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Nous présentons Fatima Ezzahra El Mansouri comme candidate naturelle à la tête du gouvernement (Goudar)

À quelques mois des élections législatives, le Parti authenticité et modernité (PAM) affiche ses ambitions sans détour. Dans cet entretien, Samir Goudar, membre du bureau politique et responsable de l'organisation, dresse un bilan positif de la direction collégiale et défend le travail des ministres issus du parti. M. Goudar, qui est également président du conseil régional de Marrakech-Safi, annonce un programme électoral «réaliste et pragmatique» attendu pour début avril et confirme l'objectif du PAM : décrocher la première place pour proposer une alternative gouvernementale. Une manière de positionner officiellement Fatima Ezzahra El Mansouri dans la course à la chefferie du gouvernement, tout en réaffirmant la cohésion de la majorité, malgré le retrait annoncé de Aziz Akhannouch de la présidence du RNI.

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Le Matin : Une question revient souvent : quel bilan tirez-vous de l'expérience de la direction collégiale du PAM ?
Samir Goudar : L'évaluation est clairement positive. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n'est pas une première dans l'histoire du parti. Dès la création du PAM, il existait déjà une forme de direction collective. Ce qui est nouveau, c'est que cette formule est aujourd'hui plus visible aux yeux de l'opinion publique. Les faits parlent d'eux-mêmes : la direction collégiale fonctionne, elle est cohérente et marquée par une forte synergie. Sur le plan organisationnel, le parti n'a jamais été aussi solide. Tous les secrétariats provinciaux sont en place, les structures de jeunesse sont actives, la section féminine est pleinement opérationnelle. Franchement, le PAM n'a jamais été aussi présent sur le terrain.


Un membre de cette direction collégiale a connu un différend avec le parti. Où en est la situation ?

La situation est réglée. Son adhésion a été gelée au sein du conseil national et il a été remplacé par Fatima Saâdi. La direction collégiale est désormais composée de Fatima Ezzahra El Mansouri, Mehdi Bensaïd et Fatima Saâdi. La page est tournée. Le parti a pris les mesures qui s'imposaient. Quant aux procédures judiciaires dont on entend parler, elles ne concernent pas le PAM. L'intéressé est en conflit avec une tierce personne devant les tribunaux. Le parti, lui, a agi conformément à ses statuts et continue d’avancer.

Le PAM a été parmi les premiers à formuler des propositions sur l'arsenal électoral. Quel regard portez-vous sur les textes adoptés ?

Ce sont globalement de bonnes lois. Nous avons exprimé notre position sur plusieurs points, et une part significative de nos remarques a été retenue – entre sept et neuf propositions selon les textes. Mais au-delà du contenu, l'essentiel réside dans la méthode. Le processus de concertation a été respecté du début à la fin. Dès le Discours Royal chargeant le ministre de l'Intérieur de piloter la réforme, en août, nous avons été consultés. Un délai d'un mois nous a été accordé pour soumettre nos propositions. Puis il y a eu d'autres rencontres, tantôt bilatérales, tantôt avec l'ensemble des partis. Certains points ont été acceptés, d'autres ont fait l'objet de discussions internes, mais au final, un consensus s'est dégagé. C'est pourquoi nous avons décidé, dès le départ, de voter favorablement.

L'opposition parle d'un «passage en force» de la majorité, qui imposerait ses textes sans tenir compte des autres sensibilités politiques...
Je récuse totalement cette lecture. Les remarques constructives, quelle que soit leur origine, sont prises en considération. Mais rappelons un principe élémentaire : la démocratie fonctionne à la majorité. Il en est ainsi dans tous les pays du monde. Quand on dispose d'une majorité, on fait passer les lois qu'on estime justes. Si l'opposition n'est pas satisfaite, elle a le droit de contester. Et en cas de désaccord constitutionnel, il existe un arbitre : la Cour constitutionnelle. C'est elle qui tranche. C'est cela, l'État de droit.
Au sein même de la majorité, y a-t-il eu des divergences sur ces lois électorales ?

