Les dérèglements climatiques affectent les territoires et les populations de manière différenciée. Dans les zones rurales, les femmes figurent parmi les plus exposées aux sécheresses, aux vagues de chaleur et aux catastrophes naturelles, notamment en raison de leur implication dans les activités agricoles et la gestion des ressources naturelles. Ces bouleversements pèsent directement sur leurs conditions de vie, leurs activités et les ressources dont dépendent leurs moyens de subsistance.
C’est à partir de ces réalités que s’est construit le projet «Tawazoun», consacré à la justice climatique et aux droits des femmes au Maroc. Portée par le Forum de la parité et de l’égalité, avec l’appui de la Fondation Friedrich Ebert, cette initiative, engagée en 2025 et poursuivie en 2026, a tenu du 30 octobre au premier novembre sa huitième session régionale à Casablanca-Settat. Elle réunit des femmes aux profils et aux responsabilités divers autour des enjeux climatiques propres à leurs territoires, avec l’ambition de mieux faire reconnaître leur expérience et leur contribution aux réponses à construire.
C’est précisément sur ce terrain que le projet «Tawazoun» entend agir. Le renforcement des capacités ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances sur les phénomènes climatiques. Il vise aussi à permettre aux femmes d’en comprendre les mécanismes, d’en mesurer les répercussions sur leurs droits et de mieux appréhender les enjeux auxquels leurs territoires sont confrontés. Cette appropriation des connaissances constitue un préalable à leur implication dans les réponses, mais elle ne saurait en être l’aboutissement.
Encore faut-il que cette compréhension puisse se traduire en capacité d’influence. Charafat Afailal insiste sur la nécessité de renforcer le rôle des femmes «en matière de plaidoyer, de lobbying et de force de proposition». Il s’agit de leur permettre de porter leurs préoccupations auprès des décideurs et de contribuer à l’orientation des politiques climatiques. Cette démarche doit notamment favoriser l’intégration de «l’aspect genre [...] dans les politiques de prévention et de gestion des urgences climatiques». La question dépasse ainsi la protection des femmes face aux risques : elle porte sur leur place dans la conception des dispositifs qui organisent la prévention, la gestion des crises et la défense de leurs droits.
Le choix de ces profils répond à une orientation précise : faire évoluer la place des femmes dans la réponse aux bouleversements climatiques. «L’objectif est qu’elles ne soient pas seulement des victimes, mais qu’elles deviennent des actrices du changement», souligne Fatima Zahra Barassat. Leur connaissance des réalités locales, des contraintes auxquelles leurs communautés sont confrontées et des besoins qui en découlent constitue, à cet égard, un apport précieux pour élaborer des réponses adaptées. Encore faut-il leur donner les moyens de transformer cette expérience en capacité d’action.
C’est précisément la fonction assignée à la formation. Au-delà de l’acquisition de connaissances sur les phénomènes climatiques, elle doit aider les participantes à en comprendre les conséquences sur leurs territoires, à identifier les difficultés rencontrées et à mieux connaître les leviers d’intervention auprès des acteurs concernés. Il s’agit ainsi de rapprocher les connaissances acquises des réalités du terrain et de faire de l’expérience locale un point d’appui pour la construction d’initiatives
adaptées.
Cette ouverture des processus de décision aux femmes relève autant de l’équité que de l’efficacité de l’action publique. «L’exclusion des femmes de l’action climatique nuit à l’efficacité de cette action», souligne Batirtze Eguiluz Herrera. Plusieurs travaux de recherche établissent d’ailleurs un lien entre leadership féminin et politiques environnementales. Les pays comptant une majorité de femmes au Parlement seraient notamment davantage susceptibles de ratifier des traités environnementaux internationaux et d’adopter des politiques climatiques plus fermes.
Cette capacité à contribuer aux politiques climatiques passe également par la reconnaissance des connaissances acquises au contact des territoires. Les consultations exploratoires conduites par la Fondation Friedrich Ebert auprès d’organisations engagées dans les questions climatiques ont fait ressortir un double besoin : renforcer les capacités des communautés locales, particulièrement celles des femmes rurales, et mieux intégrer leurs savoirs ainsi que la perspective de genre dans les stratégies climatiques. La qualité des réponses dépend aussi de cette prise en compte des réalités locales. «Sans vous, aucune politique ne peut marcher, aucune politique ne peut réussir», rappelle Batirtze Eguiluz Herrera aux participantes. Une déclaration qui souligne la nécessité de ne pas dissocier les politiques climatiques des populations directement concernées par leur mise en œuvre.
