Pour Nizar Baraka, la souveraineté ne se joue plus seulement aux frontières. Elle se mesure désormais à la capacité d’un pays à continuer de nourrir, soigner, approvisionner et équiper sa population lorsque les crises bouleversent les marchés et interrompent les chaînes de production. C’est cette lecture qu’il a défendue, le 16 juillet, lors du colloque national organisé par le Parti de l’Istiqlal sur la souveraineté stratégique.
La pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques récentes ont, selon lui, révélé l’étendue des dépendances. La réponse ne passe toutefois pas par le repli. Elle suppose une économie ouverte, capable de diversifier ses partenaires, de changer de fournisseur lorsque les circonstances l’imposent et de retenir les technologies les mieux adaptées aux besoins du pays. «La souveraineté ne se mesure pas au volume de ce que nous importons ou produisons, mais à notre capacité de choisir», résume-t-il.
Cette liberté de choix devient, dans son propos, une méthode pour l’action publique. Chaque politique devrait permettre de réduire une dépendance, de construire une capacité nationale et de laisser au Maroc un savoir-faire ou une technologie durable. Des objectifs précis, des indicateurs mesurables et des mécanismes d’évaluation doivent ensuite en apprécier les effets sur les prix, l’emploi, la sécurité des approvisionnements et la continuité des services essentiels.
La pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques récentes ont, selon lui, révélé l’étendue des dépendances. La réponse ne passe toutefois pas par le repli. Elle suppose une économie ouverte, capable de diversifier ses partenaires, de changer de fournisseur lorsque les circonstances l’imposent et de retenir les technologies les mieux adaptées aux besoins du pays. «La souveraineté ne se mesure pas au volume de ce que nous importons ou produisons, mais à notre capacité de choisir», résume-t-il.
Cette liberté de choix devient, dans son propos, une méthode pour l’action publique. Chaque politique devrait permettre de réduire une dépendance, de construire une capacité nationale et de laisser au Maroc un savoir-faire ou une technologie durable. Des objectifs précis, des indicateurs mesurables et des mécanismes d’évaluation doivent ensuite en apprécier les effets sur les prix, l’emploi, la sécurité des approvisionnements et la continuité des services essentiels.
La commande publique comme point d’appui industriel
Face à la raréfaction des ressources hydriques, le Maroc avait le choix : importer des stations mobiles de dessalement et de traitement des eaux saumâtres, ou mobiliser ses propres industriels et ingénieurs. C’est cette seconde voie qui a été retenue. Selon le secrétaire général de l’Istiqlal, elle a permis de lancer un programme portant sur 240 stations mobiles. À la réponse apportée à l’urgence hydrique s’est ainsi ajoutée une ambition industrielle : réunir plusieurs entreprises nationales, développer un savoir-faire local et réduire progressivement la dépendance aux équipements importés.
Le taux d’intégration locale atteindrait aujourd’hui près de 35%, avec l’objectif de le porter à 70% à l’horizon 2030. Parallèlement, le recours aux énergies renouvelables doit contribuer à réduire le coût de production de l’eau et à renforcer la compétitivité de la filière. Les perspectives dépassent le seul marché national. À terme, les technologies et les équipements conçus au Maroc pourraient être proposés à d’autres pays, notamment en Afrique. La réponse à un besoin immédiat ouvre ainsi la voie à une industrie, à un transfert de compétences et à de nouvelles capacités d’exportation. Nizar Baraka étend ce raisonnement à l’ensemble de la commande publique. L’État, estime-t-il, ne devrait pas se limiter à acquérir les équipements dont il a besoin. Chaque commande devrait aussi contribuer à structurer une filière, à former des compétences et à accroître la part de valeur produite dans le pays.
Le taux d’intégration locale atteindrait aujourd’hui près de 35%, avec l’objectif de le porter à 70% à l’horizon 2030. Parallèlement, le recours aux énergies renouvelables doit contribuer à réduire le coût de production de l’eau et à renforcer la compétitivité de la filière. Les perspectives dépassent le seul marché national. À terme, les technologies et les équipements conçus au Maroc pourraient être proposés à d’autres pays, notamment en Afrique. La réponse à un besoin immédiat ouvre ainsi la voie à une industrie, à un transfert de compétences et à de nouvelles capacités d’exportation. Nizar Baraka étend ce raisonnement à l’ensemble de la commande publique. L’État, estime-t-il, ne devrait pas se limiter à acquérir les équipements dont il a besoin. Chaque commande devrait aussi contribuer à structurer une filière, à former des compétences et à accroître la part de valeur produite dans le pays.