Nous étions alignés à près de 90%. Les quelques points de divergence étaient mineurs et ont été dépassés. Nous n'avons jamais fonctionné en ordre dispersé, chaque parti défendant sa position isolément. Il y avait un véritable esprit de coalition. Parmi les points discutés figurait notamment la notion de flagrance. Le débat portait sur son périmètre : fallait-il l'appliquer uniquement aux infractions liées au processus électoral, ou l'étendre à toute personne prise en flagrant délit, quelle que soit la nature de l'infraction ? On ne pouvait pas, par exemple, exclure définitivement quelqu'un des élections pour un délit sans rapport avec le scrutin. Ces discussions ont été tranchées dans le cadre institutionnel prévu.


Le PAM détient plusieurs portefeuilles ministériels. Quel bilan en tirez-vous ?
Je vous mentirais si je vous disais que tous les secteurs ont brillé de la même manière. Le bilan est globalement très positif, mais certains ministères ont affiché un engagement et une productivité supérieurs à d'autres. Il y a aussi un problème de communication : certains départements travaillent énormément mais peinent à faire connaître leurs réalisations aux citoyens. Cela dit, les ministres issus du PAM, ceux qui ont grandi politiquement au sein du parti, affichent des bilans solides. Je pense à Fatima Ezzahra El Mansouri, Mehdi Bensaïd, Abdellatif Ouahbi, ou encore Azzedine El Midaoui qui a récemment porté des réformes importantes.


Justement, certains projets portés par ces ministres ont généré des tensions. Mehdi Bensaïd avec le projet de loi sur le Conseil national de la presse, Abdellatif Ouahbi avec la réforme de la profession d'avocat, Azzedine El Midaoui avec les syndicats de l'enseignement supérieur... Comment l'expliquez-vous ?

Toute réforme structurelle suscite des résistances. C'est la règle. Quand on bouscule des routines établies depuis des années, il y a forcément des oppositions. Concernant les avocats, le dialogue est permanent. Le ministre lui-même est avocat, et sa fibre professionnelle ne peut être remise en question. Les portes restent ouvertes à tous les amendements possibles sur l'ensemble des textes concernés. Pour le secteur de la presse, il y a eu des désaccords sur certains points. Mais Mehdi Bensaïd a une position claire : si quelqu'un estime qu'une disposition est anticonstitutionnelle, qu'il saisisse la Cour constitutionnelle. C'est elle qui arbitre. C'est cela la démocratie : des lois peuvent déplaire, mais tant qu'elles sont jugées conformes à la Constitution, elles s'appliquent.


Quelle lecture faites-vous des décisions de la Cour constitutionnelle sur certains articles renvoyés ?

Au sein même du PAM, certains militants réclamaient des modifications avant même le passage devant la Cour. Nous avons tranché : ces questions relèvent du droit constitutionnel, pas du débat partisan. La Cour a statué, ses décisions seront respectées.


Le PAM est-il prêt pour les prochaines élections législatives ?

Totalement. Il circule des rumeurs sur de prétendues crises internes, des changements de direction, un remplacement de la présidente du conseil national... Je ne sais pas d'où sortent ces informations. Elles n'existent ni dans nos instances, ni dans notre réflexion. Ce n'est même pas un sujet de discussion. Certains disent que nous attendons de voir ce que feront les autres partis, notamment le RNI. Cela ne nous concerne pas. Ce que font le RNI, l'Istiqlal ou le PJD, c'est leur affaire. Chaque parti travaille pour lui-même. Le PAM est dans une situation organisationnelle confortable, il est prêt pour les échéances à venir, avec un bilan gouvernemental honorable. Et nous le disons clairement : si nous avions été aux commandes du gouvernement, nous aurions fait mieux. C'est ce projet alternatif que nous proposerons aux Marocains.

Où en est la préparation du programme électoral ?

