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Mardi 28 Mai 2024
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Nabila Mounib : la femme marocaine a besoin de l’Etat social plus que de la réforme de la Moudawana

Un gouvernement doit travailler à éradiquer l’analphabétisme et à trouver du travail pour les femmes et les hommes aussi. Et un gouvernement doit faire tout pour évoluer vers ce qu’il a annoncé. C’est l’avis de l’ancienne secrétaire générale du Parti socialiste unifié, Nabila Mounib, qui estime que les femmes ont besoin de plus que de la réforme de la Moudawana, bien que cette réforme soit importante.

Nabila Mounib
Nabila Mounib
Lorsqu’il s’agit d’aborder la question de la condition féminine, Nabila Mounib est convaincue qu’il y a tout un tas de dossiers à traiter, et pas seulement la Moudawana, dont la réforme reste importante. «Un gouvernement doit travailler à éradiquer l’analphabétisme et à trouver du travail aussi bien pour les femmes que les hommes. Et un gouvernement doit faire tout pour évoluer vers ce qu’il a annoncé. Le gouvernement a déclaré qu’il allait mettre en place l’État social. Où est-ce qu’il est cet État social ?» a-t-elle dit.

Aux yeux de cette ancienne secrétaire générale du PSU, «la femme a besoin de plus que de la réforme de la Moudawana, encore que nous voulions bien cette réforme». Aujourd’hui, souligne-t-elle, «il y a une très forte déperdition scolaire. L’analphabétisme des femmes avoisine les 47%. Le taux d’emploi des femmes est inférieur à 20%. Elles sont 8 sur 10, entre 15 et 75 ans, à avoir été victimes de violence». Donc «il y a une problématique plurielle à laquelle il faut s’attaquer et aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’il y a ce chantier (de la réforme du Code de la famille) qui a été initié par le Souverain, qu’on va s’y tenir seulement», a affirmé Mme Mounib.

«Avec un mineur, il n’y a jamais de consentement»

Sur la question du mariage des mineurs, Nabila Mounib trouve qu’il faut aller vers l’interdiction définitive. Et quand on lui demande s’il faut autoriser les relations hors mariage impliquant des mineurs, l’ancienne SG du PSU soutient qu’il faut les interdire, parce qu’il y a des adultes qui abusent des mineurs, ce qui constitue un crime de pédophilie, qui est puni par la loi, et qu’il faut interdire ces relations, même entre mineurs, parce qu’avec un mineur, on ne peut pas parler de consentement.



«Les relations sexuelles entre mineurs doivent être punies. D’ailleurs, les relations sexuelles, ce n’est pas ce qu’on enseigne aujourd’hui dans les écoles en Occident à des enfants de trois ans. Je pense que ce sont des sociétés dépravées et que ce n’est pas comme ça que ça marche», dit-elle. Pour Mme Mounib, «il faut protéger les enfants, leur donner la possibilité d’avoir une vie cohérente et respectable en les encourageant à aller à l’école, à suivre une formation, etc.». Tout doit être encadré, insiste-t-elle, «car même les psychologues vous disent que s’il n’y a pas de lignes rouges, il n’y a rien».

«Le politique doit rimer avec l’éthique»

Loin de la Moudawana, et sur la question de l’éthique en politique, notamment à la lumière des récentes affaires impliquant des hommes politiques ou des partis politiques pour leur gestion des deniers publics, Nabila Mounib répond que la politique doit rimer avec l’éthique et l’intérêt général. Malheureusement, remarque-t-elle, «le dicton selon lequel faire de la politique, c’est servir et non se servir, s’est transformé en son contraire, en ce sens que certains pensent que faire de la politique, c’est d’abord se servir et utiliser les institutions de l’État pour accumuler des richesses, tant que l’impunité est la règle».

Et l’ancienne SG de se demander si l’État a tout mis en œuvre, pas seulement en modifiant la loi sur les partis politiques ou le Code électoral, pour aller dans le sens de cette éthique. «Quand vous donnez des subventions aux syndicats et que vous leur dites que la Cour des comptes ne va pas examiner vos comptes, qu’est-ce que cela veut dire ? Quand vous donnez 5 millions de dirhams à un parti politique pour faire de la recherche, alors que cette recherche scientifique doit se faire dans les universités qui sont privées de cet argent, comment l’expliquez-vous ?», s’interroge-t-elle, estimant ensuite que cela revient à parler de «rente pure et dure».
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