Aziz Akhannouch, président du Rassemblement national des indépendants (RNI), a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat à la tête du parti, préférant se conformer strictement aux dispositions des statuts qui limitent la présidence à deux mandats consécutifs. Une position qui tranche avec celle d’autres formations politiques ayant opté pour la modification de leurs règlements internes afin de prolonger le mandat de leurs dirigeants. Cette annonce a été faite lors de la réunion du bureau politique du parti, tenue samedi. À cette occasion, M. Akhannouch a confirmé qu’il ne se porterait pas candidat à la présidence du RNI lors du huitième congrès national, prévu le 7 février prochain.
Selon des sources concordantes, le Chef du gouvernement a opposé un refus catégorique à toute proposition visant à amender les statuts du parti pour lui permettre de briguer un troisième mandat. Une décision motivée, selon les mêmes sources, par sa conviction que la démocratie partisane repose sur l’alternance, le renouvellement des élites et le rejet de la logique des « leaderships permanents », de nature à renforcer la confiance des citoyens dans l’action politique et institutionnelle. Au cours de cette réunion, M. Akhannouch a souligné que le RNI disposait aujourd’hui d’une solidité organisationnelle et d’un capital politique lui permettant de préserver sa position avancée sur l’échiquier national et d’aborder avec sérénité les prochaines échéances législatives. Il a rappelé qu’à la suite de son accession à la tête du parti en 2016, le RNI est parvenu à remporter les élections et à conduire le gouvernement issu du scrutin du 8 septembre 2021.
Cette annonce majeure intervient au lendemain du Conseil national du parti, réuni samedi 10 janvier 2026 à Rabat. Lors de ce conclave, d’importantes décisions d’ordre organisationnel ont été prises dans la perspective des prochaines échéances électorales que le RNI entend aborder dans la stabilité institutionnelle. La tenue du conseil national, instance statutaire censée se réunir périodiquement, a pris cette année en effet une coloration particulière. Dans l’amphithéâtre du siège du parti qui accueillait les membres de cette instance délibérative, Aziz Akhannouch n’a pas caché la nature stratégique du moment : «Nous sommes au seuil de la fin du mandat gouvernemental que j’ai eu l’honneur de conduire», a-t-il déclaré, posant d’emblée le cadre d’une séquence politique où se conjuguent bilan et projection.
Le contexte n’est pas anodin. Alors que le Maroc traverse une phase de transformation institutionnelle marquée par la mise en œuvre de l’État social et la préparation de grands rendez-vous sportifs internationaux, le RNI se trouve dans une position inédite : parti dominant d’une coalition gouvernementale, il doit désormais transformer l’exercice du pouvoir en capital électoral. La séance du 10 janvier a révélé les contours de cette stratégie.
L’article 34, un outil statutaire aux implications politiques La décision de recourir à l’article 34 du règlement intérieur du parti pour prolonger les mandats des structures a été présentée comme une nécessité technique. «Le bureau politique convoquera – s’il le juge opportun – la prorogation du mandat des différentes structures du parti, afin de garantir la continuité du travail de terrain sans interruption», a précisé le président du RNI dans son allocution. Cette formulation, prudente dans sa forme – «s’il le juge opportun» – ne laisse guère de doute sur l’intention.
Le communiqué final du conseil national, adopté après «des débats approfondis dans un climat de responsabilité et d’esprit militant», entérine cette orientation sans ambiguïté. Il s’agit officiellement d’éviter une séquence de renouvellement des instances qui pourrait perturber la mobilisation en année électorale. Mais au-delà de cet argument procédural, la démarche traduit une volonté de préserver les équilibres internes et de maintenir une ossature organisationnelle éprouvée au moment où le parti s’apprête à affronter le verdict des urnes.
Cette prolongation concerne l’ensemble des structures, du niveau central aux sections locales, en passant par les instances régionales et les organisations parallèles. «Compte tenu de la spécificité de cette année et des échéances importantes qui l’accompagnent», le maintien des équipes en place apparaît comme un gage de cohérence.
