Chaque jour, le cancer emporte plus de 26.000 personnes à travers le monde. Avec près de 10 millions de décès enregistrés chaque année, il demeure la deuxième cause de mortalité mondiale après les maladies cardiovasculaires. Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les perspectives sont encore plus préoccupantes. Sous l’effet combiné de la croissance démographique, du vieillissement de la population et de l’évolution des modes de vie, le nombre de nouveaux cas devrait augmenter de près de 70% au cours des vingt-cinq prochaines années.
Mais derrière cette progression se cache une réalité plus inquiétante encore : les inégalités face au cancer continuent de se creuser. Selon l’Organisation, les chances de survivre à la maladie dépendent aujourd’hui autant de l’endroit où l’on vit que de la qualité des traitements disponibles. À titre d’exemple, le taux de survie à cinq ans des femmes atteintes d’un cancer du sein atteint 87% dans les pays à revenu élevé, contre seulement 42% dans les pays à faible revenu.
L’allongement de l’espérance de vie, l’urbanisation, les changements des habitudes alimentaires, la sédentarité ou encore l’augmentation du surpoids modifient progressivement le profil épidémiologique du pays. Cette évolution laisse présager une hausse continue du nombre de patients nécessitant un diagnostic, un traitement et un suivi à long terme.
L’OMS rappelle que les systèmes de santé des pays à revenu intermédiaire devront absorber une part importante de cette augmentation mondiale, alors même que les ressources humaines, les infrastructures et les capacités de prise en charge restent souvent limitées.
Cette alerte intervient alors que le Maroc vient d’entrer dans la dernière phase de son Plan national de prévention et de contrôle du cancer (2020-2029). Réuni cette semaine sous la présidence du ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, le comité de pilotage du programme a validé les priorités qui guideront l’action publique pour la période 2027-2029. Elles portent notamment sur le renforcement de la prévention, du dépistage, de l’accès équitable aux traitements, du développement des ressources humaines, de la transformation numérique, de la gouvernance ainsi que sur la réduction des disparités territoriales dans la prise en charge.
Le ministère souligne que les Centres publics d’oncologie assurent aujourd’hui le suivi de plus de 110.000 patients par an, dont près de 24.000 nouveaux cas, tandis que 59 centres de référence de santé reproductive participent au dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus. L’évaluation à mi-parcours du Plan national met aussi en avant le renforcement du réseau des établissements spécialisés, l’amélioration de l’accès aux médicaments innovants, le développement des soins palliatifs et l’extension des programmes de dépistage.
Les autorités reconnaissent toutefois que plusieurs défis demeurent. Parmi les priorités identifiées figurent l’amélioration de la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV), le renforcement de la prévention des cancers liés aux risques professionnels et environnementaux, ainsi que l’optimisation des parcours de diagnostic et de prise en charge conformément aux standards internationaux.
Les dernières estimations du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), publiées dans «Globocan 2022», illustrent l’ampleur du défi. Le Royaume enregistre chaque année 63.609 nouveaux cas de cancer et 36.947 décès liés à la maladie. Plus de 154.884 personnes vivent avec un cancer dans les cinq années suivant leur diagnostic. Le cancer du sein demeure le plus fréquent, devant les cancers du poumon et colorectal, tandis que le cancer du poumon reste la première cause de mortalité par cancer.
d’importance.
L’obésité, le manque d’activité physique, une alimentation déséquilibrée, la consommation d’alcool ainsi que la pollution atmosphérique participent désormais à l’augmentation de plusieurs types de cancers. Les infections, notamment celles liées au HPV, à l’hépatite B, à l’hépatite C ou encore à Helicobacter pylori, continuent aussi de représenter une part importante des cancers évitables. Pour l’OMS, investir davantage dans la prévention constitue l’un des moyens les plus efficaces pour limiter la progression future de la maladie tout en réduisant les coûts pour les systèmes de santé.
Cependant, ces progrès restent très inégalement répartis. Moins d’un pays sur trois inclut aujourd’hui la prise en charge du cancer dans son panier de soins couvert par la couverture sanitaire universelle. Les médicaments essentiels demeurent difficilement accessibles dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, où leur disponibilité varie entre 9% et 54%, contre près de 70 à 94% dans les pays les plus riches.Les écarts apparaissent aussi dans le dépistage. Dans les pays développés, la majorité des cancers du sein sont détectés à un stade précoce, ce qui améliore fortement les chances de guérison. À l’inverse, dans de nombreux pays à revenu intermédiaire, les diagnostics interviennent encore trop tardivement, compliquant la prise en charge.
Le manque d’équipements constitue un autre défi majeur. Plusieurs pays ne disposent toujours pas de services de radiothérapie, tandis que d’autres souffrent de pénuries d’appareils ou de personnel spécialisé.
