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Samedi 21 Mars 2026
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Le Maroc et le Gabon aspirent à un partenariat stratégique exemplaire en Afrique (Ambassadeur gabonais)

Le Maroc et le Gabon, liés par des relations solides et de longue date, cultivent un partenariat fondé sur la confiance, la coopération et une vision commune du développement en Afrique. C'est qu'affirme Son Excellence Abdelaziz Branly Oupolo, ambassadeur, haut représentant de la République gabonaise près le Royaume du Maroc qui vient de remettre, il y a quelques jours, ses lettres de créance à Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Installé à Rabat depuis un peu plus d’un an, Son Excellence dévoile, dans cet entretien accordé au «Matin», ses priorités et les perspectives d’une coopération en pleine expansion.

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Le Matin : Votre Excellence, cela fait un peu plus d'un an que vous êtes ambassadeur du Gabon au Maroc. Qu'est-ce qui vous a marqué le plus au Maroc depuis que vous y êtes arrivé ?
Son Excellence Abdelaziz Branly Oupolo : C'est avec un réel honneur et un profond sentiment de responsabilité que je m'exprime aujourd'hui en ma qualité d'ambassadeur de la République gabonaise près le Royaume du Maroc. Depuis mon arrivée dans ce pays frère, j'ai pu mesurer la solidité des liens historiques, politiques et humains qui unissent nos deux nations. Ces relations, fondées sur le respect mutuel, la solidarité africaine et une vision commune du développement, s'inscrivent dans une dynamique positive impulsée au plus haut niveau de nos États. Le Maroc occupe une place stratégique en Afrique et joue un rôle majeur dans promotion de la coopération Sud-Sud. Le Gabon, pour sa part, demeure résolument engagé dans un partenariat pragmatique, orienté vers la transformation économique, la diversification et le progrès social. Ma mission ici s'inscrit dans cette volonté commune de renforcer davantage nos échanges, d'approfondir notre coopération et de rapprocher nos peuples. Je suis convaincu que les potentialités sont immenses et que l’avenir de nos relations bilatérales sera encore plus prometteur, grâce à l'engagement conjoint de nos gouvernements, de nos opérateurs économiques et de nos sociétés civiles.

Comment se portent les relations politiques et économiques entre nos deux pays ?

Les relations entre la République gabonaise et le Maroc sont excellents et empreintes d'une fraternité africaine sincère. Sur le plan politique, le dialogue est constant et constructif. Sur le plan économique, nos échanges connaissent une progression encourageante, notamment dans les domaines des infrastructures, de la formation, des services financiers et de l'agriculture. Nos deux pays partagent une vision commune d'un partenariat pragmatique, mutuellement bénéfique et orienté vers le développement durable.

Le niveau de coopération est-il selon vous à la hauteur des aspirations des deux Chefs d'État ?

La coopération actuelle est solide, mais elle reste perfectible. Les orientations impulsées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, et par les plus hautes autorités gabonaises traduisent une ambition forte : celle d'un partenariat stratégique exemplaire en Afrique. Nous devons donc poursuivre les efforts afin d'intensifier les échanges économiques, d'encourager les investissements croisés et de renforcer les partenariats techniques et universitaires.

En matière de coopération bilatérale, quels secteurs méritent-ils selon vous plus d'attention ?

Plusieurs secteurs offrent un fort potentiel. Je cite notamment l'agriculture et l'agro-industrie, la formation professionnelle et l'enseignement supérieur, les énergies renouvelables, la transformation locale des matières premières, la coopération bancaire et financière ainsi que le tourisme et l'économie culturelle. Le Gabon et le Maroc disposent d'atouts complémentaires qui peuvent être davantage valorisés dans ces domaines.

Quelles sont les principales priorités de votre mission diplomatique ici à Rabat, et quels résultats souhaitez-vous voir se concrétiser dans les prochains mois ?

Installée à Rabat, notre mission diplomatique s'articule autour de plusieurs priorités : consolider le dialogue politique bilatéral, accroître les investissements marocains au Gabon, faciliter les échanges économiques et universitaires, accompagner la communauté gabonaise établie au Maroc. Dans les prochains mois, nous souhaitons voir aboutir plusieurs projets de coopération sectorielle et organiser un forum économique Gabon-Maroc ciblé entre opérateurs des deux pays.

Quelles initiatives diplomatiques ou culturelles sont envisagées pour mieux faire connaître la culture gabonaise au Maroc et renforcer les liens entre nos sociétés civiles ?

Nous travaillons à l'organisation de semaines culturelles gabonaises, d'expositions artistiques, de rencontres littéraires et de projections cinématographiques. L'objectif est de faire découvrir au public marocain la richesse du patrimoine gabonais – musique, gastronomie, arts traditionnels et contemporains – tout en favorisant les échanges entre artistes et universitaires des deux pays.

Quel rôle la diaspora gabonaise au Maroc joue-t-elle dans le renforcement des échanges culturels, sociaux et économiques entre nos deux peuples ?

La diaspora gabonaise constitue un véritable pont entre nos deux nations. Les étudiants, les entrepreneurs et les cadres gabonais établis au Maroc contribuent à tisser des liens humains durables. Ils participent activement au rapprochement culturel et représentent un vecteur essentiel de coopération économique future.

Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux citoyens marocains et gabonais concernant l'avenir de nos relations bilatérales et leur contribution à cette coopération ?

Je voudrais adresser un message de confiance et d'optimisme. Les relations entre le Gabon et le Maroc reposent sur des valeurs communes : solidarité africaine, respect mutuel et ambition partagée de développement. J'invite les citoyens de nos deux pays à s'approprier cette dynamique, à multiplier les initiatives privées, culturelles et entrepreneuriales, et à croire en la force de la coopération Sud-Sud. L'avenir de notre partenariat dépendra autant de l'engagement des institutions que de l'implication active de nos peuples.
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