La séquence du 30 octobre ne peut se comprendre sans revenir aux négociations engagées après l’adoption de la résolution 2797. En plaçant le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine au centre des tractations, le Conseil de sécurité avait modifié le cadre des discussions. Les réunions organisées à Washington et à Madrid au début de 2026 étaient censées consacrer cette orientation. Mais le retour de l’Algérie et du "polisario" à l’exigence référendaire a révélé une volonté manifeste de mettre fin à cette dynamique. C’est dans cette rupture que M. Lazrak situe la portée du veto russe, mais aussi le changement de méthode annoncé par le Maroc.
La résolution 2797, un changement de référence
La portée de la résolution 2797 du 31 octobre 2025 tient au changement de base qu’elle a introduit dans le processus politique. En plaçant le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine au centre des négociations, le Conseil de sécurité a redéfini le point de départ des discussions. Pour M. Lazrak, cette évolution est déterminante : «Le plan d’autonomie n’est plus une proposition, c’est la base de négociation.» Il ne s’agissait plus de maintenir plusieurs options sur un même plan, mais de conduire les négociations à partir du projet présenté par le Maroc.
Les réunions organisées à Washington les 18 et 19 janvier 2026, à Madrid les 8 et 9 février, puis de nouveau à Washington les 23 et 24 février ont donné une traduction concrète à cette orientation. Selon M. Lazrak, les échanges ont porté sur une version actualisée du document marocain, qui comptait 39 pages. Les discussions ont abordé les garanties internationales, le partage des ressources, l’amnistie, la réintégration des réfugiés, la démobilisation des milices du "polisario", les questions de sécurité et les systèmes électoraux. La création d’un conseil de transition, chargé de gérer les différentes étapes du processus, aurait également été envisagée.
Le niveau de détail atteint lors de ces consultations marque, du point de vue de M. Lazrak, une évolution importante : les discussions ne portaient plus seulement sur les principes d’un règlement, mais sur les conditions concrètes de mise en œuvre du plan. Pourtant, lors de la réunion des 23 et 24 février à Washington, l’Algérie et le "polisario" seraient revenus, selon lui, sur les points précédemment discutés pour réaffirmer «l’impératif d’une consultation référendaire». Ce retour à l’exigence référendaire a, à ses yeux, rompu la dynamique engagée autour du projet marocain.
Pour étayer sa lecture, M. Lazrak évoque l’exposé présenté par Staffan de Mistura devant le Conseil de sécurité, le 8 octobre 2026. L’envoyé personnel du Secrétaire général y aurait qualifié le document marocain de base solide pour les négociations et appelé le Conseil à clarifier les conditions de poursuite du processus.
Les réunions organisées à Washington les 18 et 19 janvier 2026, à Madrid les 8 et 9 février, puis de nouveau à Washington les 23 et 24 février ont donné une traduction concrète à cette orientation. Selon M. Lazrak, les échanges ont porté sur une version actualisée du document marocain, qui comptait 39 pages. Les discussions ont abordé les garanties internationales, le partage des ressources, l’amnistie, la réintégration des réfugiés, la démobilisation des milices du "polisario", les questions de sécurité et les systèmes électoraux. La création d’un conseil de transition, chargé de gérer les différentes étapes du processus, aurait également été envisagée.
Le niveau de détail atteint lors de ces consultations marque, du point de vue de M. Lazrak, une évolution importante : les discussions ne portaient plus seulement sur les principes d’un règlement, mais sur les conditions concrètes de mise en œuvre du plan. Pourtant, lors de la réunion des 23 et 24 février à Washington, l’Algérie et le "polisario" seraient revenus, selon lui, sur les points précédemment discutés pour réaffirmer «l’impératif d’une consultation référendaire». Ce retour à l’exigence référendaire a, à ses yeux, rompu la dynamique engagée autour du projet marocain.
Pour étayer sa lecture, M. Lazrak évoque l’exposé présenté par Staffan de Mistura devant le Conseil de sécurité, le 8 octobre 2026. L’envoyé personnel du Secrétaire général y aurait qualifié le document marocain de base solide pour les négociations et appelé le Conseil à clarifier les conditions de poursuite du processus.
Le projet américain et les limites du compromis
C’est dans ce contexte que M. Lazrak replace le projet américain soumis au vote le 30 octobre. «Ils (les Américains) ont placé la barre très haut», observe-t-il. Le texte ne se limitait pas au renouvellement du mandat de la Minurso, qui arrivait à échéance le 31 octobre 2026. Il cherchait à prolonger l’évolution engagée par la résolution 2797 en introduisant plusieurs dispositions relatives au processus politique et au fonctionnement de la mission.
