À première vue, les thèmes semblent éloignés. D’un côté, les migrations et le rôle des diasporas. De l’autre, le logement et l’aménagement urbain. Pourtant, lors du 8e Congrès mondial de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), organisé du 22 au 26 juin à Tanger, les interventions de Abdellatif Maâzouz, président de la région de Casablanca-Settat, et de Taoufiq Benali, directeur de l’Agence urbaine de Casablanca, ont dessiné les contours d’un même défi : celui de l’inclusion dans une métropole en pleine transformation.
Cette réalité est particulièrement visible à Casablanca-Settat. Première région économique du Royaume, elle accueille aujourd’hui 60.902 résidents étrangers, soit près de 0,8% de sa population, ce qui en fait la première destination des migrants au niveau national. Présents dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, le bâtiment, les services financiers ou les nouvelles technologies, ces profils participent directement à la dynamique économique de la région.
Pour le responsable régional, cette évolution impose de dépasser une lecture exclusivement sécuritaire des migrations. La mobilité humaine doit désormais être intégrée aux politiques territoriales au même titre que l’emploi, le logement ou les infrastructures. «Les transformations démographiques et les mouvements de population deviennent des facteurs déterminants dans l’élaboration des politiques publiques et des modèles de développement», a-t-il souligné.
Dans cette logique, le président de région préconise également la création d’un observatoire national et d’observatoires régionaux de la mobilité humaine afin de mieux anticiper les flux, comprendre les évolutions démographiques et adapter les politiques publiques. Car pour lui, la capacité d’un territoire à attirer talents, investisseurs et nouveaux habitants soulève une question plus large : celle des conditions d’accueil et d’intégration au sein de la métropole. Une problématique qui renvoie directement aux enjeux du logement, de la mobilité et de l’aménagement urbain.
Le programme de relogement actuellement en cours, qui concerne 62.000 ménages, illustre cette approche. Selon le responsable, 80% des bénéficiaires sont relogés à proximité de leur lieu de résidence initial. Cette stratégie vise à préserver l’ancrage social et à garantir que la production de logements réponde aux besoins réels de tous les segments de la population, tout en soutenant l’investissement productif de la région.
À Casablanca, la réponse semble passer par une combinaison de politiques publiques articulant mobilité humaine, accès au logement, aménagement du territoire et cohésion sociale. Une équation complexe qui résume, à elle seule, plusieurs des grands enjeux débattus lors du Congrès mondial de CGLU à Tanger.
Une métropole qui attire talents et populations
Pour Abdellatif Maâzouz, l’attractivité d’une métropole ne se mesure plus uniquement à ses performances économiques. Elle dépend également de sa capacité à accueillir, intégrer et valoriser les mobilités humaines qui la traversent. Intervenant lors d’une conférence consacrée aux défis et opportunités des élus issus de la migration, il a défendu une vision où la migration devient un levier de développement territorial.Cette réalité est particulièrement visible à Casablanca-Settat. Première région économique du Royaume, elle accueille aujourd’hui 60.902 résidents étrangers, soit près de 0,8% de sa population, ce qui en fait la première destination des migrants au niveau national. Présents dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, le bâtiment, les services financiers ou les nouvelles technologies, ces profils participent directement à la dynamique économique de la région.
Pour le responsable régional, cette évolution impose de dépasser une lecture exclusivement sécuritaire des migrations. La mobilité humaine doit désormais être intégrée aux politiques territoriales au même titre que l’emploi, le logement ou les infrastructures. «Les transformations démographiques et les mouvements de population deviennent des facteurs déterminants dans l’élaboration des politiques publiques et des modèles de développement», a-t-il souligné.