Des indicateurs économiques brandis comme preuve d’efficacité
Le cœur du discours de M. Akhannouch devant le conseil national résidait moins dans les considérations organisationnelles que dans l’étalage d’un bilan gouvernemental présenté comme probant. Les chiffres se sont succédé avec une précision qui ne doit rien au hasard : taux de croissance économique «attendu autour de 5% au cours des années 2025 et 2026», investissements publics atteignant 380 milliards de dirhams au titre de l’exercice en cours, déficit budgétaire ramené à 3,8% en 2024 contre 5,5% en 2021.
«Ces transformations ont été renforcées par la relance du secteur agricole», a souligné le Chef du gouvernement, pointant une valeur ajoutée de 6,3% pour ce secteur en 2025 après les années difficiles de sécheresse. L’inflation, autre marqueur scruté par l’opinion, s’est stabilisée à 0,9% en 2024, loin des 6,6% enregistrés en 2022. «Cela a créé un cadre sécurisé pour protéger le pouvoir d’achat des ménages», a-t-il argumenté, rappelant les 132 milliards de dirhams mobilisés pour la Caisse de compensation sur la période 2021-2025.
Cette avalanche de données macroéconomiques répondait à un objectif clair : démontrer que «ces acquis constituent un capital politique et institutionnel important». Le communiqué du conseil national l’a d’ailleurs explicitement formulé : «Ces réalisations renforcent la confiance dans le choix réformateur que conduit le parti et consacrent la logique de continuité dans l’action, l’engagement envers les résultats et le lien entre responsabilité et reddition des comptes».
La dimension sociale comme axe de légitimation Au-delà des équilibres budgétaires et des taux de croissance, c’est sur le terrain social que le RNI a placé une grande partie de ses fondements argumentatifs. «Nous avons réussi à incarner un gouvernement social par excellence», a affirmé M. Akhannouch, insistant sur l’élargissement de la couverture sanitaire et sociale. Les chiffres avancés dessinent effectivement une extension massive : plus de 11 millions de citoyens en situation de précarité bénéficient gratuitement du régime AMO-Tadamon, avec une prise en charge étatique de 27 milliards de dirhams sur la période 2022-2025.
Le programme de soutien social direct, autre pilier de ce dispositif, concernait fin 2025 plus de 3,8 millions de familles, soit 12 millions de personnes, avec des allocations mensuelles variant entre 500 et 1.200 dirhams selon la composition du foyer. «Le bilan d’orientation de ce programme a atteint 1,4 million de familles comprenant environ un million de personnes âgées et 2,4 millions de familles comprenant 5,6 millions d’enfants», a détaillé le président du RNI, chiffrant l’enveloppe globale à 40,5 milliards de dirhams.
Dans le secteur de la santé, les crédits budgétaires sont passés de 19,7 milliards de dirhams en 2021 à 42,4 milliards en 2026, soit une hausse de 115%. L’éducation n’est pas en reste, avec un budget national dépassant 97 milliards de dirhams, en augmentation de 65% sur la période 2021-2026. «Nous avons réussi à concrétiser un gouvernement social par excellence, plaçant la dignité du citoyen au sommet de nos préoccupations», a résumé M. Akhannouch, reprenant une formule qui structure désormais le narratif du RNI.
L’ancrage territorial revendiqué face aux critiques La séquence «Masar Al Injazat» (Parcours des réalisations), organisée dans les douze régions du Royaume, a occupé une place centrale dans le discours du président du RNI. Ces tournées régionales, qui ont mobilisé «plus de 38.000 militants et citoyens», ont constitué une communication de proximité sur les grands chantiers nationaux. «Ces rencontres régionales n’ont jamais été une démonstration de force comme certains voudraient le faire croire», a-t-il précisé, répondant implicitement aux critiques de forces politiques concurrentes.
Le communiqué du conseil national a insisté sur cette dimension participative, soulignant que ces rassemblements ont «constitué un modèle de dynamique participative et consultative efficace, permettant de rapprocher le bilan de l’action gouvernementale des citoyens». Parallèlement, l’initiative «Niqach Al Ahrar» (Débat des Rnistes) a organisé 44 réunions dans 77 communes, avec plus de 3.700 participants, dans une logique de reddition de comptes au niveau local.
Cette offensive communicationnelle de terrain n’a pas été du goût de tous. «La présence forte et cohérente du RNI a dérangé certains, et des intérêts politiques étroits en ont pâti», a reconnu M. Akhannouch, assumant ouvertement le déploiement territorial de son parti. «Nous avons constaté une adhésion populaire et un engouement sans précédent lors de nos rencontres avec les citoyens dans les régions et provinces».
