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Dimanche 11 Octobre 2026
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Elections 2026 : entre exigences partisanes et impératifs de cohésion, le jeu d’équilibriste d’El Mansouri

Alors que les consultations pour la formation du prochain gouvernement se poursuivent, la configuration de la future majorité demeure entourée d’un épais brouillard d’incertitudes, deux semaines après la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement. À mesure que les consultations avancent, une évidence s’impose : la difficulté ne réside plus uniquement dans le choix des partenaires, mais aussi dans leur capacité à s’accorder sur une architecture gouvernementale et un programme commun. Pour Fatima Ezzahra El Mansouri, le défi consiste désormais à concilier ces exigences avec les ambitions de ses partenaires potentiels, tout en constituant une équipe capable de répondre aux attentes sociales et économiques. Car une majorité ne se résume pas à une simple addition de sièges. Entre exigences programmatiques, ambitions ministérielles et recherche d’équilibres, les négociations pourraient encore réserver des surprises. La piste d’une coalition PAM-Koutla se précise, mais tant que les derniers arbitrages n’auront pas été rendus, rien n’est définitivement joué.

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Les tractations pour la formation du prochain gouvernement entrent visiblement dans leur phase décisive, mais s’agissant des contours de la future majorité, c’est toujours mystère et boule de gomme. Après plusieurs rounds de consultations avec les formations politiques, la Cheffe du gouvernement désignée, Fatima Ezzahra El Mansouri, doit désormais transformer les intentions de participation en engagements politiques concrets. Une mission qui s’avère d’autant plus complexe que les partis pressentis pour rejoindre l’Exécutif entendent chacun peser dans sa composition et son programme. Au-delà des rapprochements envisagés et autres affinités, les négociations portent désormais sur les équilibres internes de la coalition, la répartition des responsabilités, des portefeuilles et les priorités de l’action gouvernementale.

L’USFP dit oui, l’Istiqlal poursuit les négociations

Dans ce contexte marqué par l’attentisme et l’incertitude, une première clarification est intervenue samedi dernier. Réuni à Rabat, le conseil national de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) a approuvé le principe d’une participation au prochain gouvernement, donnant mandat à son premier secrétaire, Driss Lachgar, pour en négocier les modalités. Après cinq années dans l’opposition, le parti de la Rose affiche ainsi sa volonté de retrouver les responsabilités gouvernementales. Cette décision constitue une avancée dans les consultations, sans pour autant préjuger de leur issue. L’USFP entend notamment faire valoir ses engagements électoraux et obtenir des garanties sur leur traduction dans le futur programme gouvernemental.

Du côté de l’Istiqlal, les discussions se poursuivent également. Son secrétaire général, Nizar Baraka, a été habilité par les instances du parti à négocier une éventuelle participation. Mais au-delà de la disponibilité à rejoindre la majorité, les arbitrages sur le programme et les responsabilités gouvernementales restent déterminants. Autant de questions susceptibles de prolonger les négociations.

Une nouvelle Koutla autour du PAM : une équation encore fragile

Partant de là, l’hypothèse d’une coalition associant le PAM à l’Istiqlal, à l’USFP et au PPS apparaît comme l’une des principales pistes envisagées. Avec 207 sièges à la Chambre des représentants, cette configuration dépasserait de neuf sièges seulement le seuil de la majorité absolue, fixé à 198 députés. Une assise parlementaire qui imposerait une forte discipline entre partenaires. Hassan Benaddi, premier secrétaire général du PAM, invité lundi 5 octobre de l’émission «L’Info en Face» voit d’un bon œil cette combinaison. Favorable à un rapprochement avec les formations historiques de la Koutla, l’ancien dirigeant se montre en revanche plus réservé à l’égard du RNI. Pour lui, l’enjeu dépasse la seule composition de la majorité. Évoquant les responsabilités qui attendent désormais Mme El Mansouri, il souligne : «Ce n’est qu’une partie du chemin qui est parcourue. Il faut faire le reste du chemin.»

Sa lecture rejoint celle développée par Mohammed Abdi, expert en politiques publiques, invité de la même émission mercredi 7 octobre. Défendant lui aussi une coalition réunissant le PAM et les trois partis historiques de la Koutla, il estime qu’une telle alliance pourrait permettre de renouveler le projet politique de la majorité. Avec cette formule, «on a la possibilité et la capacité de construire un récit», a-t-il souligné. Mais cette perspective suppose également de dépasser les rivalités partisanes, notamment celles ayant marqué les relations entre l’USFP et le PPS. Évoquant les rapports entre Driss Lachgar et Nabil Benabdallah, Mohammed Abdi estime que les deux dirigeants auraient, dans cette configuration, «l’obligation de s’entendre».

Le PPS, le RNI et le MP : des inconnues qui persistent

Si la piste d’une coalition élargie aux anciennes composantes de la Koutla semble se préciser, elle reste suspendue à plusieurs décisions. Le PPS, dont le comité central a mandaté le bureau politique pour poursuivre les consultations, n’a pas encore formellement acté son entrée au gouvernement. Sa participation demeure donc un élément essentiel de l’équation.

Le sort du Rassemblement national des indépendants constitue une autre interrogation. Malgré son recul électoral, le parti, qui dispose de 66 députés, a exprimé sa disponibilité à rejoindre le prochain Exécutif. Mais cette volonté ne garantit pas sa reconduction dans la majorité. Le RNI pourrait ainsi se retrouver dans l’opposition non par choix initial, mais par défaut de coalition. Le Mouvement populaire reste également dans l’attente de l’issue des discussions. Son secrétaire général, Mohamed Ouzzine, a été habilité à négocier une éventuelle participation, même si les scénarios actuellement évoqués semblent privilégier d’autres configurations.

Au-delà des alliances, l’épreuve des arbitrages

À mesure que les consultations avancent, une évidence néanmoins s’impose : la difficulté ne réside plus uniquement dans le choix des partenaires, mais dans leur capacité à s’accorder sur une architecture gouvernementale et un programme commun. Mohammed Abdi a d’ailleurs plaidé pour un Exécutif resserré de «20, maximum 25 personnes», organisé autour de grands pôles de compétences, plutôt que d’une multiplication des portefeuilles destinés à satisfaire les appareils partisans. Une approche qu’il résume par une formule : «Une action, un responsable, un calendrier».

Pour Fatima Ezzahra El Mansouri, le défi consiste désormais à concilier ces exigences avec les ambitions de ses partenaires potentiels, tout en constituant une équipe capable de répondre aux attentes sociales et économiques. Car si les rapprochements politiques semblent s’accélérer, la formation d’une majorité ne se résume pas à une addition de sièges. Entre exigences programmatiques, ambitions ministérielles et recherche d’équilibres, les négociations pourraient encore réserver des surprises. La piste d’une coalition PAM-Koutla se renforce, mais tant que les derniers arbitrages n’auront pas été rendus, rien n’est définitivement joué.

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