Mobiliser les compétences au service du territoire
Au-delà des populations étrangères qui s’installent dans la région, Abdellatif Maâzouz met également en avant le potentiel des quelque six millions de Marocains du monde. Selon lui, Casablanca et les autres territoires du Royaume doivent apprendre à mieux capter cette richesse humaine, faite de compétences, d’expertise et de réseaux internationaux. S’inspirant de la capacité du Maroc à fédérer les talents de sa diaspora dans le football de haut niveau, il plaide pour la création d’une plateforme nationale des compétences permettant de mettre en relation les besoins des territoires avec les expertises marocaines établies à l’étranger. Santé, recherche, innovation, gouvernance locale : autant de domaines où la diaspora pourrait contribuer davantage au développement régional.Dans cette logique, le président de région préconise également la création d’un observatoire national et d’observatoires régionaux de la mobilité humaine afin de mieux anticiper les flux, comprendre les évolutions démographiques et adapter les politiques publiques. Car pour lui, la capacité d’un territoire à attirer talents, investisseurs et nouveaux habitants soulève une question plus large : celle des conditions d’accueil et d’intégration au sein de la métropole. Une problématique qui renvoie directement aux enjeux du logement, de la mobilité et de l’aménagement urbain.
Le logement, premier facteur d’inclusion
Cette réflexion sur l’inclusion trouve un prolongement naturel dans les questions de logement et d’aménagement urbain. Intervenant lors d’un panel consacré aux inégalités territoriales, Taoufiq Benali a rappelé que le logement ne pouvait être réduit à une simple marchandise. «Il constitue le socle sur lequel reposent de nombreux objectifs de développement durable», a-t-il expliqué. Le constat est mondial. Plus d’un milliard de personnes vivent aujourd’hui dans des conditions de logement inadéquates, tandis que l’accès à un habitat abordable devient de plus en plus difficile dans les grandes métropoles. À Casablanca, cette pression est accentuée par la croissance démographique, l’attractivité économique et la hausse de la valeur foncière.Contenir l’étalement urbain
Face à ces défis, la métropole a engagé depuis plusieurs années une réorganisation de son développement territorial. Selon Taoufiq Benali, le schéma directeur d’aménagement urbain de 2010 a marqué une rupture avec l’ancien modèle d’expansion linéaire. L’objectif est désormais de construire une métropole multipolaire, mieux connectée et moins dépendante de son centre historique. Cette stratégie repose sur plusieurs leviers : le développement des infrastructures de transport collectif, notamment le tramway, le renforcement des connexions entre les périphéries et les pôles d’emploi, mais aussi la création de trames vertes destinées à limiter l’artificialisation des sols et à préserver des espaces de respiration. L’enjeu est double : améliorer la mobilité tout en maîtrisant l’étalement urbain.Le risque de la gentrification
L’un des points les plus marquants de l’intervention de Taoufiq Benali concerne la financiarisation croissante du logement. «Les espaces de vie deviennent progressivement des actifs financiers», a-t-il observé, mettant en garde contre les risques de gentrification qui accompagnent ce phénomène. Pour éviter l’exclusion progressive des ménages modestes des zones les plus attractives, les autorités privilégient une densification maîtrisée autour des axes de transport et des opérations de renouvellement urbain permettant de maintenir les populations dans leur environnement d’origine.Le programme de relogement actuellement en cours, qui concerne 62.000 ménages, illustre cette approche. Selon le responsable, 80% des bénéficiaires sont relogés à proximité de leur lieu de résidence initial. Cette stratégie vise à préserver l’ancrage social et à garantir que la production de logements réponde aux besoins réels de tous les segments de la population, tout en soutenant l’investissement productif de la région.
Une même question : comment rester inclusif ?
Au-delà de leurs thématiques respectives, les interventions de Abdellatif Maâzouz et de Taoufiq Benali convergent vers une interrogation commune : comment une métropole attractive peut-elle continuer à intégrer les populations qu’elle attire ? Qu’il s’agisse des migrants internationaux, de la diaspora marocaine ou des ménages confrontés à la hausse du coût du logement, la question de l’inclusion apparaît désormais comme l’un des principaux défis des grandes villes.À Casablanca, la réponse semble passer par une combinaison de politiques publiques articulant mobilité humaine, accès au logement, aménagement du territoire et cohésion sociale. Une équation complexe qui résume, à elle seule, plusieurs des grands enjeux débattus lors du Congrès mondial de CGLU à Tanger.