Le récit de la différenciation C’est probablement dans sa stratégie de positionnement politique que M. Akhannouch s’est montré le plus offensif. Construisant un récit opposant son parti aux formations adverses, il a tracé une ligne de démarcation claire : «Le RNI a choisi la voie de l’action responsable, pas la logique du bruit et des surenchères stériles dont les Marocains sont las et qui ont été une cause de l’élargissement du fossé de l’abstentionnisme politique».
Cette formulation n’était pas fortuite. Elle s’inscrit dans une grille de lecture où le RNI se présente comme le parti du concret, de la gestion, des réalisations mesurables, par opposition à des adversaires réduits aux «déclarations crispées» et aux «salons de la théorisation virtuelle». «La politique véritable se pratique sur le terrain, pas dans les communiqués tendus ou dans les «salons de théorisation abstraite», a-t-il martelé, prétendant une légitimité par la preuve plutôt que par le discours.
Le président du RNI a également développé une argumentation défensive face aux interrogations sur la légitimité de son parti : «Le RNI n’a pas besoin de défendre sa légitimité, car celle-ci découle de l’action, de l’interaction directe avec les citoyens et de la capacité à transformer les engagements en politiques publiques concrètes». Cette posture assumée d’un parti de gouvernement qui tire sa force de l’exercice du pouvoir marque une évolution dans le paysage politique marocain, où les formations au pouvoir adoptaient traditionnellement un profil plus bas. Le communiqué final a repris cette partition, affirmant que «le contexte national actuel, avec ses enjeux démocratiques et de développement, exige de tous les acteurs politiques d’élever le niveau de la pratique partisane, de privilégier la logique de responsabilité et d’intérêt général».
Cohésion de la coalition, atout stratégique affiché L’un des arguments récurrents du discours de M. Akhannouch a porté sur la solidité de la coalition gouvernementale. «Grâce à l’harmonie entre ses composantes et à la clarté de sa méthodologie, les partis de la coalition ont réussi à créer les conditions favorables pour la mise en œuvre du programme gouvernemental et le respect des engagements», a-t-il souligné, saluant «la cohésion et l’harmonie sans précédent qui caractérisent le travail de la majorité gouvernementale actuelle».
Cette insistance n’est pas anodine dans un contexte où les coalitions marocaines ont souvent été fragilisées par des tensions internes. Le RNI cherche manifestement à capitaliser sur cette stabilité comme élément différenciateur. Le communiqué a d’ailleurs consacré un point entier à cette question, exprimant «sa fierté de la performance collective de la majorité gouvernementale, fondée sur l’harmonie, le partage des responsabilités et la coordination efficace». La dimension parlementaire n’a pas été oubliée. Le texte final salue «la performance responsable et régulière des deux groupes parlementaires», soulignant «l’efficacité qui caractérise leur travail» dans la défense des politiques publiques et l’accompagnement des grands chantiers gouvernementaux.
Perspectives électorales et appel à la mobilisation Face aux échéances qui se profilent, le président du RNI a adopté un discours mobilisateur. «Nous appelons tout le monde à se diriger massivement vers les urnes, non seulement pour exercer un droit constitutionnel, mais pour renforcer le processus démocratique, consolider la confiance dans les institutions et contribuer effectivement à la construction d’un Maroc fort», a-t-il lancé, posant la participation électorale comme enjeu civique.
Le communiqué du conseil national a formalisé cette orientation en affirmant que «les échéances électorales constituent une étape charnière dans le processus d’ancrage du choix démocratique, une opportunité de renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions, de renouveler les élites et d’ouvrir le champ aux énergies prometteuses parmi les jeunes et les femmes». Cette formulation générale masque mal les ambitions électorales d’un parti qui espère capitaliser sur son bilan gouvernemental.
Sur le plan programmatique, le RNI a esquissé les contours de sa vision pour l’avenir, avec une emphase sur «la poursuite des réformes structurelles, le renforcement des fondements de la justice sociale et le raffermissement de la souveraineté économique». Des formulations suffisamment larges pour laisser de la marge de manœuvre, mais suffisamment précises pour signaler des axes prioritaires. Le communiqué évoque ainsi «le projet de l’État social comme référentiel régissant les politiques publiques». Reste à savoir si cette stratégie de l’ancrage par les réalisations résistera à l’épreuve du scrutin et aux dynamiques souvent imprévisibles des cycles électoraux.