Au moins 45% des personnes interrogées déclarent avoir rencontré des difficultés financières, plus de la moitié évoquent des problèmes de santé mentale et la quasi-totalité des aidants affirment subir une forte pression liée aux soins quotidiens, à la perte de revenus ou à l’isolement social.
Pour de nombreux ménages, le coût des traitements, des déplacements, de l’arrêt de travail ou encore des soins non remboursés peut rapidement devenir insupportable. L’OMS estime qu’environ une famille sur deux confrontée au cancer est exposée à des dépenses de santé catastrophiques.
Pour le Maroc, ce diagnostic fait écho aux orientations retenues dans la dernière phase du Plan national de prévention et de contrôle du cancer. Si les autorités mettent en avant des avancées en matière de prise en charge, de dépistage et d’accès aux traitements, les projections de l’OMS montrent que les besoins continueront de croître au cours des prochaines décennies sous l’effet du vieillissement de la population et de l’augmentation attendue du nombre de cas. Le renforcement de la prévention, du dépistage précoce, des infrastructures, des ressources humaines, de l’accès équitable aux traitements, de la transformation numérique et de la protection sociale des patients apparaît ainsi plus que jamais comme une priorité. L’enjeu sera non seulement d’accompagner l’augmentation du nombre de malades, mais aussi de faire en sorte que cette progression ne se traduise pas par un creusement des inégalités face à la maladie.
Mais derrière cette progression se cache une réalité plus inquiétante encore : les inégalités face au cancer continuent de se creuser. Selon l’Organisation, les chances de survivre à la maladie dépendent aujourd’hui autant de l’endroit où l’on vit que de la qualité des traitements disponibles. À titre d’exemple, le taux de survie à cinq ans des femmes atteintes d’un cancer du sein atteint 87% dans les pays à revenu élevé, contre seulement 42% dans les pays à faible revenu.
Le Maroc directement concerné par cette évolution
Même si le Rapport ne consacre pas d’analyse spécifique au Royaume, les constats dressés par l’OMS concernent pleinement le Maroc. Classé parmi les pays à revenu intermédiaire, il est confronté à une transition démographique rapide qui s’accompagne d’une augmentation progressive des maladies non transmissibles, notamment des cancers.L’allongement de l’espérance de vie, l’urbanisation, les changements des habitudes alimentaires, la sédentarité ou encore l’augmentation du surpoids modifient progressivement le profil épidémiologique du pays. Cette évolution laisse présager une hausse continue du nombre de patients nécessitant un diagnostic, un traitement et un suivi à long terme.
L’OMS rappelle que les systèmes de santé des pays à revenu intermédiaire devront absorber une part importante de cette augmentation mondiale, alors même que les ressources humaines, les infrastructures et les capacités de prise en charge restent souvent limitées.
Cette alerte intervient alors que le Maroc vient d’entrer dans la dernière phase de son Plan national de prévention et de contrôle du cancer (2020-2029). Réuni cette semaine sous la présidence du ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, le comité de pilotage du programme a validé les priorités qui guideront l’action publique pour la période 2027-2029. Elles portent notamment sur le renforcement de la prévention, du dépistage, de l’accès équitable aux traitements, du développement des ressources humaines, de la transformation numérique, de la gouvernance ainsi que sur la réduction des disparités territoriales dans la prise en charge.
Le ministère souligne que les Centres publics d’oncologie assurent aujourd’hui le suivi de plus de 110.000 patients par an, dont près de 24.000 nouveaux cas, tandis que 59 centres de référence de santé reproductive participent au dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus. L’évaluation à mi-parcours du Plan national met aussi en avant le renforcement du réseau des établissements spécialisés, l’amélioration de l’accès aux médicaments innovants, le développement des soins palliatifs et l’extension des programmes de dépistage.
Les autorités reconnaissent toutefois que plusieurs défis demeurent. Parmi les priorités identifiées figurent l’amélioration de la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV), le renforcement de la prévention des cancers liés aux risques professionnels et environnementaux, ainsi que l’optimisation des parcours de diagnostic et de prise en charge conformément aux standards internationaux.
Les dernières estimations du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), publiées dans «Globocan 2022», illustrent l’ampleur du défi. Le Royaume enregistre chaque année 63.609 nouveaux cas de cancer et 36.947 décès liés à la maladie. Plus de 154.884 personnes vivent avec un cancer dans les cinq années suivant leur diagnostic. Le cancer du sein demeure le plus fréquent, devant les cancers du poumon et colorectal, tandis que le cancer du poumon reste la première cause de mortalité par cancer.
