La Coupe d’Afrique des nations 2025, organisée au Maroc, ne se limite pas aux performances sportives et aux enjeux footballistiques. Au-delà des stades pleins, des chants de supporters et de la ferveur populaire, la compétition se joue aussi sur un autre terrain : celui des réseaux sociaux. TikTok, Instagram et YouTube sont devenus des tribunes parallèles où influenceurs marocains et étrangers racontent, mettent en scène et parfois détournent l’événement continental. Une présence massive qui interroge autant qu’elle séduit.
Une vitrine numérique pour le Maroc
En effet, depuis le coup d’envoi de la CAN, de nombreux créateurs de contenu marocains et étrangers investissent les plateformes numériques pour documenter leur expérience. À travers des vidéos courtes, des directs ou des récits immersifs, ils contribuent à diffuser une image dynamique du pays hôte. Gastronomie, hospitalité, ambiance populaire et découvertes urbaines composent un récit largement positif, relayé à une échelle internationale. Pour certains observateurs, cette exposition constitue une forme de diplomatie numérique informelle, capable de renforcer l’attractivité du Maroc bien au-delà du cadre sportif.
Toutefois, cette visibilité accrue s’accompagne de dérives qui suscitent débats et controverses. Certaines publications, jugées provocatrices ou contraires aux normes sociales, ont provoqué l’indignation d’une partie de l’opinion publique. Dans un contexte où la CAN est perçue comme un événement fédérateur et porteur de symboles forts, ces comportements sont vécus comme des ruptures avec l’esprit collectif qui accompagne traditionnellement ce type de manifestation.
Pour le sociologue Hamid Wajdi, ces tensions traduisent un phénomène plus profond. «La CAN agit comme un révélateur des mutations sociales contemporaines. Elle met en lumière le glissement d’un espace public structuré par des règles collectives vers un espace numérique dominé par la logique de l’attention», explique-t-il. Selon lui, l’influenceur incarne une figure nouvelle, située à la frontière entre reconnaissance sociale et marchandisation de soi. «La visibilité devient une ressource centrale. Dans ce cadre, la transgression n’est pas toujours accidentelle : elle peut être perçue comme une stratégie de distinction», analyse le sociologue.
Toutefois, cette visibilité accrue s’accompagne de dérives qui suscitent débats et controverses. Certaines publications, jugées provocatrices ou contraires aux normes sociales, ont provoqué l’indignation d’une partie de l’opinion publique. Dans un contexte où la CAN est perçue comme un événement fédérateur et porteur de symboles forts, ces comportements sont vécus comme des ruptures avec l’esprit collectif qui accompagne traditionnellement ce type de manifestation.
Pour le sociologue Hamid Wajdi, ces tensions traduisent un phénomène plus profond. «La CAN agit comme un révélateur des mutations sociales contemporaines. Elle met en lumière le glissement d’un espace public structuré par des règles collectives vers un espace numérique dominé par la logique de l’attention», explique-t-il. Selon lui, l’influenceur incarne une figure nouvelle, située à la frontière entre reconnaissance sociale et marchandisation de soi. «La visibilité devient une ressource centrale. Dans ce cadre, la transgression n’est pas toujours accidentelle : elle peut être perçue comme une stratégie de distinction», analyse le sociologue.
Un métier encore peu encadré
Cette logique se heurte cependant aux attentes sociales qui entourent un événement d’envergure continentale. La CAN, souligne Hamid Wajdi, n’est pas un simple spectacle. «Elle mobilise des symboles nationaux, une fierté collective et une représentation du pays à l’échelle africaine et internationale. Toute mise en scène individuelle est alors évaluée à l’aune de cette dimension symbolique.» Les réactions suscitées par certaines publications révèlent ainsi un conflit de normes entre l’univers numérique, marqué par l’instantanéité et la recherche du buzz, et l’espace social, attaché à des valeurs de respect, de retenue et de responsabilité. Ce décalage alimente un débat récurrent sur la place des influenceurs dans l’espace public marocain et sur les limites de leur liberté d’expression.
La question de la régulation s’impose dès lors avec acuité. Le métier d’influenceur, encore insuffisamment encadré, évolue dans un cadre juridique flou, où les sanctions interviennent souvent a posteriori. «L’absence de règles claires crée de l’incompréhension, tant chez les créateurs que chez le public», estime Hamid Wajdi, qui plaide pour une approche dépassant la seule dimension répressive. Selon lui, la réponse passe aussi par une réflexion collective sur l’éducation aux médias et à la citoyenneté numérique. «Les influenceurs sont le produit d’une société en transformation, notamment d’une jeunesse en quête de reconnaissance. Les stigmatiser sans interroger les mécanismes qui les produisent serait réducteur», souligne-t-il.
La séquence observée durant la CAN 2025 rappelle ainsi que les réseaux sociaux ne constituent plus un espace périphérique, mais un prolongement direct de l’espace public. La présence des influenceurs, qu’elle soit saluée ou critiquée, révèle l’absence de repères partagés sur les limites et les responsabilités dans ce nouvel environnement. Un constat qui dépasse le cadre de la compétition sportive et pose, de manière durable, la question de la gouvernance de l’expression numérique.
La séquence observée durant la CAN 2025 rappelle ainsi que les réseaux sociaux ne constituent plus un espace périphérique, mais un prolongement direct de l’espace public. La présence des influenceurs, qu’elle soit saluée ou critiquée, révèle l’absence de repères partagés sur les limites et les responsabilités dans ce nouvel environnement. Un constat qui dépasse le cadre de la compétition sportive et pose, de manière durable, la question de la gouvernance de l’expression numérique.