Souveraineté alimentaire : la production à l’épreuve des prix
La même logique vaut pour l’alimentation, où la dépendance se mesure aussi à la formation des prix. Pour Nizar Baraka, les mesures fiscales ou les hausses de revenus perdent une partie de leur effet lorsque le coût des produits essentiels progresse rapidement. Le cas de la viande rouge en fournit une illustration nette. Selon les chiffres qu’il avance, le prix du kilogramme, autrefois situé autour de 75 dirhams, atteint aujourd’hui jusqu’à 170 dirhams. Une progression qui, à ses yeux, affaiblit le pouvoir d’achat et réduit la portée des mesures fiscales destinées à soutenir les revenus. Le Parti de l’Istiqlal propose, dans cette perspective, de réserver une part de la production nationale au marché intérieur afin de préserver l’approvisionnement et de maintenir les prix à des niveaux accessibles, y compris lorsque les débouchés extérieurs deviennent plus rémunérateurs.
À cette mesure s’ajouterait la création de structures régionales de distribution destinées à réduire le nombre d’intermédiaires. L’objectif est de mieux rémunérer l’agriculteur sans alourdir davantage la facture du consommateur. Reste la contrainte de l’eau. Nizar Baraka appelle à adapter les choix agricoles aux ressources disponibles dans chaque territoire. Dessalement, transferts entre bassins et recours aux ressources non conventionnelles devraient ainsi s’accompagner d’une carte agricole définissant les cultures compatibles avec les capacités hydriques réelles. La souveraineté alimentaire ne dépend donc pas seulement des volumes produits. Elle tient aussi à l’organisation des circuits de distribution et à la capacité de l’agriculture à composer avec la raréfaction de l’eau et le changement climatique.
À cette mesure s’ajouterait la création de structures régionales de distribution destinées à réduire le nombre d’intermédiaires. L’objectif est de mieux rémunérer l’agriculteur sans alourdir davantage la facture du consommateur. Reste la contrainte de l’eau. Nizar Baraka appelle à adapter les choix agricoles aux ressources disponibles dans chaque territoire. Dessalement, transferts entre bassins et recours aux ressources non conventionnelles devraient ainsi s’accompagner d’une carte agricole définissant les cultures compatibles avec les capacités hydriques réelles. La souveraineté alimentaire ne dépend donc pas seulement des volumes produits. Elle tient aussi à l’organisation des circuits de distribution et à la capacité de l’agriculture à composer avec la raréfaction de l’eau et le changement climatique.
Énergie, santé et technologies : les dépendances critiques
Sur le terrain énergétique, la dépendance demeure considérable. Selon les chiffres avancés par Nizar Baraka, près de 80% de l’énergie consommée au Maroc reste importée. L’électricité n’en représenterait qu’environ 40%, ce qui ne permet pas de réduire la question énergétique au seul développement de la production électrique renouvelable. L’essor du solaire et de l’éolien doit donc aller de pair avec le renforcement des infrastructures de transport. Nizar Baraka cite notamment le projet de liaison entre le sud et le nord du Royaume, appelé à acheminer l’électricité renouvelable vers les principaux bassins de consommation, tout en abaissant son coût pour les entreprises et les citoyens. La même exigence vaut pour le gaz naturel. Le Maroc s’appuie aujourd’hui sur l’interconnexion avec l’Espagne et prépare, à travers Nador West Med, de nouvelles infrastructures portuaires et gazières. Il s’agit d’élargir les sources d’approvisionnement et de ne dépendre ni d’un fournisseur unique ni d’un seul itinéraire.
Dans le domaine sanitaire, les capacités nationales sont déjà plus avancées. Entre 60 et 64% des médicaments consommés au Maroc seraient fabriqués dans le pays, selon Nizar Baraka. Cette proportion ne suffit toutefois pas à garantir une véritable autonomie lorsque les matières premières, les principes actifs ou certains composants essentiels continuent de provenir de l’étranger. L’enjeu devient plus pressant avec la généralisation de la protection sociale et de la couverture médicale. Les dépenses de santé pourraient, selon lui, être multipliées par trois. Le Maroc devra donc accroître sa production, sécuriser ses approvisionnements et maîtriser une part plus large de la chaîne pharmaceutique. Pour l’industrie, la priorité n’est pas de remplacer indistinctement toutes les importations. Elle consiste à identifier les produits dont l’absence pourrait interrompre une activité économique ou priver la population d’un service essentiel. C’est leur caractère stratégique qui doit orienter l’investissement, la création de chaînes de valeur locales, la formation des jeunes, la recherche scientifique et le transfert de technologies.
