprocher les attentes des personnels des objectifs de transformation de l’école publique. C’est dans cette articulation entre progrès social et ambition éducative que le PPS pourra, estime M. Benabdallah, donner une portée tangible à sa participation gouvernementale.
Le dossier des éducateurs du préscolaire met ainsi en évidence une difficulté propre à l’exercice du pouvoir : si les engagements défendus dans l’opposition ne valent pas calendrier d’exécution, leur mise en œuvre ne peut davantage être indéfiniment différée. Leur mobilisation met au jour l’une des lignes de tension de la réforme éducative : l’ambition de faire de ce cycle d’enseignement le premier rempart contre les inégalités, voire la précarité des conditions dans lesquelles une partie de ses professionnels exerce. Retards de rémunération pouvant atteindre plusieurs mois, revenus insuffisants, structures dont la formalisation demeure inachevée : ces difficultés ne relèvent pas de simples dysfonctionnements périphériques. Elles touchent aux conditions mêmes de réussite d’un chantier dont la portée pédagogique dépend, en dernière instance, de la stabilité et de la qualité de l’encadrement. Étendre le préscolaire sans consolider son socle professionnel reviendrait à élargir l’accès à un dispositif sans donner pleinement corps aux exigences qui fondent sa raison d’être.
Partant de là, M. Benabdallah a annoncé son intention de recevoir les représentants des éducateurs, tout en sollicitant un délai au motif que le gouvernement vient à peine d’entamer son mandat et que certains mécanismes décisionnels ne sont pas encore pleinement opérationnels. La nécessité d’un temps d’installation peut s’entendre ; elle ne saurait toutefois tenir lieu de réponse aux difficultés signalées. Car si ces problèmes sont antérieurs à sa prise de fonctions, leur règlement relève désormais de sa responsabilité. Le dialogue annoncé ne prendra donc toute sa valeur qu’à la condition de déboucher sur des engagements précis, assortis d’échéances et suivis d’effets tangibles.
Les accords sociaux négociés en 2023 constituent, eux aussi, un dossier sensible pour le ministère. Ici, l’enjeu n’est pas tant de définir une orientation nouvelle que d’honorer des engagements déjà négociés avec les différentes catégories de personnel. Le relèvement annoncé de la limite d’âge de 35 ans aux concours de recrutement permettrait d’élargir l’accès aux métiers de l’Éducation nationale. D’autres revendications, notamment le travail le samedi et la promotion hors échelle des retraités, restent également au cœur des attentes des personnels. Leur examen pourrait prolonger cette dynamique de dialogue social et contribuer à apporter des réponses plus ajustées aux préoccupations des différentes catégories professionnelles.
Pour le nouveau ministre de l’Éducation nationale, la participation au gouvernement ouvre précisément la possibilité de traduire en mesures concrètes les orientations défendues dans l’opposition. Dans le domaine éducatif, les accords sociaux, les conditions de recrutement et l’amélioration du cadre professionnel constituent autant de leviers pour donner corps à cet engagement. Leur prise en charge peut permettre de rapprocher les attentes des personnels des objectifs de transformation de l’école publique. C’est dans cette articulation entre progrès social et ambition éducative que le PPS pourra, estime M. Benabdallah, donner une portée tangible à sa participation gouvernementale.
Réforme éducative : la continuité mais pas à n’importe quel prix
Pour autant, le chef du PPS se dit convaincu qu’un changement à la tête du ministère ne saurait justifier de repartir de zéro. La poursuite des chantiers engagés dans le cadre de la loi-cadre et le maintien du programme des «écoles pionnières» traduisent cette volonté de préserver le cap d’une transformation qui, par nature, s’inscrit dans la durée. Dans un secteur où les effets des politiques éducatives se mesurent sur plusieurs années, la stabilité des orientations constitue un facteur essentiel : elle permet aux dispositifs de s’ancrer dans les pratiques et donne aux équipes pédagogiques une perspective au-delà des changements institutionnels, insiste M. Benabdallah.
Sauf que la continuité ne vaut pleinement que par les résultats qu’elle permet d’obtenir. Préserver les dispositifs existants doit aller de pair avec l’examen de leurs effets sur les apprentissages, l’identification des difficultés et l’ajustement des réponses. L’enjeu n’est donc pas de maintenir les réformes pour elles-mêmes, mais de s’assurer que leur prolongement se traduit par des progrès tangibles dans le parcours des élèves et le fonctionnement de l’école publique, souligne le responsable gouvernemental.
Sauf que la continuité ne vaut pleinement que par les résultats qu’elle permet d’obtenir. Préserver les dispositifs existants doit aller de pair avec l’examen de leurs effets sur les apprentissages, l’identification des difficultés et l’ajustement des réponses. L’enjeu n’est donc pas de maintenir les réformes pour elles-mêmes, mais de s’assurer que leur prolongement se traduit par des progrès tangibles dans le parcours des élèves et le fonctionnement de l’école publique, souligne le responsable gouvernemental.
Le décrochage scolaire à surveiller de près
Atteindre zéro décrochage scolaire en cinq ans, un des objectifs les plus ambitieux fixé par la Cheffe du gouvernement confère une portée particulière aux dispositifs de prévention et de réinsertion. Le nouveau ministre a cité le suivi des absences, les écoles de la deuxième chance et la formation par alternance. De la détection précoce du désengagement à la réintégration des jeunes sortis du système scolaire, jusqu’à l’accès à une qualification, ces leviers visent à agir aux différentes étapes du parcours éducatif, explique-t-il. Encore faut-il que ces dispositifs s’articulent autour d’un accompagnement effectif. Le repérage des absences n’a de portée que s’il permet d’intervenir avant que la rupture ne devienne définitive ; les écoles de la deuxième chance doivent offrir des parcours adaptés aux jeunes qu’elles accueillent ; l’alternance, enfin, doit ouvrir des perspectives réelles de formation et de qualification. La lutte contre le décrochage se joue ainsi autant dans la cohérence des réponses que dans l’existence des dispositifs eux-mêmes.
