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Lundi 13 Juillet 2026
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Élections 2026 : l'Istiqlal veut reconquérir la jeunesse pour refonder son contrat politique

Entre la jeunesse et la politique, la balance s’est déséquilibrée. L’Istiqlal veut en corriger le mouvement avant les prochaines échéances électorales. Au 14ᵉ congrès de la Jeunesse istiqlalienne, Nizar Baraka, secrétaire général du parti, a rappelé les deux points d’appui de cette ambition : une enquête menée auprès de plus de 15.000 jeunes et une charte élaborée à partir de leurs attentes. Pour le Parti de la Balance, le retour à l’équilibre passe désormais par l’écoute, la participation et l’accès aux responsabilités.

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Un congrès de la jeunesse ne vaut pas seulement par le renouvellement de ses instances. Il dit aussi la manière dont un parti prépare sa relève, organise la transmission et mesure la place qu’il accorde aux nouvelles générations. Réuni sous le thème « L’autonomisation maintenant, vers un nouveau contrat social», le 14ᵉ congrès de la Jeunesse istiqlalienne a ainsi servi de cadre à une réflexion plus large sur le rôle de la Jeunesse istiqlalienne, ses acquis, ses limites et les formes d’action qu’elle devra adopter. Devant les congressistes, Nizar Baraka a appelé l’organisation à regarder lucidement son parcours et à se donner les moyens d’agir dans une société en pleine transformation.

Un lien politique distendu

Entre les jeunes et les partis politiques, le lien s’est progressivement distendu. L’Istiqlal assure en avoir pris la mesure à travers une enquête nationale lancée le 11 janvier 2025, à laquelle ont participé plus de 15.000 jeunes, complétée par des déplacements dans de nombreuses communes urbaines et rurales à travers le Royaume. De cette consultation ressort une jeunesse partagée. Une partie conserve sa confiance dans le pays, tandis qu’une autre regarde l’avenir avec inquiétude. «Nous ne voulons pas d’une jeunesse qui reste spectatrice de ce qui se passe autour d’elle. Nous voulons une jeunesse consciente de sa responsabilité envers la patrie, convaincue qu’elle peut changer les réalités qu’elle vit dans son pays», a déclaré Nizar Baraka. Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal a également rappelé que les jeunes constituaient «l’avant-garde» et le principal vivier humain de la formation. En évoquant l’héritage de feu Allal El Fassi, il a réaffirmé que l’avenir du pays se construisait avec sa jeunesse.

De la consultation à l’engagement politique

De cette consultation, l’Istiqlal tire une feuille de route. Élaborée à partir des échanges menés avec les jeunes, la charte qu’il défend rassemble plusieurs priorités : l’accès à l’emploi, à la santé, à l’éducation et à la formation, la réduction des inégalités territoriales, le développement des compétences numériques et liées à l’intelligence artificielle, le soutien aux initiatives portées par les jeunes ainsi qu’une participation plus large à la décision publique.

Au-delà de ces engagements, Nizar Baraka y voit une manière de répondre aux attentes exprimées par cette génération. «Les jeunes marocains ne manquent ni de compétence, ni de patriotisme, ni d’ambition. Ce dont ils ont besoin, ce sont de véritables opportunités pour exprimer leurs capacités et participer pleinement à la vie publique», a-t-il affirmé. Cette idée traverse le reste de son intervention. Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal est revenu à plusieurs reprises sur la nécessité de réhabiliter l’engagement politique des jeunes. Il a mis en garde contre les appels au boycott, la défiance et les discours de découragement, qu’il considère comme une impasse.

«L’action politique et institutionnelle est la seule voie pour produire le changement», a-t-il soutenu, appelant les jeunes à investir les partis, les institutions et les espaces de décision publique. À ses yeux, cette ambition dépasse la seule question de la participation. Le véritable investissement, a-t-il insisté, ne se limite pas aux infrastructures et aux grands projets ; il repose aussi sur le capital humain et sur la capacité du pays à offrir à sa jeunesse les conditions d'un engagement durable.

Une offre politique qui dépasse la seule question de la jeunesse

Le propos de Nizar Baraka s’élargit ensuite au-delà de la seule question de la jeunesse. Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal revient ainsi sur les cinq engagements adoptés par le conseil national : la protection de la famille et des valeurs marocaines, la défense du pouvoir d’achat, la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts, le renforcement des services publics et la consolidation de la souveraineté nationale.

Le pouvoir d’achat occupe une place centrale dans ce développement. M. Baraka appelle à poursuivre les mesures engagées et propose la création d’organisations régionales consacrées aux produits de première nécessité. Leur rôle serait de réduire l’écart entre les prix à la production et ceux payés par les consommateurs, de mieux rémunérer les agriculteurs et de limiter le poids des intermédiaires. À cette préoccupation économique s’ajoute celle de la confiance. Le secrétaire général de l’Istiqlal plaide pour une lutte ferme contre la corruption, les conflits d’intérêts, les monopoles et les privilèges indus. À ses yeux, le mérite doit redevenir un principe de référence, tandis que les pratiques contraires à une concurrence loyale doivent être écartées.

Les services publics constituent un autre versant de cette offre. Nizar Baraka rappelle que plus de 80% des enfants marocains sont scolarisés dans les établissements publics. L’amélioration de l’école devient ainsi une condition directe de l’égalité des chances. La même exigence vaut pour l’hôpital public, qu’il appelle à renforcer afin de garantir un accès plus équitable aux soins. Évoquant la question du Sahara marocain, Nizar Baraka réaffirme que «la seule solution» repose sur l’autonomie sous souveraineté marocaine. La souveraineté est revenue d’ailleurs comme un leitmotiv dans ses propos. Selon lui, cette notion s’étend aux domaines alimentaire, industriel, énergétique, technologique et sanitaire.

Mansour Lambarki prend la relève

Sur le plan organisationnel, le congrès a porté Mansour Lambarki à la tête de la Jeunesse istiqlalienne. Élu à l’unanimité au poste de premier secrétaire, il succède à Othmane Tarmounia, désormais membre du comité exécutif du parti. Cette passation ouvre une nouvelle étape pour l’organisation, appelée à prolonger le travail engagé auprès des jeunes et à porter leur voix dans les prochaines rendez-vous politiques.
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