À ces dépendances matérielles s’ajoute celle des données et des infrastructures numériques. Nizar Baraka évoque la protection des informations personnelles, la cybersécurité et la sécurisation des systèmes vitaux. Il soulève aussi la question des plateformes, des contenus et des outils d’intelligence artificielle conçus hors du pays, dont les usages ne répondent pas toujours aux besoins ni aux références culturelles de la société marocaine. L’ouverture numérique devrait ainsi s’accompagner du développement de contenus nationaux et de capacités technologiques propres. Dans cette perspective, Nizar Baraka annonce l’ouverture d’un pôle technologique comprenant notamment des espaces consacrés à l’intelligence artificielle et aux technologies quantiques.
Dans le domaine sanitaire, les capacités nationales sont déjà plus avancées. Entre 60 et 64% des médicaments consommés au Maroc seraient fabriqués dans le pays, selon Nizar Baraka. Cette proportion ne suffit toutefois pas à garantir une véritable autonomie lorsque les matières premières, les principes actifs ou certains composants essentiels continuent de provenir de l’étranger. L’enjeu devient plus pressant avec la généralisation de la protection sociale et de la couverture médicale. Les dépenses de santé pourraient, selon lui, être multipliées par trois. Le Maroc devra donc accroître sa production, sécuriser ses approvisionnements et maîtriser une part plus large de la chaîne pharmaceutique. Pour l’industrie, la priorité n’est pas de remplacer indistinctement toutes les importations. Elle consiste à identifier les produits dont l’absence pourrait interrompre une activité économique ou priver la population d’un service essentiel. C’est leur caractère stratégique qui doit orienter l’investissement, la création de chaînes de valeur locales, la formation des jeunes, la recherche scientifique et le transfert de technologies.
À ces dépendances matérielles s’ajoute celle des données et des infrastructures numériques. Nizar Baraka évoque la protection des informations personnelles, la cybersécurité et la sécurisation des systèmes vitaux. Il soulève aussi la question des plateformes, des contenus et des outils d’intelligence artificielle conçus hors du pays, dont les usages ne répondent pas toujours aux besoins ni aux références culturelles de la société marocaine. L’ouverture numérique devrait ainsi s’accompagner du développement de contenus nationaux et de capacités technologiques propres. Dans cette perspective, Nizar Baraka annonce l’ouverture d’un pôle technologique comprenant notamment des espaces consacrés à l’intelligence artificielle et aux technologies quantiques.
S’ouvrir sans dépendre d’un partenaire unique
Pour Nizar Baraka, la souveraineté ne commande pas le retrait, mais la diversification. Le Maroc doit pouvoir multiplier ses partenariats afin de préserver sa liberté de décision et de ne pas concentrer ses intérêts économiques, technologiques ou diplomatiques auprès d’un nombre limité d’acteurs. Il cite à cet égard la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies relative au Sahara. Nizar Baraka y voit l’aboutissement d’un travail diplomatique de longue haleine, mené sous l’impulsion de S.M. le Roi Mohammed VI et conforté par la diversification des partenariats stratégiques du Royaume. Cette résolution renforce, selon lui, la perspective d’une solution fondée sur l’autonomie des provinces du Sud sous souveraineté marocaine.
Le secrétaire général de l’Istiqlal évoque les relations nouées avec l’Union européenne, les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, les pays africains, les États du Golfe, l’Amérique latine et l’Inde. Cette ouverture plurielle permet au Maroc de défendre ses intérêts auprès de partenaires aux positions et aux ancrages différents, tout en renforçant sa présence sur les scènes régionale et internationale. Elle se traduit aussi par l’Initiative atlantique, destinée à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan, par le développement de la coopération économique en Afrique, par le rôle du Maroc au sein du Comité Al-Qods et par le renforcement des liens avec les États du Golfe. Nizar Baraka évoque également la décision américaine d’appliquer au Maroc un taux douanier de 10%, qu’il présente comme l’un des niveaux les plus favorables de la nouvelle politique tarifaire des États-Unis. Il y voit une illustration de la qualité du partenariat entre Rabat et Washington.
