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Les étudiants en médecine boycottent les examens, le temps de formation quasi irrécupérable

Les étudiants en médecine persistent et signent. Depuis lundi dernier, ils boycottent les examens de fin de semestre tout en rejetant les solutions proposées par les deux ministères de tutelle pour mettre fin à une crise qui dure depuis des mois. Cette escalade intervient au moment où les doyens des Facultés affichent leurs craintes de ne pas pouvoir rattraper le temps de formation perdu.

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Les étudiants en médecine et en pharmacie ne décolèrent pas. Ils entendent donc poursuivre leur mouvement de protestation. Depuis lundi dernier, ils boycottent les examens marquant la fin du premier semestre. À travers cette démarche, ces étudiants signifient clairement leurs refus des propositions de sortie de crise formulées par les deux ministères de tutelle (Santé et Enseignement supérieur) dans le cadre du communiqué publié jeudi dernier.



«Les étudiants sont décidés à poursuivre leurs protestations jusqu’à satisfaction de leurs revendications. C’est pourquoi ils adhérent totalement au boycott des examens qui se tiennent à la Faculté depuis lundi dernier. Le taux de boycott a atteint les 100%. Hormis les étudiants étrangers et ceux relevant du système militaire, aucun étudiant n’a passé les examens», explique Imane Aït Baamar, étudiante en pharmacie et membre de la Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie au Maroc (CNEM).

On avait pourtant cru que cette crise allait être désamorcée suite la réunion tenue entre les représentants des étudiants et ceux des deux ministères de tutelle et qui a été sanctionnée par la publication d’un communiqué. Pourtant, il n’en est rien. La commission annonce qu’aucun accord n’a été trouvé. La preuve en est l’absence d’un procès-verbal. «Nous avons été invité à cette réunion pour la forme. Les discussions avaient porté seulement sur la question de la durée des études qui semble avoir été déjà tranchée. La réunion a pris fin sans que l’on puisse présenter notre cahier revendicatif», ajoute la même étudiante.

Les étudiants appellent Ait Taleb et Miraoui à un "dialogue sérieux"

La Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie au Maroc (CNEM) appelle donc à la poursuite des grèves jusqu’à l’ouverture d’un «dialogue sérieux» avec les deux ministères. Par là même, elle ne manque pas de critiquer les propositions ministérielles, notamment le lancement de la réforme du troisième cycle qui n'interviendra qu’à partir de l’année 2025. «Ce sera trop tard», estime la commission, qui rappelle que la réforme avait été annoncée en 2015.

Les étudiants en médecine et en pharmacie craignent par ailleurs que même les engagements annoncés dans le cadre des propositions ministérielles ne soient pas respectés par les deux départements de tutelle, en l’absence d’un procès-verbal. «Le ministère de la Santé a annoncé l’unification des statuts juridiques du médecin résident avec une réduction de la période d’engagement de 8 à 3 ans pour la promotion de 2025 et au-delà. Ainsi, chaque résident devra formuler une demande au bout de trois années pour pouvoir continuer à travailler dans le secteur public et là, tout dépendra des postes vacants. En outre, les médecins n’auront plus la qualité de fonctionnaires, mais de cadres sanitaires affiliés aux groupements sanitaires territoriaux (GST). Tous ces changements vont devoir s’opérer sans que l’étudiant en médecine n’ait le droit d’avoir voix au chapitre», déplore Imane Aït Amar.

Aucune solution ne se profile à l’horizon à brève échéance. Le boycott des cours et des examens se poursuit dans les Facultés, d’où la forte inquiétude des doyens quant aux conséquences d’une interruption aussi longue des études sur le respect du calendrier académique, voire sur la formation des étudiants. Dans ce sens, le doyen de la Faculté de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire de Rabat, Brahim Lakhal, a mis en garde dans une déclaration accordée à la presse lundi contre «un retard difficile à rattraper pour le reste de l’année universitaire». «L'accumulation des retards conduira à un décalage auquel il sera difficile de remédier au cours de cette année académique», a-t-il indiqué. Et d’ajouter que le choix de chaque étudiant devrait être respecté.
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