Le projet retenait le plan d’autonomie présenté par le Maroc comme fondement des négociations. Il prévoyait également une évolution de la Minurso, avec la suppression de la référence au référendum dans son appellation, pour passer à une «Minuso», selon l’explication de M. Lazrak. Autre disposition relevée par l’invité : la consultation de la population sahraouie au-delà de la représentation exclusive du "polisario". Le texte comportait enfin une condamnation des tirs de mortier et de l’usage de la force militaire attribués au mouvement. M. Lazrak souligne l’importance de cette disposition, qui renvoyait à la question du respect du cessez-le-feu.
La question des réfugiés des camps de Tindouf figurait dans le projet américain qui demandait notamment le recensement de ces populations dans un délai de six mois, ainsi que la garantie de leur liberté de circulation. Selon M. Lazrak, cette démarche devait permettre aux personnes concernées de choisir librement leur destination : rester en Algérie, rejoindre le Maroc ou s’installer dans un autre pays. Il rappelle que le Royaume s’était déclaré prêt à les accueillir.
Ces dispositions, auxquelles s’ajoutait la remise en cause de la représentation exclusive du "polisario", étaient particulièrement sensibles pour Alger et le mouvement. M. Lazrak rappelle que le Polisario avait menacé de se retirer des négociations si le projet américain était adopté. Le texte a finalement recueilli onze voix favorables et trois abstentions – celles de la Chine, de la Somalie et du Pakistan – avant que la Russie n’y oppose son veto. Moscou a également présenté une contre-proposition, que M. Lazrak décrit comme un texte d’une seule page, insistant sur la nécessité de préserver le processus politique et du maintien en place de la Minurso. Elle a toutefois été bloquée par le veto américain.
Le projet retenait le plan d’autonomie présenté par le Maroc comme fondement des négociations. Il prévoyait également une évolution de la Minurso, avec la suppression de la référence au référendum dans son appellation, pour passer à une «Minuso», selon l’explication de M. Lazrak. Autre disposition relevée par l’invité : la consultation de la population sahraouie au-delà de la représentation exclusive du "polisario". Le texte comportait enfin une condamnation des tirs de mortier et de l’usage de la force militaire attribués au mouvement. M. Lazrak souligne l’importance de cette disposition, qui renvoyait à la question du respect du cessez-le-feu.
La question des réfugiés des camps de Tindouf figurait dans le projet américain qui demandait notamment le recensement de ces populations dans un délai de six mois, ainsi que la garantie de leur liberté de circulation. Selon M. Lazrak, cette démarche devait permettre aux personnes concernées de choisir librement leur destination : rester en Algérie, rejoindre le Maroc ou s’installer dans un autre pays. Il rappelle que le Royaume s’était déclaré prêt à les accueillir.
Ces dispositions, auxquelles s’ajoutait la remise en cause de la représentation exclusive du "polisario", étaient particulièrement sensibles pour Alger et le mouvement. M. Lazrak rappelle que le Polisario avait menacé de se retirer des négociations si le projet américain était adopté. Le texte a finalement recueilli onze voix favorables et trois abstentions – celles de la Chine, de la Somalie et du Pakistan – avant que la Russie n’y oppose son veto. Moscou a également présenté une contre-proposition, que M. Lazrak décrit comme un texte d’une seule page, insistant sur la nécessité de préserver le processus politique et du maintien en place de la Minurso. Elle a toutefois été bloquée par le veto américain.
Un suivi du Conseil de sécurité remis en question
Les conséquences institutionnelles du vote du 30 octobre dernier constituent l’un des principaux points de l’analyse de M. Lazrak. Car depuis que le dossier du Sahara est inscrit à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, les résolutions successives ont demandé au Secrétaire général des Nations unies et à son représentant de présenter des rapports. Elles ont également fourni le cadre du renouvellement périodique du mandat de la Minurso. Or le projet américain qui devait prolonger ce dispositif n’a pas été adopté.
Pour M. Lazrak, l’absence d’une nouvelle résolution prive le Conseil du fondement nécessaire à la tenue de ses réunions statutaires consacrées au dossier et à l’examen des rapports périodiques. «Aujourd’hui, il n’y a pas lieu de réunion du Conseil de sécurité sur l’affaire du Sahara», affirme-t-il. Il précise toutefois que cette situation n’empêche pas une nouvelle saisine : le Conseil peut être appelé à examiner le dossier à tout moment si l’un de ses membres le demande, notamment à la suite de nouveaux événements. Il distingue ainsi l’absence de réunion statutaire de la compétence du Conseil de sécurité, qui demeure susceptible d’être saisi. Le sort de la Minurso appelle la même prudence. M. Lazrak estime que le veto ouvre la voie au départ de la mission, faute de renouvellement de son mandat. Mais cela ne signifie pas pour autant que le dossier sera retiré des arcanes de l’ONU.
D’autres instances des Nations unies restent concernées. M. Lazrak cite notamment la Quatrième Commission, dont l’ordre du jour comprend toujours la question du Sahara. Il souligne que cette Commission ne dispose pas du droit de veto et que les rapports de forces y sont différents. L’expert souligne toutefois que le Maroc a la possibilité de saisir l’Assemblée générale afin de demander le retrait de la question du Sahara de l’ordre du jour de cette Commission. Une telle démarche serait soumise au vote des États membres.
