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Les avocats du Maroc en grève ce mardi pour protester contre le projet de loi sur la profession

Les relations entre les avocats et le ministère de la Justice connaissent une nouvelle phase de tension. L’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a annoncé une grève nationale générale pour ce mardi 6 janvier, marquée par l’arrêt des prestations professionnelles dans les différentes juridictions du Royaume. Cette mobilisation intervient dans un contexte de divergences profondes autour du projet de loi relatif à la profession d’avocat, que l’ABAM juge attentatoire à son indépendance, déplorant qu’il ait été élaboré sans réelle concertation avec ses représentants.

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La tension monte d’un cran entre les avocats et le gouvernement. L’Association des barreaux du Maroc a annoncé une grève nationale générale pour ce mardi 6 janvier 2026, marquée par l’arrêt total des services professionnels dans l’ensemble des juridictions du Royaume. Cette décision radicale traduit le rejet ferme et sans équivoque par la profession du projet de loi encadrant la profession d’avocat, tel qu'il est proposé par l’Exécutif.

Dans un communiqué publié samedi 3 janvier 2025, à l’issue de la réunion de son bureau tenue vendredi à Marrakech, l’Association explique que cette décision constitue une réponse directe au «mépris total» dont aurait fait preuve le ministère de la Justice à l’égard des observations et propositions formulées par les avocats lors des précédentes séances de dialogue. Les avocats dénoncent ainsi un abandon de la méthodologie participative initialement convenue, regrettant ce qu’ils considèrent comme un véritable retour en arrière dans la gestion de ce dossier sensible.

Rejet total du projet de loi sur la profession d’avocat

L’Association des barreaux du Maroc affirme par ailleurs son refus absolu de la version finale du projet de loi soumise par le gouvernement. Selon elle, le texte comporte des dispositions jugées dangereuses, car portant une atteinte grave à l’indépendance de la profession d’avocat et à ses principes fondamentaux. Face à cette situation, l’instance appelle le gouvernement à retirer immédiatement le projet en attendant qu’un nouvel accord soit trouvé avec la représentation professionnelle des avocats.

Dans son communiqué, l’Association insiste en outre sur la nature particulière de la profession, rappelant qu’elle ne saurait être assimilée à une simple fonction administrative. Les avocats soulignent qu’il s’agit avant tout d’une mission humaine et juridique à portée universelle, étroitement liée à la protection des droits et libertés. Ils estiment qu’aucune loi ne peut garantir le droit à une défense équitable si elle ne préserve pas la dignité et l’indépendance de l’avocat, rappelant que ce droit constitue l’un des fondements essentiels de l’État de droit.

Le ministère de la Justice «responsable du blocage»

Sur un ton ferme, le bureau de l’Association impute ainsi dans son communiqué au ministère de la Justice l’entière responsabilité de la crise actuelle, qualifiant le déroulement du dialogue de «non responsable». Il critique également l’intervention de parties non concernées par le processus législatif, sans les nommer, dans l’élaboration du rapport relatif au projet de loi, les appelant à respecter strictement les limites de leurs attributions légales.

En conclusion, l’Association des barreaux du Maroc appelle l’ensemble des avocates et avocats à travers le Royaume à une mobilisation générale et à une participation active au programme de lutte décidé par la profession. Elle annonce par ailleurs la tenue, dans les prochains jours, d’une conférence de presse destinée à informer l’opinion publique des tenants et aboutissants de cette grève et des points de discorde persistants avec le ministère de tutelle.
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