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Mercredi 08 Avril 2026
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Hausse des prix : l’UMT appelle le gouvernement à activer le levier fiscal

Alors que la hausse persistante des prix continue d’éroder le pouvoir d’achat des ménages, l’Union marocaine du travail est montée au créneau, pressant le gouvernement de réagir rapidement, en mettant sur la table plusieurs mesures, dont une loi de Finances rectificative, un allègement de la fiscalité sur les produits de première nécessité et un encadrement des prix des carburants, afin d’atténuer les effets de la vie chère.

Miloudi Moukharik.
Miloudi Moukharik.
Dans un contexte marqué par une hausse soutenue des prix et une pression croissante sur le pouvoir d’achat, l’Union marocaine du travail (UMT) hausse le ton. La centrale syndicale appelle à des mesures urgentes pour contenir la cherté de la vie et soulager les ménages, notamment à travers une révision de la politique fiscale et un encadrement plus strict des marchés. Réunie mardi à Casablanca sous la présidence de son secrétaire général, Miloudi Moukharik, l’UMT a détaillé, dans un communiqué, une série de propositions qu’elle juge nécessaires pour faire face à la conjoncture actuelle.

Fiscalité et carburants au cœur des revendications

Parmi les principales mesures avancées figure l’adoption d’une loi de Finances rectificative, accompagnée d’une suppression partielle et progressive de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les produits et services essentiels. Le syndicat plaide également pour une réduction de la taxe intérieure de consommation (TIC), estimant qu’elle alimente la hausse des prix. La question des carburants occupe également une place centrale dans les revendications. L’UMT appelle à l’activation d’un mécanisme de plafonnement des prix et à la fixation de marges bénéficiaires maximales. Elle insiste par ailleurs sur la nécessité de lutter contre les pratiques spéculatives, en renforçant les sanctions à l’encontre des intermédiaires et en mobilisant davantage le Conseil de la concurrence.

Un appel à plus de justice sociale

Au-delà des mesures conjoncturelles, la centrale syndicale propose l’instauration d’un impôt progressif sur la fortune, dans une logique de solidarité nationale. Elle estime que ce levier pourrait contribuer à atténuer les effets des difficultés économiques actuelles. Dans le même temps, l’UMT exprime son mécontentement face aux justifications avancées par le gouvernement, notamment celles liées aux fluctuations internationales et à la crise énergétique. Elle considère que ces facteurs ne sauraient, à eux seuls, expliquer la dégradation du pouvoir d’achat.

Dialogue social et pouvoir d’achat en ligne de mire

Le syndicat revient également sur la question du dialogue social, dont la reprise est annoncée pour avril après plusieurs mois d’interruption. Il appelle à des discussions «sérieuses et productives», capables d’aboutir à des mesures concrètes. Parmi les attentes figurent une augmentation générale des salaires dans les secteurs public et privé, ainsi qu’une revalorisation des pensions de retraite, avec l’instauration d’un minimum équivalent au salaire minimum. L’UMT demande également une hausse du SMIG et du SMAG, ainsi que la poursuite des allègements fiscaux sur les revenus. Elle insiste en outre sur la nécessité de respecter les engagements antérieurs, de dynamiser les dialogues sectoriels et de répondre aux revendications des différentes catégories professionnelles, notamment les cadres.

Sur un autre registre, l’UMT appelle à la suspension de la loi organique relative au droit de grève, en vue de sa révision à travers un dialogue approfondi. Elle met également en avant les conditions de travail dans certains secteurs, notamment celui de la sous-traitance, où elle dénonce des «situations d’exploitation». La centrale syndicale pointe par ailleurs des atteintes aux libertés syndicales, évoquant notamment des entraves à l’action syndicale et des licenciements qu’elle juge abusifs.

Une pression sociale appelée à se maintenir

À travers cette série de revendications, l’UMT s’inscrit dans un climat social marqué par des attentes croissantes en matière de pouvoir d’achat et de justice sociale. Si le gouvernement met en avant les contraintes liées à l’environnement économique international, les organisations syndicales, elles, plaident pour des réponses nationales plus volontaristes. La reprise du dialogue social en avril pourrait ainsi constituer un test important pour mesurer la capacité des différentes parties à converger vers des solutions concrètes, dans un contexte où les équilibres économiques et sociaux demeurent particulièrement sensibles.
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