L’Assemblée générale des Nations unies tiendra, le 10 novembre prochain à New York, une séance consacrée aux vétos opposés lors du vote du 30 octobre sur le Sahara marocain. Cette réunion, officiellement annoncée dans une lettre datée du 2 novembre par le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, intervient après le rejet, par veto russe, du projet de résolution américain soutenu par 11 des 15 membres du Conseil de sécurité et plaçant le plan marocain d’autonomie au cœur du règlement politique.
Cette séance s’inscrit dans le cadre de la résolution 76/262, adoptée le 26 avril 2022, qui prévoit la convocation automatique de l’Assemblée générale dans les dix jours ouvrables suivant l’utilisation du droit de veto par un membre permanent du Conseil de sécurité. L’objectif est de permettre aux 193 États membres de débattre des circonstances du blocage et d’entendre les explications des puissances concernées.
Le mécanisme accorde ainsi une priorité de parole aux membres permanents ayant exercé leur veto et prévoit la transmission, par le Conseil de sécurité, d’un rapport spécial au moins 72 heures avant la réunion. Il ne permet toutefois ni d’annuler un veto ni de remettre aux voix le texte rejeté. Sa portée est essentiellement politique, en soumettant l’usage de ce privilège à un débat public devant l’ensemble des membres de l’Organisation.
Pour rappel, le projet américain, qui entendait consolider la dynamique engagée par la résolution 2797 de 2025 autour de l’initiative marocaine d’autonomie, avait recueilli 11 voix favorables, trois abstentions et une voix contre, celle de la Russie. Le contre-projet présenté par Moscou avait, pour sa part, échoué avec seulement trois voix favorables, onze abstentions et un vote négatif américain, sans atteindre la majorité requise de neuf voix. Le débat du 10 novembre portera donc sur l’exercice du droit de veto et les circonstances ayant empêché l’adoption des deux textes, sans constituer un nouvel examen du statut du Sahara. Il intervient alors que le mandat de la Minurso a expiré le 31 octobre, faute d’accord sur son renouvellement.
