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L’opposition minimise l’impact de la politique sociale du gouvernement sur les classes laborieuses

Le passage de Aziz Akhannouch à la Chambre des conseillers, mardi dernier, n’a pas été de tout repos. Les conseillers des partis de l’opposition ont vivement critiqué le Chef du gouvernement pour avoir exclu les retraités des dernières augmentations salariales actées dans le secteur public. Ils ont par ailleurs dénoncé l’exclusion des salariés du secteur privé des mêmes augmentations, mettant en garde contre la précarisation de la classe moyenne.

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Les conseillers parlementaires de l'opposition à la deuxième Chambre ont vivement critiqué le retard accusé dans la mise en œuvre des différents accords sociaux et des engagements pris par le gouvernement dans plusieurs secteurs vitaux, mettant en garde contre toute atteinte aux acquis des travailleurs lors de l’examen des textes de loi relatifs à la retraite et à la grève.

L’opposition déplore l’absence de mécanismes de médiation

Réagissant mardi à l’intervention de Aziz Akhannouch à la Chambre des conseillers ayant porté sur le thème «Le dialogue social comme mécanisme d'amélioration des conditions des travailleurs et levier pour améliorer les performances de l'économie nationale», les différents groupes parlementaires de l’opposition ont décoché leurs flèches à l’endroit du Chef du gouvernement, l’accusant d’avoir exclu la catégorie des retraités des dernières augmentations salariales dans le secteur public. Par ailleurs, tout en déplorant l’absence de mécanismes de médiation pour calmer les tensions sociales, le groupe parlementaire du Mouvement populaire a considéré que la non-résolution de certains conflits sociaux à temps avait coûté très cher au gouvernement, notamment dans le secteur de l’éducation nationale. Dans ce secteur, ont-ils ajouté, la crise qui a sévi pendant plusieurs mois avait eu un coût pédagogique très élevé, notamment la privation de milliers d’élèves de plus de 15 semaines de scolarité, en l'absence de toute approche réaliste pour compenser cette perte en temps scolaire. Et bien que le gouvernement ait concédé des augmentations générales dans le secteur public, cela n’a pas pu calmer les tensions sociales et les protestations dans plusieurs secteurs, à cause de l’absence d’une approche proactive et de mécanismes de médiation. Ainsi, plusieurs secteurs continuent d’être paralysés par les grèves, notamment ceux de la santé, de la justice et des collectivités territoriales, sans oublier la crise des étudiants en médecine et en pharmacie.

Classe moyenne : les conseillers du MP s’alarment

Les conseillers du MP ont par ailleurs regretté le fait que le secteur privé ait été exclu des augmentations qui ont bénéficié aux fonctionnaires du secteur public, à cause du manque d’engagement du patronat, notant que les salariés dans le secteur privé se trouvent de plus en plus en proie à la précarité. «Il est clair qu’un montant de 3.112 dirhams comme salaire minimum dans le secteur industriel et commercial, et celui de 2.303 dirhams dans le secteur agricole, ne peut garantir à une famille marocaine une vie décente. Force est de constater que malgré les incitations fiscales et les privilèges dont bénéficie le secteur privé, les salaires des travailleurs restent faibles puisque le gouvernement n’a réussi à augmenter les salaires des travailleurs que de 10% seulement, répartis sur deux ans», a relevé le conseiller Nabil Zaïdi, qui a mis en garde contre la précarisation de la classe moyenne, qui constitue l’épine dorsale de la société et l’une des principales sources d’impôts.

Pour sa part, le conseiller Salek Moussaoui du groupe socialiste a souligné que les avancées enregistrées dans le cadre du dialogue social, ces dernières années, ne se hissent pas au niveau des attentes des travailleurs et ne permettent pas de préserver leurs acquis. Les avancées sont censées avoir un impact réel et positif sur leur vie quotidienne» a-t-il précisé, soulignant que malgré la baisse de l'indice d'inflation, les prix sont restés élevés, ce qui a affaibli le pouvoir d’achat et continue de provoquer des tensions sociales, même dans les secteurs ayant fait l’objet d’accord sociaux, notamment ceux de la santé et de la justice.

Le PJD défend le secteur privé

Sur un autre registre, le groupe socialiste a vivement critiqué l’exclusion de la catégorie des retraités de toute augmentation salariale, malgré la fragilité de leurs conditions sociales et de vie, appelant à une révision du statut de la fonction publique de sorte à améliorer les droits des fonctionnaires ainsi qu'une révision urgente de la loi sur la grève.

Pour sa part, le conseiller Khalid Essati de l’Union nationale des travailleurs du Maroc (UNTM, bras syndical du PJD) a déploré, lui aussi, l’exclusion des salariés du secteur privé des dernières augmentations actées dans le secteur public. M. Essati s’est en outre interrogé sur les raisons derrière l’exclusion systématique du secteur privé des mesures concrètes visant à améliorer les revenus de la classe ouvrière, à l’exception du salaire minimum, dont la révision n’a pas eu une portée significative.

À cet égard, le conseiller du PJD a rappelé que le secteur privé restait le principal élément pour définir la carte syndicale, puisque les élections salariales de 2021, par exemple, avaient produit plus de 38.000 délégués pour les travailleurs du secteur privé, tandis que le nombre des représentants du secteur public, des collectivités territoriales des institutions publiques dans les commissions mixtes n'avaient pas dépassé 10.000 délégués. Cela interpelle, a-t-il dit, sur la nécessité de soutenir l’entrepreneuriat et d’encourager le patronat à accorder aux salariés les mêmes privilèges que leurs homologues relevant du secteur public.
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