Pour M. Lazrak, l’absence d’une nouvelle résolution prive le Conseil du fondement nécessaire à la tenue de ses réunions statutaires consacrées au dossier et à l’examen des rapports périodiques. «Aujourd’hui, il n’y a pas lieu de réunion du Conseil de sécurité sur l’affaire du Sahara», affirme-t-il. Il précise toutefois que cette situation n’empêche pas une nouvelle saisine : le Conseil peut être appelé à examiner le dossier à tout moment si l’un de ses membres le demande, notamment à la suite de nouveaux événements. Il distingue ainsi l’absence de réunion statutaire de la compétence du Conseil de sécurité, qui demeure susceptible d’être saisi. Le sort de la Minurso appelle la même prudence. M. Lazrak estime que le veto ouvre la voie au départ de la mission, faute de renouvellement de son mandat. Mais cela ne signifie pas pour autant que le dossier sera retiré des arcanes de l’ONU.
D’autres instances des Nations unies restent concernées. M. Lazrak cite notamment la Quatrième Commission, dont l’ordre du jour comprend toujours la question du Sahara. Il souligne que cette Commission ne dispose pas du droit de veto et que les rapports de forces y sont différents. L’expert souligne toutefois que le Maroc a la possibilité de saisir l’Assemblée générale afin de demander le retrait de la question du Sahara de l’ordre du jour de cette Commission. Une telle démarche serait soumise au vote des États membres.
Le communiqué du Cabinet Royal, une nouvelle feuille de route
Le 30 octobre dernier, un peu plus d’une heure après le vote du Conseil de sécurité, alors que les parties en question réfléchissaient toujours aux implications du veto russe, le communiqué du Cabinet Royal a donné le la. M. Lazrak le considère comme une feuille de route appelée à guider la suite du dossier. Pour lui, le Maroc ne se limite plus à gérer un processus encadré par les Nations unies : il entend modifier les paramètres qui en organisent le traitement. «On passe d’une logique de gestion d’un dossier à une approche de transformation profonde des paramètres», déclare M. Lazrak, précisant que le communiqué du Cabinet Royal réaffirme l'attachement du Maroc au cessez-le-feu, à la préservation de son intégrité territoriale et à sa sécurité. Il annonce également que les dynamiques internationales se poursuivront aux niveaux bilatéral et régional. M. Lazrak y voit une ouverture au dialogue avec l’Algérie et avec les partenaires de la région, notamment la Mauritanie. Le processus politique se trouve, selon lui, suspendu dans son cadre actuel, tandis que d’autres voies de dialogue restent ouvertes.
Mais cette évolution du dossier ne fait pas disparaître les contraintes géopolitiques. M. Lazrak explique le veto russe par les intérêts propres de Moscou et par ses relations avec Alger, qu’il replace notamment dans la situation sécuritaire au Sahel. Il évoque les liens entre les deux pays et les intérêts stratégiques qui les rapprochent. Il rappelle parallèlement que les relations entre Rabat et Moscou demeurent importantes.
Pour le Maroc, l’enjeu désormais consiste à préserver ses partenariats tout en consolidant les soutiens dont bénéficie le plan d’autonomie. M. Lazrak cite les États-Unis, la France et le Royaume-Uni parmi les trois partenaires permanents du Conseil de sécurité qu’il qualifie d’inconditionnels. Il estime que ces appuis constituent un atout dans l’hypothèse où une nouvelle résolution défavorable au Royaume serait présentée. Pour lui, le vote du 30 octobre a fait tomber le projet américain qui aurait pu consacrer davantage l’approche marocaine comme seule issue à ce conflit, mais n’efface pas, pour autant le changement de référence acquis en 2025.
Mais cette évolution du dossier ne fait pas disparaître les contraintes géopolitiques. M. Lazrak explique le veto russe par les intérêts propres de Moscou et par ses relations avec Alger, qu’il replace notamment dans la situation sécuritaire au Sahel. Il évoque les liens entre les deux pays et les intérêts stratégiques qui les rapprochent. Il rappelle parallèlement que les relations entre Rabat et Moscou demeurent importantes.
Pour le Maroc, l’enjeu désormais consiste à préserver ses partenariats tout en consolidant les soutiens dont bénéficie le plan d’autonomie. M. Lazrak cite les États-Unis, la France et le Royaume-Uni parmi les trois partenaires permanents du Conseil de sécurité qu’il qualifie d’inconditionnels. Il estime que ces appuis constituent un atout dans l’hypothèse où une nouvelle résolution défavorable au Royaume serait présentée. Pour lui, le vote du 30 octobre a fait tomber le projet américain qui aurait pu consacrer davantage l’approche marocaine comme seule issue à ce conflit, mais n’efface pas, pour autant le changement de référence acquis en 2025.