Selon des sources concordantes, le Chef du gouvernement a opposé un refus catégorique à toute proposition visant à amender les statuts du parti pour lui permettre de briguer un troisième mandat. Une décision motivée, selon les mêmes sources, par sa conviction que la démocratie partisane repose sur l’alternance, le renouvellement des élites et le rejet de la logique des « leaderships permanents », de nature à renforcer la confiance des citoyens dans l’action politique et institutionnelle. Au cours de cette réunion, M. Akhannouch a souligné que le RNI disposait aujourd’hui d’une solidité organisationnelle et d’un capital politique lui permettant de préserver sa position avancée sur l’échiquier national et d’aborder avec sérénité les prochaines échéances législatives. Il a rappelé qu’à la suite de son accession à la tête du parti en 2016, le RNI est parvenu à remporter les élections et à conduire le gouvernement issu du scrutin du 8 septembre 2021.
Cette annonce majeure intervient au lendemain du Conseil national du parti, réuni samedi 10 janvier 2026 à Rabat. Lors de ce conclave, d’importantes décisions d’ordre organisationnel ont été prises dans la perspective des prochaines échéances électorales que le RNI entend aborder dans la stabilité institutionnelle. La tenue du conseil national, instance statutaire censée se réunir périodiquement, a pris cette année en effet une coloration particulière. Dans l’amphithéâtre du siège du parti qui accueillait les membres de cette instance délibérative, Aziz Akhannouch n’a pas caché la nature stratégique du moment : «Nous sommes au seuil de la fin du mandat gouvernemental que j’ai eu l’honneur de conduire», a-t-il déclaré, posant d’emblée le cadre d’une séquence politique où se conjuguent bilan et projection.
Le contexte n’est pas anodin. Alors que le Maroc traverse une phase de transformation institutionnelle marquée par la mise en œuvre de l’État social et la préparation de grands rendez-vous sportifs internationaux, le RNI se trouve dans une position inédite : parti dominant d’une coalition gouvernementale, il doit désormais transformer l’exercice du pouvoir en capital électoral. La séance du 10 janvier a révélé les contours de cette stratégie.
L’article 34, un outil statutaire aux implications politiques La décision de recourir à l’article 34 du règlement intérieur du parti pour prolonger les mandats des structures a été présentée comme une nécessité technique. «Le bureau politique convoquera – s’il le juge opportun – la prorogation du mandat des différentes structures du parti, afin de garantir la continuité du travail de terrain sans interruption», a précisé le président du RNI dans son allocution. Cette formulation, prudente dans sa forme – «s’il le juge opportun» – ne laisse guère de doute sur l’intention.
Le communiqué final du conseil national, adopté après «des débats approfondis dans un climat de responsabilité et d’esprit militant», entérine cette orientation sans ambiguïté. Il s’agit officiellement d’éviter une séquence de renouvellement des instances qui pourrait perturber la mobilisation en année électorale. Mais au-delà de cet argument procédural, la démarche traduit une volonté de préserver les équilibres internes et de maintenir une ossature organisationnelle éprouvée au moment où le parti s’apprête à affronter le verdict des urnes.
Cette prolongation concerne l’ensemble des structures, du niveau central aux sections locales, en passant par les instances régionales et les organisations parallèles. «Compte tenu de la spécificité de cette année et des échéances importantes qui l’accompagnent», le maintien des équipes en place apparaît comme un gage de cohérence.
Des indicateurs économiques brandis comme preuve d’efficacité
Le cœur du discours de M. Akhannouch devant le conseil national résidait moins dans les considérations organisationnelles que dans l’étalage d’un bilan gouvernemental présenté comme probant. Les chiffres se sont succédé avec une précision qui ne doit rien au hasard : taux de croissance économique «attendu autour de 5% au cours des années 2025 et 2026», investissements publics atteignant 380 milliards de dirhams au titre de l’exercice en cours, déficit budgétaire ramené à 3,8% en 2024 contre 5,5% en 2021.
