Les engagements du PAM repris au chiffre près
Le volet jeunesse est le plus fidèle au texte du PAM. Le diagnostic du programme gouvernemental, 2,9 millions de jeunes de 15 à 29 ans hors emploi, formation et scolarité, 29,2% de chômage chez les 15-24 ans, 300.000 élèves quittant l'école chaque année sans qualification, est, aux trois chiffres près, celui de la page 11 du programme du PAM. Les 100.000 premières expériences professionnelles par an correspondent aux 500.000 «premiers contrats de travail» promis sur cinq ans ; l'apprentissage porté à 150.000 ou 200.000 bénéficiaires, les 60.000 entreprises accompagnées, la mobilité légale par accords avec les pays en manque de main-d'œuvre et le «passeport de mobilité professionnelle» sont les mesures de sa page 16, dans leurs termes. Même l'objectif de 52% de renouvelables en 2030 est celui du PAM, le moins ambitieux des trois chiffres en présence, l'USFP visant plus de 60% et le PPS 55%.
Le cadrage de l'USFP, la rente de l'Istiqlal, la veuve du PPS
L'Istiqlal a obtenu le vocabulaire et les instruments de la lutte contre la rente. La deuxième priorité du programme, «combattre la corruption et la rente et moraliser la vie publique», reprend presque mot pour mot l'intitulé du deuxième axe de son programme, «combattre la corruption, la rente et les conflits d'intérêts». La criminalisation de l'enrichissement illicite, la sanction des conflits d'intérêts en application de l'article 36 de la Constitution et le renforcement de la déclaration de patrimoine figuraient chez l'Istiqlal, l'USFP et le PPS. Le quota de 30% de la commande publique réservé par la loi aux PME est le taux de l'Istiqlal, qui le limitait aux grands chantiers ; le PAM proposait 15%, l'USFP 20%, le PPS 5 à 10% par segment. La loi sur l'urbanisme rural, avec des documents simplifiés couvrant les douars et la régularisation des constructions existantes, la base industrielle de défense et la flotte marchande nationale viennent aussi de son programme.
Le PPS a obtenu moins, mais des mesures identifiables. La pension de veuve portée de 50 à 100% de la pension du conjoint décédé répond à sa proposition de supprimer l'abattement de moitié sur les pensions de réversion, que le parti réservait aux faibles revenus et que le programme étend à toutes. L'objectif de dessalement, 1,8 milliard de mètres cubes en 2031, est à 100 millions près celui du PPS. Le PPS était d'ailleurs le seul des quatre à avoir écrit, dans son programme, qu'il aborderait «toute participation à une majorité gouvernementale» sur la base de ce texte.
Le million d'emplois et l'impôt sur la fortune ont disparu
La fiscalité du capital, seule vraie ligne de fracture entre les quatre programmes, est absente elle aussi. Ni l'impôt de solidarité sur la fortune du PPS, à taux de 0,3 à 0,5%, ni l'impôt progressif sur les grandes fortunes de l'USFP, ni l'impôt sur les sociétés à 40% sur les rentes voulu par l'Istiqlal et le PPS, ni le barème d'IR à trois tranches et 20% maximum du PAM ne figurent dans le programme. Celui-ci annonce une «réforme progressive de l'impôt sur le revenu pour relever le revenu net des salariés», sans barème, et compte sur «l'élargissement de l'assiette» pour tenir le déficit à 3%. Les effectifs de santé chiffrés par chacun des partis, 4,5 professionnels pour 1.000 habitants chez l'USFP, 15.000 médecins supplémentaires chez le PPS, 1.600 centres et 90 hôpitaux chez le PAM, ont connu le même sort : le programme traite la santé en termes d'organisation, parcours de soins, urgences, aide médicale urgente, système d'information unifié, sans un seul effectif.
Les chiffres que personne n'avait promis
Ce dernier bloc dit quelque chose de la tonalité du programme. Le PAM avait fait campagne sur un «changement de cap». Le texte du 19 octobre propose de «consolider les acquis» de la protection sociale, de la réforme de la santé et de l'éducation, de l'investissement, du soutien au logement, de l'eau et de l'énergie, et de ne corriger que les ratés. Les sept priorités seront soumises au vote de confiance de la Chambre des représentants, que la Cheffe du gouvernement a sollicité en conclusion de son discours, en tendant la main «à la majorité et à l'opposition».
