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Mardi 29 Septembre 2026
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Elections 2026 : 107 femmes décrochent un siège, le plafond de verre se fissure mais ne disparaît pas

La nouvelle Chambre des représentants comptera 107 femmes, contre 96 à l’issue des législatives de 2021. Une progression qui prend une dimension particulière dans les circonscriptions locales, où 17 candidates ont réussi à décrocher un siège, contre seulement six lors du précédent scrutin. Si le plafond de verre commence ainsi à se fissurer au Parlement, les 90 sièges des circonscriptions régionales réservées aux femmes demeurent le principal socle de leur représentation. À l’heure où s’ouvre la séquence de formation du prochain Exécutif, une autre question se pose : cette avancée dans les urnes trouvera-t-elle son prolongement naturel dans la composition du gouvernement et dans l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités ?

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Les urnes ont livré leur verdict et dessiné de nouveaux rapports de force à la Chambre des représentants. Derrière les scores des partis et les négociations qui détermineront les contours de la prochaine majorité, les législatives du 23 septembre ont également produit une évolution moins spectaculaire en apparence, mais significative : celle de la représentation politique des femmes. Elles seront désormais 107 à siéger parmi les 395 membres de la Chambre des représentants, soit environ 27,1% de l’effectif total. À l’issue des législatives de 2021, elles étaient 96, soit 24,3%. La nouvelle législature compte ainsi onze députées supplémentaires. Cette progression ne résulte toutefois pas d’une augmentation du nombre de sièges régionaux réservés aux femmes. Ceux-ci restent au nombre de 90. Elle s’explique par les résultats enregistrés dans les circonscriptions locales : 17 femmes y ont remporté un siège en 2026, contre seulement 6 en 2021.

De six à 17 élues locales : qui sont les femmes qui ont réussi la percée ?

C’est sans doute l’un des résultats les plus significatifs du scrutin en matière de représentation féminine. En cinq ans, le nombre de femmes ayant réussi à conquérir un siège dans une circonscription locale a presque triplé, passant de six à 17. Le PAM arrive largement en tête de cette représentation avec sept élues locales : Fatima-Zahra El Mansouri, élue dans la circonscription Marrakech-Médina–Sidi Youssef Ben Ali, Najwa Koukouss à Casablanca-Anfa, Manal Badel à Berrechid, Iman Lamaoui à Ouarzazate, Hanan El Massi à Taroudant-Sud, Zineb Simou à Larache et Bouchra El Ouardi à Tiflet-Rommani. Le RNI compte pour sa part quatre élues dans les circonscriptions locales : Zeina Chahim à Fès-Sud, Zineb Idhali à Agadir-Ida Outanane, Nadia Bouhdoud à Taroudant-Nord et Nadia Bouaïda à Guelmim.

Six autres formations comptent chacune une élue locale : Madiha Khayir, élue à Béni Mellal pour l’Istiqlal ; Amina Maelainine, élue à Aïn Chock pour le PJD ; Rim Chabat, élue à Fès-Nord pour le Mouvement populaire ; Rajae Missou, élue à Agadir-Ida Outanane pour l’USFP ; Meryem Ouahssa, élue à Béni Mellal pour le PPS ; et Nabila Mounib, élue à Casablanca-Anfa pour l’Alliance de la gauche. Au total, les 17 élues locales se répartissent donc entre huit formations politiques : sept pour le PAM, quatre pour le RNI et une pour chacune des six autres formations.

Cette progression doit être mise en regard du nombre de candidatures féminines enregistrées avant le scrutin. Sur les 7.288 candidatures recensées à l’échelle nationale, 2.658 étaient féminines, soit 36,47%. Parmi elles, 1.783 se présentaient dans les circonscriptions régionales et 875 dans les circonscriptions locales. Sur les 1.615 listes locales déposées, 121 étaient conduites par des femmes.

Une progression réelle, mais les sièges réservés restent déterminants

Ces résultats témoignent donc d’une percée. Ils ne permettent cependant pas de conclure à la disparition des obstacles à l’accès des femmes aux mandats électifs. Sur les 305 sièges attribués dans les circonscriptions locales, seuls 17 ont été remportés par des femmes, soit environ 5,6%. Et sur les 107 députées de la nouvelle Chambre, 90 sont issues des circonscriptions régionales exclusivement réservées aux candidatures féminines.

Autrement dit, environ 84% des femmes présentes dans la nouvelle Chambre continuent d’accéder au Parlement par l’intermédiaire du mécanisme de représentation régionale. La comparaison avec 2021 reste néanmoins révélatrice. Les données officielles publiées par la Chambre des représentants après le précédent scrutin faisaient état de 96 femmes élues : 90 dans les circonscriptions régionales et seulement six dans les circonscriptions locales. La totalité des onze sièges féminins supplémentaires enregistrés en 2026 provient donc des circonscriptions locales.

Le scrutin dessine ainsi une situation mitigées. D’un côté, davantage de femmes réussissent à s’imposer dans des circonscriptions ouvertes à la compétition électorale générale. De l’autre, leur présence au Parlement demeure très largement tributaire du mécanisme de discrimination positive.

