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Les trophées EPIK 100 distinguent cent jeunes talents africains

L’association panafricaine EPIK Leaders a organisé, vendredi à Rabat, la cérémonie de remise de la première édition des trophées «EPIK 100», une initiative dédiée à mettre à l’honneur 100 jeunes futurs leaders africains en reconnaissance de leur parcours, de leur engagement associatif et de leur potentiel d’impact au service du continent. Cette cérémonie, organisée en partenariat avec le think tank RDC Stratégie en marge de la Coupe d’Afrique des nations (Maroc-2025), a eu lieu dans les locaux du Léopard Business Village, en présence notamment d’institutionnels et d’hommes d’affaires marocains et africains. Tout en louant l’initiative, les participants ont rappelé que la reconnaissance du potentiel humain ne saurait suffire en elle-même. Une gouvernance lisible et un investissement inscrit dans la durée sont indispensables pour que les les promesses individuelles se transforment en succès collectif.

C’est dans une perspective de reconnaissance du capital humain africain et de réflexion sur les conditions de son plein déploiement que s’est tenue, le vendredi 16 janvier 2026 à Rabat, la cérémonie de remise des trophées «EPIK 100», dans sa première édition, à l’initiative de l’association panafricaine EPIK Leaders. Organisée en partenariat avec le think tank RDC Stratégie, la rencontre qui a eu lieu au Léopard Business Village, en marge de la Coupe d’Afrique des nations (Maroc-2025), a réuni responsables institutionnels et acteurs économiques marocains et africains autour d’un même dessein : distinguer cent jeunes Africains identifiés comme de jeunes futurs leaders africains appelés à compter dans l’avenir du continent.

Une sélection panafricaine exigeante

L’appel à candidatures «EPIK 100» a suscité une mobilisation significative, réunissant plus de 500 jeunes issus de 34 pays africains, pour un âge moyen de 23 ans. L’ampleur de cette participation témoigne de l’écho rencontré par l’initiative à l’échelle du continent. La sélection des lauréats a été confiée à un jury composé de membres d’EPIK Leaders, chargé d’opérer un choix fondé sur des critères rigoureusement établis. Ont ainsi été pris en considération l’engagement sociétal, la cohérence des parcours académique et personnel, la capacité à s’inscrire dans des dynamiques collectives, ainsi que le potentiel de leadership.

Faire du capital humain un levier assumé

Fondateur d’EPIK Leaders, Nizar Chaari a déclaré que cette initiative n’était pas un geste ponctuel, mais procédait d’une démarche appelée à s’inscrire dans la durée. La première édition des trophées «EPIK 100», a-t-il expliqué, constitue le point de départ d’un rendez-vous annuel destiné à structurer, dans le temps, la reconnaissance des talents africains. À cet égard, il a rappelé que ces distinctions seraient reconduites chaque année afin d’«offrir à 100 jeunes leaders africains une plateforme leur permettant de révéler leur talent, d’explorer les opportunités d’entrepreneuriat et d’investissement en Afrique et de valoriser leurs compétences».

Au-delà de cette ambition opérationnelle, Nizar Chaari a insisté sur la portée symbolique du projet. Il s’agit, selon lui, de déplacer le regard porté sur l’Afrique, trop souvent réduite à ses seules ressources naturelles, pour rappeler avec force que «sa véritable richesse réside dans son capital humain», appelé à devenir le socle des dynamiques de transformation et de développement du continent.

Des trajectoires en devenir, une coopération rendue tangible

Pour Bodom Atungulu, président du think tank RDC Stratégie, les trophées «EPIK 100» donnent à voir des trajectoires encore en gestation, portées par une jeunesse qui s’engage tôt et avec constance dans la construction de son chemin. La diversité des profils distingués en témoigne : de l’éducation à l’entrepreneuriat, de l’innovation sociale à la santé, de l’environnement à l’action sociale, c’est un même mouvement de responsabilité et de projection qui se dessine.

Partant de là, le choix du Léopard Business Village prend tout son sens. Pensé comme un espace économique hybride, où culture, sport et économie se répondent, il incarne, selon ses termes, une «vitrine du génie congolais». Plus qu’un lieu, il s’agit d’un passage : un pont stratégique, et un outil tangible de la coopération Sud-Sud, conçu pour faire dialoguer les dynamiques africaines au-delà des discours.

Stabilité, gouvernance et investissement : une exigence structurante

Invité à intervenir lors de cette rencontre, Aziz Rabbah, ancien ministre de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, a rappelé que toute trajectoire de développement crédible reposait d’abord sur la souveraineté et la stabilité, conditions sans lesquelles aucun investissement durable ne peut s’inscrire. La stabilité civile, sociale et institutionnelle, a-t-il rappelé, ne relève pas d’une dépense conjoncturelle. Elle procède d’un choix stratégique, engageant à la fois la protection des citoyens et la crédibilité de l’État auprès de ses partenaires, en ce qu’elle fonde la confiance et rend l’environnement économique lisible.

Dans cette logique, il s’est adressé aux pays africains dans un esprit de partage d’expériences. Le Maroc, a-t-il précisé, ne se place ni dans une posture prescriptive ni dans une logique de transposition, mais dans une démarche d’accompagnement nourrie par son propre parcours de développement et adossée à une vision stratégique de long terme portée au plus haut niveau de l’État.

Dans un second temps, Aziz Rabbah a attiré l’attention sur l’écart persistant entre les visions affichées et leur mise en œuvre. Si les stratégies projetées à l’horizon 2030, 2040 ou 2060 se multiplient, leur déclinaison en programmes opérationnels, dotés d’outils clairs et de partenaires identifiés, demeure souvent insuffisante. À défaut, a-t-il averti, la vision reste déclarative et peine à produire des effets tangibles. À cet égard, il a insisté sur la sécurité juridique et contractuelle, rappelant que la souveraineté ne se limitait pas à l’énoncé politique. Le respect des engagements, la prévisibilité des règles et l’évolution mesurée des cadres normatifs constituent, selon lui, des conditions nécessaires à l’instauration d’un climat de confiance durable avec les investisseurs.

Formation des ressources humaines Sur le plan économique, il a mis en avant la formation des ressources humaines, le financement, la fiscalité et l’accompagnement de l’investisseur. Il a plaidé pour une administration attentive au parcours de ce dernier, capable d’anticiper ses interrogations et de structurer un accompagnement cohérent, condition essentielle de l’efficacité de l’action publique. Il a également rappelé l’ampleur des investissements engagés par le Maroc, notamment dans les infrastructures, soulignant leur rôle dans l’amélioration de la mobilité, le renforcement de la compétitivité et la consolidation de l’attractivité économique, traduisant une volonté d’inscrire l’investissement dans la durée.

Parmi les orientations qu’il a jugées déterminantes figure enfin la question du contenu local. Aziz Rabbah a défendu une préférence nationale élargie à une préférence africaine, estimant que la valorisation des entreprises et des compétences locales constituait un levier décisif, en particulier dans les projets d’infrastructures.
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