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L’USFP accuse la majorité gouvernementale de protéger ses élus indélicats

Le premier secrétaire de l’USFP a de nouveau décoché ses flèches contre la majorité gouvernementale, l’accusant de vouloir étendre son hégémonie sur toutes les institutions de l’État, notamment la Cour constitutionnelle. Dans ce sens, Driss Lachgar a appelé l’opposition à examiner la possibilité d’une motion de censure contre le gouvernement, conformément aux articles 105 et 106 de la Constitution, bien que cette démarche ait peu de chances d’aboutir, en raison de la supériorité numérique de la majorité parlementaire. Pour M. Lachgar, l’enjeu est d’exprimer haut et fort la réprobation de la politique gouvernementale.

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Décidément, toutes les occasions sont bonnes pour le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, Driss Lachgar, pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement. Et comme il fallait s’y attendre, il n’a pas dérogé à cette règle samedi dernier. Invité à intervenir à l’occasion de l’ouverture des travaux du conseil national du parti de la Rose, le responsable partisan a de nouveau décoché ses flèches à l’endroit de l’Exécutif, le qualifiant une fois de plus de «gouvernement tyrannique», dont «l’hégémonie» va jusqu’à «empiéter sur l’action et l’indépendance des institutions de l'État».

>> Lire aussi : Le PPS alerte sur la fracture entre les citoyens et les instances représentatives

M. Lachgar, qui n’a eu de cesse de décrier «l’hégémonisme» de la majorité gouvernementale et ses tentatives visant à perpétuer sa mainmise sur le plan régional et provincial à travers les élus au niveau des collectivités territoriales, a mis en garde contre les conséquences de cette tendance sur l’indépendance des institutions de l’État.

«Les partis de la majorité, lorsqu'il s'agit d'un de leurs élus, n’hésitent pas à se livrer à des manigances pour orienter les institutions constitutionnelles, notamment la Cour constitutionnelle, ce qui leur permet de conserver les mêmes sièges, comme cela s'est produit à Fès. Bien qu'un parlementaire du premier parti ait été définitivement condamné pénalement pour trafic d’influence, une lettre a été adressée par la Chambre des représentants au président de la Cour constitutionnelle pour demander à le remplacer par le deuxième sur sa liste pour éviter ainsi le recours à des élections partielles. Un scénario que les partis de la majorité ont voulu reproduire dans la province de Benslimane. En revanche, il n’en va pas de même lorsqu’il s’agit de parlementaires de l’opposition. Dans ce cas, la vacance de tout siège dans les circonscriptions dirigées par les partis de l’opposition entraîne automatiquement l’organisation de nouvelles élections. Je me demande d’ailleurs si la majorité gouvernementale a le courage pour dévoiler le nombre de parlementaires de la majorité condamnés à de la prison sans que leur sort soit dévoilé à l’opinion publique», s’est exclamé M. Lachgar, considérant que toute tentative d’influencer les institutions perpétue l'hégémonie et porte gravement atteinte à l'équilibre institutionnel.
Pour faire donc face à ces «pratiques condamnables», le premier secrétaire de l’USFP appelle les composantes de l’opposition à réfléchir à la possibilité de déposer une motion de censure contre le gouvernement pour montrer clairement sa désapprobation de la politique de l’Exécutif et le forcer à démissionner. Une telle initiative, bien qu’elle ait très peu de chance d’aboutir en raison de la supériorité numérique de la majorité parlementaire, pourrait conduire le gouvernement à se remettre en question et à changer sa politique «agressive» envers les partis de l’opposition. «L’opposition est consciente qu’elle ne pourra jamais renverser le gouvernement, mais elle pourra recourir à cette procédure pour donner l’alerte quant à l’expansion de l’hégémonie de la majorité gouvernementale», explique M. Lachgar.

Dans le même ordre d’idées, le premier secrétaire de l’USFP a insisté en outre sur l’importance de l’unification des rangs de l’opposition pour freiner cette hégémonie, notant que l’alliance scellée récemment entre l’Union socialiste des forces populaires et le Parti du progrès et du socialisme intervient dans ce cadre-là. En effet, bien que cette coopération ait été imposée par le contexte politique, elle constitue la suite logique d’un travail de collaboration engagé au sein du Parlement, mais qui n’a pas pu aboutir pour des raisons politiques, désormais connues de l’opinion publique nationale. «Ce partenariat a été conclu afin de rétablir l’équilibre institutionnel et de mettre en œuvre de grands projets portés par la Gauche politique et reste ouverte à d’autres composantes et partis politiques», précise M. Lachgar.

Sur un autre registre, le leader partisan a vertement critiqué l’incohérence de l’action de la majorité gouvernementale, bien que cette dernière «tente de donner l’impression qu’elle est harmonieuse». Une absence de cohérence qui n’a d’ailleurs pas manqué de déteindre sur le rendement des ministres, mais aussi des élus au niveau des collectivités territoriales et des conseils élus, en conduisant à des déséquilibres dans la gestion des communes, déplore-t-il.
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