Des candidatures plus nombreuses, mais un accès aux sièges encore difficile

L’écart entre le nombre de candidatures féminines et le nombre de victoires locales constitue un autre indicateur. Les femmes représentaient plus du tiers des candidatures enregistrées en 2026. Elles étaient 875 à concourir dans les circonscriptions locales et 121 à conduire une liste. Mais seules 17 de ces têtes de liste ont finalement décroché un mandat parlementaire.

La réforme électorale appliquée à ce scrutin a parallèlement réservé exclusivement aux femmes les candidatures dans les circonscriptions régionales. Le dispositif garantit ainsi que les 90 sièges correspondants reviennent aux femmes, y compris dans les situations de remplacement ou d’élections partielles. Les candidates restent néanmoins libres de se présenter dans les circonscriptions locales. Le véritable enjeu dépasse dès lors la seule progression numérique. Il concerne la capacité des formations politiques à investir davantage de femmes dans des circonscriptions locales où elles disposent de chances réelles de victoire et, au-delà de leur présence sur les listes, à leur ouvrir davantage l’accès aux mandats électifs obtenus dans la compétition locale.

Après le Parlement, le gouvernement

Mais le scrutin du 23 septembre ne clôt pas le débat sur la représentation politique féminine. Il le déplace désormais vers l’Exécutif. Lors de la constitution du gouvernement Akhannouch en octobre 2021, sept femmes avaient initialement intégré l’équipe gouvernementale. Plusieurs avaient obtenu des départements importants. Nadia Fettah avait notamment été nommée ministre de l’Économie et des finances, devenant la première femme à diriger ce département, tandis que Fatima-Zahra El Mansouri avait pris les commandes du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville.

La composition de l’Exécutif sortant comprenait six femmes ayant rang de ministre ou de ministre déléguée : Nadia Fettah à l’Économie et aux finances, Fatima-Zahra El Mansouri à l’Aménagement du territoire, Fatim-Zahra Ammor au Tourisme, Leïla Benali à la Transition énergétique, Naïma Ben Yahia à la Solidarité et Amal El Fallah Seghrouchni à la Transition numérique et à la réforme de l’administration. Zakia Driouich occupait, pour sa part, le poste de secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime.

Le nombre ne constitue toutefois qu’une dimension de la représentation. La nature des portefeuilles confiés aux femmes et leur présence dans les principaux espaces de décision permettent également de mesurer leur accès effectif à l’exercice du pouvoir. C’est ce qui donne à la formation du prochain gouvernement une portée particulière. Après le passage de 96 à 107 députées, et surtout de six à 17 élues dans les circonscriptions locales, la question est désormais de savoir si cette progression parlementaire trouvera un prolongement dans l’architecture du nouvel Exécutif.

Le PAM en tête, une configuration politique inédite

Le résultat des législatives ajoute une dimension supplémentaire à cette interrogation. Le PAM est arrivé en tête du scrutin avec 97 sièges, devant le RNI avec 66, l’Istiqlal avec 65 et le PJD avec 54. Or Fatima-Zahra El Mansouri occupe une place centrale au sein de la direction du parti arrivé en tête. Ministre sortante et maire de Marrakech, elle est coordinatrice de la direction collégiale du PAM et s’est présentée devant la presse au lendemain du scrutin pour commenter la victoire de sa formation et les perspectives d’alliances. Cette situation nourrit nécessairement les interrogations autour de la prochaine chefferie du gouvernement, sans permettre d’en anticiper l’issue. L’article 47 de la Constitution dispose que le Roi nomme le Chef du gouvernement «au sein du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des représentants, et au vu de leurs résultats».
Interrogée au lendemain du scrutin sur l’éventualité d’une nomination à la tête du prochain gouvernement, Fatima-Zahra El Mansouri s’est montrée prudente, voire évasive. Mais au-delà de son cas personnel, la configuration née du scrutin donne une nouvelle profondeur au débat sur la représentation politique féminine. La question n’est plus uniquement de savoir combien de femmes entreront au prochain gouvernement. Elle porte également sur le niveau de responsabilité auquel elles pourront accéder.

Du Parlement aux lieux de décision, le prochain test

Les législatives de 2026 ont donc fait progresser la représentation féminine sans effacer les déséquilibres qui la caractérisent. Avec 107 députées et surtout 17 femmes victorieuses dans les circonscriptions locales, contre six cinq ans auparavant, un nouveau palier a été franchi. Mais 90 des 107 députées restent issues des circonscriptions régionales réservées aux femmes et celles-ci n’ont remporté que 17 des 305 sièges locaux. Le plafond de verre s’est donc fissuré sans disparaître.

La prochaine séquence politique fournira un autre indicateur. La composition du futur gouvernement permettra de mesurer si la progression constatée dans les urnes s’accompagne également d’un élargissement de la présence féminine au sein de l’Exécutif, tant en nombre qu’en responsabilités. Après avoir gagné du terrain au Parlement, le prochain défi pour les femmes sera donc moins celui de la visibilité que celui de l’accès effectif et durable aux différents niveaux du pouvoir politique.
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