L’identification des risques locaux et l’analyse de leurs conséquences permettent ainsi de partir des situations vécues pour mieux cerner les difficultés auxquelles les communautés sont confrontées. En confrontant leurs expériences, les participantes peuvent enrichir leur compréhension des phénomènes climatiques et faire émerger des pistes de réponse tenant compte des particularités de chaque territoire. Leurs savoirs ne viennent donc pas simplement compléter les connaissances théoriques : ils participent à la construction des solutions. Cette démarche vise à donner une portée concrète aux apprentissages. Le partage des expériences et la réflexion collective doivent aider les participantes à préciser leurs propositions et à les porter auprès des institutions et des collectivités territoriales. La formation devient ainsi un espace de mise en commun des connaissances, mais aussi de préparation à l’action. Prévue sur trois jours, cette huitième session régionale traduit cette volonté de rapprocher la formation des réalités du terrain. À travers «Tawazoun», le Forum de la parité et de l’égalité et la Fondation Friedrich Ebert cherchent à articuler acquisition des connaissances, valorisation des savoirs locaux et plaidoyer. La portée de cette démarche dépendra aussi de la capacité des femmes à prolonger les acquis de la formation dans leurs territoires et à prendre part aux décisions qui engagent leur avenir.
C’est à partir de ces réalités que s’est construit le projet «Tawazoun», consacré à la justice climatique et aux droits des femmes au Maroc. Portée par le Forum de la parité et de l’égalité, avec l’appui de la Fondation Friedrich Ebert, cette initiative, engagée en 2025 et poursuivie en 2026, a tenu du 30 octobre au premier novembre sa huitième session régionale à Casablanca-Settat. Elle réunit des femmes aux profils et aux responsabilités divers autour des enjeux climatiques propres à leurs territoires, avec l’ambition de mieux faire reconnaître leur expérience et leur contribution aux réponses à construire.
La justice climatique, une question de droits et d’égalité
Pour Charafat Afailal, présidente du Forum de la parité et de l’égalité, la justice climatique ne peut être dissociée des inégalités qui déterminent la manière dont les femmes et les hommes affrontent les bouleversements environnementaux. Les femmes sont davantage touchées par les aléas climatiques, en particulier les situations d’urgence, sans disposer toujours des outils, des mécanismes et de l’information nécessaires pour y faire face. Une situation qui donne à la question climatique une dimension sociale et juridique : celle de la capacité des femmes à connaître les risques auxquels elles sont exposées et à préserver leurs droits.C’est précisément sur ce terrain que le projet «Tawazoun» entend agir. Le renforcement des capacités ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances sur les phénomènes climatiques. Il vise aussi à permettre aux femmes d’en comprendre les mécanismes, d’en mesurer les répercussions sur leurs droits et de mieux appréhender les enjeux auxquels leurs territoires sont confrontés. Cette appropriation des connaissances constitue un préalable à leur implication dans les réponses, mais elle ne saurait en être l’aboutissement.
Encore faut-il que cette compréhension puisse se traduire en capacité d’influence. Charafat Afailal insiste sur la nécessité de renforcer le rôle des femmes «en matière de plaidoyer, de lobbying et de force de proposition». Il s’agit de leur permettre de porter leurs préoccupations auprès des décideurs et de contribuer à l’orientation des politiques climatiques. Cette démarche doit notamment favoriser l’intégration de «l’aspect genre [...] dans les politiques de prévention et de gestion des urgences climatiques». La question dépasse ainsi la protection des femmes face aux risques : elle porte sur leur place dans la conception des dispositifs qui organisent la prévention, la gestion des crises et la défense de leurs droits.
Du renforcement des capacités à l’action territoriale
Cette volonté de donner aux femmes une place plus active dans les réponses climatiques trouve une traduction concrète dans le profil des participantes. Fatima Zahra Barassat, membre du bureau exécutif du Forum de la parité et de l’égalité, précise que «Tawazoun» s’adresse à des femmes déjà engagées dans leurs territoires: élues, présidentes de coopératives et actrices associatives. La huitième session régionale s’inscrit dans une démarche déployée dans plusieurs régions du Royaume, qui vise à renforcer leur contribution à la lutte contre les effets des changements climatiques.Le choix de ces profils répond à une orientation précise : faire évoluer la place des femmes dans la réponse aux bouleversements climatiques. «L’objectif est qu’elles ne soient pas seulement des victimes, mais qu’elles deviennent des actrices du changement», souligne Fatima Zahra Barassat. Leur connaissance des réalités locales, des contraintes auxquelles leurs communautés sont confrontées et des besoins qui en découlent constitue, à cet égard, un apport précieux pour élaborer des réponses adaptées. Encore faut-il leur donner les moyens de transformer cette expérience en capacité d’action.