Pouvoir d’achat et gouvernance : les ressorts de la justice sociale
Au-delà des problèmes éducatifs, le PPS, souligne M. Benabdallah, entend traduire ses engagements en actes gouvernementaux s’agissant des dossiers socioéconomiques qui préoccupent les Marocains. Pouvoir d’achat, retraites, aide sociale et gouvernance constituent autant de champs dans lesquels le PPS compte donner corps aux orientations qu’il défendait depuis l’opposition. Sa participation à la majorité ouvre désormais une nouvelle étape : celle où les principes avancés doivent trouver leur traduction dans les décisions et les arbitrages du gouvernement.
Sur le terrain social, le ministre a évoqué la progression de l’aide directe, de 500 à 1.000 dirhams, les pensions minimales, la situation des veuves ainsi que l’élargissement des exonérations fiscales au bénéfice de certaines catégories à faibles revenus. Il a également abordé la maîtrise des prix, notamment ceux des viandes et des produits alimentaires. Ces mesures répondent à des préoccupations distinctes, mais convergentes : soutenir les revenus, protéger les catégories les plus fragiles et contenir le poids des dépenses courantes. Leur portée se jouera autant dans leurs modalités d’application que dans leur capacité à améliorer concrètement les conditions de vie des ménages.
La justice sociale ne se résume cependant pas à la redistribution. Elle se mesure aussi à l’équité des règles qui organisent la vie économique et l’utilisation des ressources publiques. En abordant la corruption, les privilèges, les situations de rente et les conflits d’intérêts, M. Benabdallah a ainsi élargi à l’impératif de la moralisation de l’action publique. Soutenir les ménages les plus vulnérables est une réponse nécessaire aux difficultés sociales ; veiller à ce que les ressources et les opportunités soient réparties selon des règles équitables participe du même objectif. Ces deux dimensions se complètent : l’une agit sur les effets des inégalités, l’autre sur les mécanismes susceptibles de les entretenir.
Sur le terrain social, le ministre a évoqué la progression de l’aide directe, de 500 à 1.000 dirhams, les pensions minimales, la situation des veuves ainsi que l’élargissement des exonérations fiscales au bénéfice de certaines catégories à faibles revenus. Il a également abordé la maîtrise des prix, notamment ceux des viandes et des produits alimentaires. Ces mesures répondent à des préoccupations distinctes, mais convergentes : soutenir les revenus, protéger les catégories les plus fragiles et contenir le poids des dépenses courantes. Leur portée se jouera autant dans leurs modalités d’application que dans leur capacité à améliorer concrètement les conditions de vie des ménages.
La justice sociale ne se résume cependant pas à la redistribution. Elle se mesure aussi à l’équité des règles qui organisent la vie économique et l’utilisation des ressources publiques. En abordant la corruption, les privilèges, les situations de rente et les conflits d’intérêts, M. Benabdallah a ainsi élargi à l’impératif de la moralisation de l’action publique. Soutenir les ménages les plus vulnérables est une réponse nécessaire aux difficultés sociales ; veiller à ce que les ressources et les opportunités soient réparties selon des règles équitables participe du même objectif. Ces deux dimensions se complètent : l’une agit sur les effets des inégalités, l’autre sur les mécanismes susceptibles de les entretenir.
Confiance démocratique : le PPS face à ses responsabilités gouvernementales
La question de l’équité rejoint celle de la confiance dans les institutions. M. Benabdallah a estimé que plus de 20 millions de Marocains ne se sentaient pas concernés par les élections, un chiffre qu’il a avancé pour illustrer le désamour d’une grande partie des citoyens à l’égard de la vie politique. Son plaidoyer en faveur du rôle des partis, du Parlement et des institutions élues, tout comme son attachement au respect des libertés et des expressions pacifiques de contestation, témoigne de sa préoccupation face à cet éloignement. Au-delà de la participation électorale, la confiance se nourrit de la capacité des institutions à répondre aux attentes, à rendre leurs décisions compréhensibles et à garantir que les règles s’appliquent à tous, insiste-t-il.
Pour le PPS, la participation au gouvernement donne désormais une portée nouvelle à ces orientations. Il ne s’agit plus seulement de défendre des principes, mais de les faire vivre au sein d’une majorité où les décisions procèdent d’arbitrages collectifs. Aux yeux de Mohamed Nabil Benabdallah, cette responsabilité suppose de préserver la cohérence des engagements du parti tout en contribuant aux choix gouvernementaux. Sa capacité à faire avancer ses priorités, à obtenir des résultats et à en rendre compte constituera dès lors un indicateur concret de la place qu’il entend occuper dans le paysage politique.
Pour le PPS, la participation au gouvernement donne désormais une portée nouvelle à ces orientations. Il ne s’agit plus seulement de défendre des principes, mais de les faire vivre au sein d’une majorité où les décisions procèdent d’arbitrages collectifs. Aux yeux de Mohamed Nabil Benabdallah, cette responsabilité suppose de préserver la cohérence des engagements du parti tout en contribuant aux choix gouvernementaux. Sa capacité à faire avancer ses priorités, à obtenir des résultats et à en rendre compte constituera dès lors un indicateur concret de la place qu’il entend occuper dans le paysage politique.