Près de quatre cancers sur dix pourraient être évités
L’un des principaux messages du Rapport de l’OMS est que cette progression n’est pas une fatalité. Selon l’Organisation, près de 40% des cancers sont liés à des facteurs de risque évitables. Le tabac demeure le premier facteur de risque. Les progrès enregistrés ces dernières années montrent d’ailleurs l’efficacité des politiques antitabac : depuis 2010, la consommation mondiale de tabac a diminué de 27%, contribuant au recul de certains cancers, notamment celui du poumon. L’OMS attire, toutefois, l’attention sur l’émergence d’autres facteurs de risque qui prennent de plus en plusd’importance.
L’obésité, le manque d’activité physique, une alimentation déséquilibrée, la consommation d’alcool ainsi que la pollution atmosphérique participent désormais à l’augmentation de plusieurs types de cancers. Les infections, notamment celles liées au HPV, à l’hépatite B, à l’hépatite C ou encore à Helicobacter pylori, continuent aussi de représenter une part importante des cancers évitables. Pour l’OMS, investir davantage dans la prévention constitue l’un des moyens les plus efficaces pour limiter la progression future de la maladie tout en réduisant les coûts pour les systèmes de santé.
Des progrès, mais des inégalités persistantes
Le Rapport reconnaît plusieurs avancées importantes réalisées au cours des quinze dernières années. Aujourd’hui, 82% des pays disposent d’un plan national de lutte contre le cancer, contre seulement 50% en 2010. Les campagnes de vaccination contre le papillomavirus permettent progressivement de faire reculer les cancers du col de l’utérus, tandis que les essais cliniques et les innovations thérapeutiques continuent de se multiplier.Cependant, ces progrès restent très inégalement répartis. Moins d’un pays sur trois inclut aujourd’hui la prise en charge du cancer dans son panier de soins couvert par la couverture sanitaire universelle. Les médicaments essentiels demeurent difficilement accessibles dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, où leur disponibilité varie entre 9% et 54%, contre près de 70 à 94% dans les pays les plus riches.Les écarts apparaissent aussi dans le dépistage. Dans les pays développés, la majorité des cancers du sein sont détectés à un stade précoce, ce qui améliore fortement les chances de guérison. À l’inverse, dans de nombreux pays à revenu intermédiaire, les diagnostics interviennent encore trop tardivement, compliquant la prise en charge.
Le manque d’équipements constitue un autre défi majeur. Plusieurs pays ne disposent toujours pas de services de radiothérapie, tandis que d’autres souffrent de pénuries d’appareils ou de personnel spécialisé.
Une maladie aux lourdes conséquences sociales
Le Rapport dépasse aussi la seule dimension médicale pour s’intéresser aux conséquences du cancer sur les patients et leurs proches. Pour la première fois, l’OMS a interrogé directement des personnes concernées par la maladie dans plusieurs pays. Les résultats montrent que le cancer entraîne bien souvent une succession d’épreuves dépassant largement le cadre sanitaire.Au moins 45% des personnes interrogées déclarent avoir rencontré des difficultés financières, plus de la moitié évoquent des problèmes de santé mentale et la quasi-totalité des aidants affirment subir une forte pression liée aux soins quotidiens, à la perte de revenus ou à l’isolement social.
Pour de nombreux ménages, le coût des traitements, des déplacements, de l’arrêt de travail ou encore des soins non remboursés peut rapidement devenir insupportable. L’OMS estime qu’environ une famille sur deux confrontée au cancer est exposée à des dépenses de santé catastrophiques.
Une alerte qui conforte les priorités du Maroc
Au-delà des chiffres, le Rapport de l’OMS rappelle que la lutte contre le cancer ne peut plus reposer uniquement sur les traitements. L’Organisation appelle les gouvernements à agir sur l’ensemble du parcours de soins, depuis la prévention et le dépistage jusqu’à l’accès aux traitements, aux soins palliatifs et à l’accompagnement social. Le Rapport formule sept recommandations regroupées autour de trois grands axes : renforcer les capacités des systèmes de santé, améliorer la protection des personnes touchées par le cancer et orienter les investissements vers les interventions offrant le meilleur bénéfice pour les patients.Pour le Maroc, ce diagnostic fait écho aux orientations retenues dans la dernière phase du Plan national de prévention et de contrôle du cancer. Si les autorités mettent en avant des avancées en matière de prise en charge, de dépistage et d’accès aux traitements, les projections de l’OMS montrent que les besoins continueront de croître au cours des prochaines décennies sous l’effet du vieillissement de la population et de l’augmentation attendue du nombre de cas. Le renforcement de la prévention, du dépistage précoce, des infrastructures, des ressources humaines, de l’accès équitable aux traitements, de la transformation numérique et de la protection sociale des patients apparaît ainsi plus que jamais comme une priorité. L’enjeu sera non seulement d’accompagner l’augmentation du nombre de malades, mais aussi de faire en sorte que cette progression ne se traduise pas par un creusement des inégalités face à la maladie.