C’est précisément la fonction assignée à la formation. Au-delà de l’acquisition de connaissances sur les phénomènes climatiques, elle doit aider les participantes à en comprendre les conséquences sur leurs territoires, à identifier les difficultés rencontrées et à mieux connaître les leviers d’intervention auprès des acteurs concernés. Il s’agit ainsi de rapprocher les connaissances acquises des réalités du terrain et de faire de l’expérience locale un point d’appui pour la construction d’initiatives
adaptées.
La participation des femmes, une condition de l’efficacité climatique
Cette montée en compétences pose toutefois une question qui dépasse le cadre de la formation : celle de la place des femmes dans la conception et la conduite des politiques climatiques. Pour Batirtze Eguiluz Herrera, coordinatrice de programmes à la Fondation Friedrich Ebert au Maroc, leur implication ne saurait se limiter à des actions de sensibilisation ou à des consultations ponctuelles. Elle doit se traduire par une participation effective à l’élaboration des politiques, des stratégies et des plans d’action en matière de prévention, d’atténuation et de protection, aux niveaux local, régional et central.Cette ouverture des processus de décision aux femmes relève autant de l’équité que de l’efficacité de l’action publique. «L’exclusion des femmes de l’action climatique nuit à l’efficacité de cette action», souligne Batirtze Eguiluz Herrera. Plusieurs travaux de recherche établissent d’ailleurs un lien entre leadership féminin et politiques environnementales. Les pays comptant une majorité de femmes au Parlement seraient notamment davantage susceptibles de ratifier des traités environnementaux internationaux et d’adopter des politiques climatiques plus fermes.
Cette capacité à contribuer aux politiques climatiques passe également par la reconnaissance des connaissances acquises au contact des territoires. Les consultations exploratoires conduites par la Fondation Friedrich Ebert auprès d’organisations engagées dans les questions climatiques ont fait ressortir un double besoin : renforcer les capacités des communautés locales, particulièrement celles des femmes rurales, et mieux intégrer leurs savoirs ainsi que la perspective de genre dans les stratégies climatiques. La qualité des réponses dépend aussi de cette prise en compte des réalités locales. «Sans vous, aucune politique ne peut marcher, aucune politique ne peut réussir», rappelle Batirtze Eguiluz Herrera aux participantes. Une déclaration qui souligne la nécessité de ne pas dissocier les politiques climatiques des populations directement concernées par leur mise en œuvre.
L’intelligence collective pour transformer les savoirs en action
Reste à savoir comment faire dialoguer les connaissances théoriques avec les expériences du terrain. C’est précisément ce que cherche à favoriser la démarche pédagogique présentée par Rajae Chafil, experte internationale en changements climatiques et formatrice. Celle-ci accorde une place centrale à l’intelligence collective et privilégie une approche participative, qui ne se limite pas à la transmission de notions académiques. Les expériences des participantes et leur connaissance des territoires constituent le point de départ d’un travail collectif destiné à faire émerger des réponses adaptées.L’identification des risques locaux et l’analyse de leurs conséquences permettent ainsi de partir des situations vécues pour mieux cerner les difficultés auxquelles les communautés sont confrontées. En confrontant leurs expériences, les participantes peuvent enrichir leur compréhension des phénomènes climatiques et faire émerger des pistes de réponse tenant compte des particularités de chaque territoire. Leurs savoirs ne viennent donc pas simplement compléter les connaissances théoriques : ils participent à la construction des solutions. Cette démarche vise à donner une portée concrète aux apprentissages. Le partage des expériences et la réflexion collective doivent aider les participantes à préciser leurs propositions et à les porter auprès des institutions et des collectivités territoriales. La formation devient ainsi un espace de mise en commun des connaissances, mais aussi de préparation à l’action. Prévue sur trois jours, cette huitième session régionale traduit cette volonté de rapprocher la formation des réalités du terrain. À travers «Tawazoun», le Forum de la parité et de l’égalité et la Fondation Friedrich Ebert cherchent à articuler acquisition des connaissances, valorisation des savoirs locaux et plaidoyer. La portée de cette démarche dépendra aussi de la capacité des femmes à prolonger les acquis de la formation dans leurs territoires et à prendre part aux décisions qui engagent leur avenir.