Contrairement au mandat précédent, où le parti sortait d'un conflit interne sous la direction de Abdellatif Ouahbi et abordait les élections sans préparation optimale – ce qui ne nous a pas empêchés d'obtenir d'excellents résultats, preuve de notre force –, la direction actuelle, coordonnée par Fatima Ezzahra El Mansouri, a anticipé. Une commission électorale travaille depuis plusieurs mois. Elle prépare les textes, identifie les candidats potentiels et soumet ses propositions à la direction qui tranche. Nous allons surprendre : des jeunes, des femmes, des profils académiques de haut niveau, des compétences capables d'honorer le parti et le pays. Le programme électoral est confié à l'académie du parti, composée de cadres et d'experts. Le document sera finalisé début avril.


Quels critères guident la sélection des candidats ?
Le critère fondamental, c'est le lien avec les citoyens. Un candidat doit être ancré dans son territoire, porter les préoccupations des gens. Pour les parlementaires sortants, nous évaluons le bilan : qu'ont-ils produit ? Pour les nouveaux, nous examinons leur capacité à contribuer au travail législatif. Concernant les jeunes, la consigne est claire : chaque fois qu'une circonscription est prenable par un jeune ou une jeune, nous lui donnons la priorité.


Quel est votre horizon pour boucler l'ensemble des candidatures ?

Après le Ramadan, début avril au plus tard. Toutes les circonscriptions seront couvertes.


Qu'en est-il du conseil national dont la tenue a été reportée à plusieurs reprises ?
Ce report a alimenté des spéculations excessives. La première fois, c'était pour des raisons de santé : la présidente du conseil national n'était pas en mesure d'assurer sa présence. Ensuite, la date du 24 posait un problème logistique, la salle étant déjà réservée, par un responsable de l'opposition, d'ailleurs, chacun peut vérifier. Le conseil national est une étape normale de la vie du parti, rien de plus. Il n'a apporté aucun changement, ni dans la direction, ni dans les structures. Nous y avons présenté notre feuille de route, notre vision du programme électoral, notre méthode de sélection des candidats, et nous mobilisons nos troupes pour la victoire des prochaines élections.


En quoi le programme électoral à venir différera-t-il du précédent ?

Le programme de 2021 était, disons-le, un peu trop ambitieux. Nous rêvions à voix haute, avec des horizons lointains. Or, quand on entre dans la gestion des affaires publiques, on est jugé sur ce qu'on a promis. Les citoyens nous interpellent : «Vous aviez dit que vous augmenteriez ceci de tant, que vous feriez cela...» Et ils ont raison. Le prochain programme sera différent. Il sera réaliste, pragmatique, ancré dans le possible. Nous dirons aux Marocains ce que nous sommes réellement capables de faire. Nous ne leur mentirons pas.


Le PAM vise-t-il la première place ?

C'est notre objectif. Nous avons terminé deuxièmes en 2021, dans un contexte interne pourtant difficile. Aujourd'hui, nous sommes plus forts, mieux structurés, avec un bilan concret dans les ministères, les régions et les communes que nous gérons. Selon les usages constitutionnels marocains, Sa Majesté le Roi désigne le Chef du gouvernement parmi le parti arrivé en tête. Nous présentons Fatima Ezzahra El Mansouri comme notre candidate naturelle à cette fonction. Le choix final appartient bien entendu à Sa Majesté, conformément à Ses prérogatives constitutionnelles.


Votre principal allié au sein de la majorité, le RNI, a été secoué par l'annonce de Aziz Akhannouch de ne pas briguer un nouveau mandat à la tête du parti. Cela a-t-il eu un impact sur vos relations ou sur la cohésion de la majorité ?

Aucun impact. Aziz Akhannouch a décidé de quitter la direction du RNI, c'est son choix personnel et nous le respectons. Mais il reste Chef du gouvernement et continuera à coordonner la majorité jusqu'à la fin de la législature. Les raisons de sa décision lui appartiennent, il est le seul à pouvoir les expliquer. Le RNI demeure notre allié. Je ne me prononcerai pas sur les affaires internes d'un autre parti. Ce que je peux vous dire, c'est que cette annonce n'a eu aucune incidence sur le fonctionnement de la coalition gouvernementale. Tout continue comme avant.
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