L’influence du Maroc emprunte aussi la voie du sport. Nizar Baraka rappelle le parcours historique de la sélection nationale jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde 2022. Il cite également l’édition 2026, au cours de laquelle le Maroc a atteint les quarts de finale et a été le seul pays africain à parvenir à ce stade de la compétition. À cette visibilité s’ajoute la préparation du Mondial 2030, que le Royaume organisera avec l’Espagne et le Portugal. Ces rendez-vous dépassent, dans son propos, leur seule portée sportive. Ils renforcent la présence internationale du Maroc et peuvent accélérer les investissements, améliorer les infrastructures, accroître l’attractivité des territoires et élargir l’influence économique et diplomatique du pays.
Le secrétaire général de l’Istiqlal évoque les relations nouées avec l’Union européenne, les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, les pays africains, les États du Golfe, l’Amérique latine et l’Inde. Cette ouverture plurielle permet au Maroc de défendre ses intérêts auprès de partenaires aux positions et aux ancrages différents, tout en renforçant sa présence sur les scènes régionale et internationale. Elle se traduit aussi par l’Initiative atlantique, destinée à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan, par le développement de la coopération économique en Afrique, par le rôle du Maroc au sein du Comité Al-Qods et par le renforcement des liens avec les États du Golfe. Nizar Baraka évoque également la décision américaine d’appliquer au Maroc un taux douanier de 10%, qu’il présente comme l’un des niveaux les plus favorables de la nouvelle politique tarifaire des États-Unis. Il y voit une illustration de la qualité du partenariat entre Rabat et Washington.
L’influence du Maroc emprunte aussi la voie du sport. Nizar Baraka rappelle le parcours historique de la sélection nationale jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde 2022. Il cite également l’édition 2026, au cours de laquelle le Maroc a atteint les quarts de finale et a été le seul pays africain à parvenir à ce stade de la compétition. À cette visibilité s’ajoute la préparation du Mondial 2030, que le Royaume organisera avec l’Espagne et le Portugal. Ces rendez-vous dépassent, dans son propos, leur seule portée sportive. Ils renforcent la présence internationale du Maroc et peuvent accélérer les investissements, améliorer les infrastructures, accroître l’attractivité des territoires et élargir l’influence économique et diplomatique du pays.
Anticiper la rupture des approvisionnements
La succession des crises internationales conduit Nizar Baraka à remettre au premier plan la question des réserves stratégiques. Le Maroc, estime-t-il, doit se doter d’une politique de stockage des produits essentiels afin d’amortir les effets des ruptures d’approvisionnement, des tensions géopolitiques et des brusques variations des marchés. Une telle politique suppose d’identifier les besoins prioritaires, de fixer des niveaux de réserve et de disposer des capacités logistiques nécessaires. Elle vient compléter la production nationale et la diversification des fournisseurs, en offrant au pays une marge de sécurité lorsque les échanges internationaux se grippent.
À travers cette approche, Nizar Baraka appelle à trois changements de méthode : passer de la gestion des dépendances à la construction de capacités nationales, de la réaction aux crises à leur anticipation et de l’adaptation aux transformations mondiales à la capacité d’y prendre part. «La souveraineté se mesure par les chiffres et se construit par le travail», affirme-t-il. La doctrine défendue par l’Istiqlal tient dans cette articulation : produire lorsque la sécurité du pays l’exige, diversifier les sources lorsque l’importation demeure nécessaire et préserver, dans tous les cas, la maîtrise de la décision nationale.
À travers cette approche, Nizar Baraka appelle à trois changements de méthode : passer de la gestion des dépendances à la construction de capacités nationales, de la réaction aux crises à leur anticipation et de l’adaptation aux transformations mondiales à la capacité d’y prendre part. «La souveraineté se mesure par les chiffres et se construit par le travail», affirme-t-il. La doctrine défendue par l’Istiqlal tient dans cette articulation : produire lorsque la sécurité du pays l’exige, diversifier les sources lorsque l’importation demeure nécessaire et préserver, dans tous les cas, la maîtrise de la décision nationale.