«Ces transformations ont été renforcées par la relance du secteur agricole», a souligné le Chef du gouvernement, pointant une valeur ajoutée de 6,3% pour ce secteur en 2025 après les années difficiles de sécheresse. L’inflation, autre marqueur scruté par l’opinion, s’est stabilisée à 0,9% en 2024, loin des 6,6% enregistrés en 2022. «Cela a créé un cadre sécurisé pour protéger le pouvoir d’achat des ménages», a-t-il argumenté, rappelant les 132 milliards de dirhams mobilisés pour la Caisse de compensation sur la période 2021-2025.
Cette avalanche de données macroéconomiques répondait à un objectif clair : démontrer que «ces acquis constituent un capital politique et institutionnel important». Le communiqué du conseil national l’a d’ailleurs explicitement formulé : «Ces réalisations renforcent la confiance dans le choix réformateur que conduit le parti et consacrent la logique de continuité dans l’action, l’engagement envers les résultats et le lien entre responsabilité et reddition des comptes».
La dimension sociale comme axe de légitimation Au-delà des équilibres budgétaires et des taux de croissance, c’est sur le terrain social que le RNI a placé une grande partie de ses fondements argumentatifs. «Nous avons réussi à incarner un gouvernement social par excellence», a affirmé M. Akhannouch, insistant sur l’élargissement de la couverture sanitaire et sociale. Les chiffres avancés dessinent effectivement une extension massive : plus de 11 millions de citoyens en situation de précarité bénéficient gratuitement du régime AMO-Tadamon, avec une prise en charge étatique de 27 milliards de dirhams sur la période 2022-2025.
Le programme de soutien social direct, autre pilier de ce dispositif, concernait fin 2025 plus de 3,8 millions de familles, soit 12 millions de personnes, avec des allocations mensuelles variant entre 500 et 1.200 dirhams selon la composition du foyer. «Le bilan d’orientation de ce programme a atteint 1,4 million de familles comprenant environ un million de personnes âgées et 2,4 millions de familles comprenant 5,6 millions d’enfants», a détaillé le président du RNI, chiffrant l’enveloppe globale à 40,5 milliards de dirhams.
Dans le secteur de la santé, les crédits budgétaires sont passés de 19,7 milliards de dirhams en 2021 à 42,4 milliards en 2026, soit une hausse de 115%. L’éducation n’est pas en reste, avec un budget national dépassant 97 milliards de dirhams, en augmentation de 65% sur la période 2021-2026. «Nous avons réussi à concrétiser un gouvernement social par excellence, plaçant la dignité du citoyen au sommet de nos préoccupations», a résumé M. Akhannouch, reprenant une formule qui structure désormais le narratif du RNI.
L’ancrage territorial revendiqué face aux critiques La séquence «Masar Al Injazat» (Parcours des réalisations), organisée dans les douze régions du Royaume, a occupé une place centrale dans le discours du président du RNI. Ces tournées régionales, qui ont mobilisé «plus de 38.000 militants et citoyens», ont constitué une communication de proximité sur les grands chantiers nationaux. «Ces rencontres régionales n’ont jamais été une démonstration de force comme certains voudraient le faire croire», a-t-il précisé, répondant implicitement aux critiques de forces politiques concurrentes.
Le communiqué du conseil national a insisté sur cette dimension participative, soulignant que ces rassemblements ont «constitué un modèle de dynamique participative et consultative efficace, permettant de rapprocher le bilan de l’action gouvernementale des citoyens». Parallèlement, l’initiative «Niqach Al Ahrar» (Débat des Rnistes) a organisé 44 réunions dans 77 communes, avec plus de 3.700 participants, dans une logique de reddition de comptes au niveau local.
Cette offensive communicationnelle de terrain n’a pas été du goût de tous. «La présence forte et cohérente du RNI a dérangé certains, et des intérêts politiques étroits en ont pâti», a reconnu M. Akhannouch, assumant ouvertement le déploiement territorial de son parti. «Nous avons constaté une adhésion populaire et un engouement sans précédent lors de nos rencontres avec les citoyens dans les régions et provinces».
