Menu
Search
Vendredi 06 Février 2026
S'abonner
close
Vendredi 06 Février 2026
Menu
Search

Le Maroc vit l’un des épisodes de pluies les plus intenses depuis des décennies

Les pluies exceptionnellement abondantes enregistrées récemment, en particulier dans le nord et le nord-ouest du Royaume, placent cet épisode parmi les trois plus pluvieux observés depuis plusieurs décennies. Selon les données de la Direction générale de la météorologie, certaines régions ont enregistré des cumuls équivalents à plusieurs mois de pluie, confirmant le caractère hors norme de cette séquence météorologique.

Ph : Saouri
Ph : Saouri
Après sept années consécutives marquées par une sécheresse persistante, le Maroc vient de connaître un épisode pluviométrique d’une intensité rare, contrastant fortement avec les déficits hydriques accumulés au fil des saisons, souligne la Direction générale de la météorologie. Ces précipitations, concentrées sur une courte période mais d’une ampleur exceptionnelle, constituent un tournant climatique notable, tant par leur volume que par leur répartition géographique, et rappellent la variabilité extrême qui caractérise désormais le régime pluviométrique du pays.



Entre le dimanche 1er février et le vendredi 6 février à six heures du matin, les cumuls de pluie ont révélé de forts contrastes régionaux, avec une concentration exceptionnelle sur le nord et le nord-ouest du Royaume. Tanger arrive en tête avec 197 mm enregistrés, suivie de Chefchaouen (185 mm) et de Tanger-Port (152 mm), des niveaux très élevés traduisant la persistance de perturbations humides en provenance de l’Atlantique.

Plusieurs localités ont dépassé le seuil des 100 mm, notamment Larache avec 102,2 mm. Les zones montagneuses ont également enregistré des volumes significatifs, avec 94 mm à Ifrane et 81 mm à Tétouan, confirmant la vigueur des précipitations sur le Rif et le Moyen Atlas.

Le Maroc vit l’un des épisodes de pluies les plus intenses depuis des décennies



Sur les plaines atlantiques, les quantités relevées demeurent importantes, atteignant 77,2 mm à Kénitra et 58,3 mm à Rabat-Salé. Les villes du centre, telles que Meknès et Rabat (33,2 mm) ou Casablanca (31,2 mm), ont connu des pluies plus modérées. En revanche, les régions méridionales ont été relativement moins concernées, avec 15 mm à Safi, 14,4 mm à Marrakech, et autour de 7 mm à Agadir et Al Hoceima.

Ces données confirment le caractère tout à fait exceptionnel des précipitations observées à l’extrême nord-ouest du pays, notamment dans le bassin du Loukkos, où les cumuls enregistrés correspondent aux moyennes de deux à trois mois de pluie.

L’intensité de l’épisode s’est particulièrement manifestée durant les journées de lundi et mardi, avec 142 mm enregistrés à Tanger, 111 mm à Chefchaouen et 76 mm à Larache, soit des volumes proches du cumul moyen de deux mois en moins de 48 heures. La seule journée du mardi a été marquée par des records locaux, notamment dans la province de Taounate et les zones avoisinantes, avec 130 mm à Aïn Aïcha, 115 mm à Ksar Sghir, et plus de 110 mm à Taounate-ville et Bouhouda.



Selon les explications de la Direction générale de la météorologie, cette situation s’explique par une configuration atmosphérique inhabituelle, marquée par un affaiblissement de la circulation de la dépression polaire. Ce phénomène a favorisé la descente de masses d’air froid vers des latitudes plus basses et contraint les perturbations atlantiques à emprunter des trajectoires méridionales peu fréquentes, atteignant à la fois le sud-ouest de l’Europe et le nord du Maroc.

Le renforcement du courant-jet a, par ailleurs, facilité le transport de volumes exceptionnels d’humidité sous forme de « rivières atmosphériques », donnant naissance à des perturbations à la fois puissantes et durables. La convergence de ces facteurs a entraîné une succession de systèmes pluvieux sur la façade nord-ouest du Royaume, provoquant des précipitations continues et parfois intenses, notamment à Chefchaouen, dans l’ouest du Rif, la région de M’diq-Fnideq et les zones avoisinantes.

À la lumière des données climatiques disponibles, le premier semestre de l’hiver en cours est ainsi classé comme le troisième plus pluvieux jamais enregistré, derrière ceux de 1996 et 2010, confirmant le caractère exceptionnel de cet épisode dans un contexte marqué, ces dernières années, par une raréfaction prolongée des ressources hydriques.
Lisez nos e-Papers