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Mardi 18 Juin 2024
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Libertés individuelles : 60% des Marocains pour un changement des lois (CMC)

Plus de 60% des Marocains estiment que l’arsenal juridique actuel ne suffit pas pour assurer une protection des libertés individuelles dans le Royaume. C’est l’une des principales conclusions d’un sondage réalisé par le Centre marocain pour la citoyenneté (CMC), sur la période allant du 9 au 31 août 2023. Le sondage, portant sur les impressions des Marocains à propos des revendications d’amendement des législations nationales, notamment celles incluses dans le Code pénal et le Code de la famille, démontre que 64% des participants sont en faveur d’un changement des lois régissant les libertés individuelles.

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La majorité des Marocains sont pour un changement des lois en vigueur régissant les libertés individuelles. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par le Centre marocain pour la citoyenneté sur la période allant du 9 au 31 août 2023 et qui a connu la participation de 2.496 personnes de différentes tranches d’âge. Selon les résultats de ce sondage, qui a connu également l’interaction de quelque 3.713 personnes au niveau des réseaux sociaux, 61% des participants pensent que les lois actuelles ne garantissent pas une protection suffisante des libertés individuelles. Ce pourcentage passe à 80% chez les personnes de plus de 60 ans et à 71% chez les femmes, lit-on dans le rapport résumant les résultats de ce sondage.



Au total, c’est 64% des participants qui se sont prononcés en faveur d’un changement des lois marocaines dans le domaine des libertés. Une proportion qui passe à 75% dans les rangs des femmes et 73% chez les Marocains du monde.

Toutefois, seulement 45% des sondés jugent qu’il est nécessaire de renforcer les droits des femmes et assurer l’égalité entre les sexes. Un pourcentage qui grimpe à 71% quand ce sont les femmes qui sont sondées, précise le rapport. Toujours en rapport avec les droits des femmes, ce sont 47% des participants qui jugent qu’ils ne doivent pas être renforcés. Et c’est chez les 30 à 39 ans que ce refus est le plus important, avec un pourcentage de 60%. S’agissant du mariage des filles mineures, 56% des participants ont exprimé leur refus de ce phénomène. Les personnes âgées de plus de 60% sont la catégorie qui s’y est opposée le plus avec plus de 73%.

En ce qui concerne la sexualité hors mariage ainsi que la rupture du jeûne en public pendant les journées du mois du Ramadan, la majorité des personnes sondées ont exprimé leur refus de ces pratiques. En effet, 52% des sondés se sont dit en faveur de la criminalisation des relations hors mariage, alors que 54% ont exprimé leur accord avec l’interdiction de la rupture du jeûne en public. En se basant sur les résultats de ce sondage, le CMC a mis en avant une série de conclusions. Il en ressort, entre autres, que les femmes se montrent plus ouvertes que les hommes sur la question de la nécessité de modifier la législation relative aux libertés individuelles dans le sens d’une plus grande ouverture. Le centre conclut également que les individus ayant un niveau d’éducation élevé sont plus disposés à accepter ces modifications. «Les participants issus des zones urbaines montrent une plus grande acceptation de la modification de la législation relative aux libertés individuelles», souligne également le Centre dans son rapport.

Toujours dans le volet relatif aux conclusions, le CMC affirme que les personnes divorcées et les veufs, les personnes âgées de plus de 60 ans et les Marocains du monde ont montré une plus grande aptitude à accepter les amendements relatifs aux libertés individuelles. Le rapport fait, par ailleurs, état d’une convergence entre les opposants et les partisans sur la nécessité de promouvoir les droits des femmes. Dans le même sens, le rapport relève que la majorité absolue des participants voit la nécessité de renforcer la protection des individus contre les violations (diffamation et violence verbale) sur les réseaux sociaux.

Un renforcement de l’arsenal juridique pour une meilleure protection des libertés

Dans son rapport, le Centre marocain pour la citoyenneté recommande notamment la mise en place d’une législation nationale explicite qui met fin aux interprétations afin de renforcer la justice dans le système légal et assurer l’application des lois en toute transparence et en faveur de tous les citoyens. Le Centre recommande également l’adoption de législations à caractère urgent garantissant la suprématie de la loi dans l’encadrement des relations sociales. Ces textes devront mettre fin, de façon définitive, à certains phénomènes comme la «loi de la main».

Dans le même sens, le CMC recommande le renforcement de la protection du citoyen dans la pratique de ses libertés individuelles, telles qu’elles sont garanties par la loi, ainsi que la consolidation juridique et législative du statut de la femme. Cette consolidation doit prendre en compte l’évolution de ses rôles et ses responsabilités dans la société, notamment dans les domaines économique, social et politique, précise le Centre. Dans ses recommandations, le CMC insiste également sur le renforcement des droits de l’enfant, quel que soit son sexe, tout en soulignant que la place idéale de l’enfant doit être l’école jusqu’à l’âge de dix-huit ans.
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