Le récit de la différenciation C’est probablement dans sa stratégie de positionnement politique que M. Akhannouch s’est montré le plus offensif. Construisant un récit opposant son parti aux formations adverses, il a tracé une ligne de démarcation claire : «Le RNI a choisi la voie de l’action responsable, pas la logique du bruit et des surenchères stériles dont les Marocains sont las et qui ont été une cause de l’élargissement du fossé de l’abstentionnisme politique».
Cette formulation n’était pas fortuite. Elle s’inscrit dans une grille de lecture où le RNI se présente comme le parti du concret, de la gestion, des réalisations mesurables, par opposition à des adversaires réduits aux «déclarations crispées» et aux «salons de la théorisation virtuelle». «La politique véritable se pratique sur le terrain, pas dans les communiqués tendus ou dans les «salons de théorisation abstraite», a-t-il martelé, prétendant une légitimité par la preuve plutôt que par le discours.
Le président du RNI a également développé une argumentation défensive face aux interrogations sur la légitimité de son parti : «Le RNI n’a pas besoin de défendre sa légitimité, car celle-ci découle de l’action, de l’interaction directe avec les citoyens et de la capacité à transformer les engagements en politiques publiques concrètes». Cette posture assumée d’un parti de gouvernement qui tire sa force de l’exercice du pouvoir marque une évolution dans le paysage politique marocain, où les formations au pouvoir adoptaient traditionnellement un profil plus bas. Le communiqué final a repris cette partition, affirmant que «le contexte national actuel, avec ses enjeux démocratiques et de développement, exige de tous les acteurs politiques d’élever le niveau de la pratique partisane, de privilégier la logique de responsabilité et d’intérêt général».
Cohésion de la coalition, atout stratégique affiché L’un des arguments récurrents du discours de M. Akhannouch a porté sur la solidité de la coalition gouvernementale. «Grâce à l’harmonie entre ses composantes et à la clarté de sa méthodologie, les partis de la coalition ont réussi à créer les conditions favorables pour la mise en œuvre du programme gouvernemental et le respect des engagements», a-t-il souligné, saluant «la cohésion et l’harmonie sans précédent qui caractérisent le travail de la majorité gouvernementale actuelle».
Cette insistance n’est pas anodine dans un contexte où les coalitions marocaines ont souvent été fragilisées par des tensions internes. Le RNI cherche manifestement à capitaliser sur cette stabilité comme élément différenciateur. Le communiqué a d’ailleurs consacré un point entier à cette question, exprimant «sa fierté de la performance collective de la majorité gouvernementale, fondée sur l’harmonie, le partage des responsabilités et la coordination efficace». La dimension parlementaire n’a pas été oubliée. Le texte final salue «la performance responsable et régulière des deux groupes parlementaires», soulignant «l’efficacité qui caractérise leur travail» dans la défense des politiques publiques et l’accompagnement des grands chantiers gouvernementaux.
Perspectives électorales et appel à la mobilisation Face aux échéances qui se profilent, le président du RNI a adopté un discours mobilisateur. «Nous appelons tout le monde à se diriger massivement vers les urnes, non seulement pour exercer un droit constitutionnel, mais pour renforcer le processus démocratique, consolider la confiance dans les institutions et contribuer effectivement à la construction d’un Maroc fort», a-t-il lancé, posant la participation électorale comme enjeu civique.
Le communiqué du conseil national a formalisé cette orientation en affirmant que «les échéances électorales constituent une étape charnière dans le processus d’ancrage du choix démocratique, une opportunité de renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions, de renouveler les élites et d’ouvrir le champ aux énergies prometteuses parmi les jeunes et les femmes». Cette formulation générale masque mal les ambitions électorales d’un parti qui espère capitaliser sur son bilan gouvernemental.
Sur le plan programmatique, le RNI a esquissé les contours de sa vision pour l’avenir, avec une emphase sur «la poursuite des réformes structurelles, le renforcement des fondements de la justice sociale et le raffermissement de la souveraineté économique». Des formulations suffisamment larges pour laisser de la marge de manœuvre, mais suffisamment précises pour signaler des axes prioritaires. Le communiqué évoque ainsi «le projet de l’État social comme référentiel régissant les politiques publiques». Reste à savoir si cette stratégie de l’ancrage par les réalisations résistera à l’épreuve du scrutin et aux dynamiques souvent imprévisibles des cycles électoraux.
