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Grèves des enseignants : Il faut sortir de l'impasse, l'appel de Noureddine Ayouch

C'est la voix de la sagesse, celle de Noureddine Ayouch, président fondateur de la Fondation Zakoura Education et ancien membre du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique. Reconnaissant aux enseignants la légitimité de défendre leurs droits et la nécessité de faire avancer la réforme du secteur de l'Éducation, il rappelle l'importance de placer l'intérêt des apprenants en haut des préoccupations des uns et des autres. M. Ayouch était l'invité de l'émission «L'Info en Face» du mercredi 29 novembre.

C'est une crise qui n'a que trop duré ! D'une part, le gouvernement qui promet une révision du nouveau statut des fonctionnaires de l'Éducation nationale et, d'autre part, les enseignants qui rejettent le gel de ce texte et continuent de faire grève, et au milieu, des milliers d'apprenants qui sont à l'arrêt. Une situation complexe, mais qui peut être résolue via un dialogue auquel prendraient part l'ensemble des parties concernées.

Grève des enseignants : Le principal facteur de tension est la rémunération (Noureddine Ayouch)

Noureddine Ayouch a dressé un constat alarmant de l'état de l'école publique au Maroc, mettant en avant «la rémunération comme le principal facteur de tension». Pour lui, «la revalorisation du statut de l'enseignant passe inévitablement par une révision correcte des salaires». Le statut unifié, bien que comportant des aspects intéressants, a été critiqué une fois publié dans le Bulletin officiel, ce qui laisse entendre un manque de communication entre les parties concernées. La déception des enseignants qui s'attendaient à une revalorisation de leurs salaires a été grande, explique M. Ayouch, déplorant «une détérioration continue au fil des ans».

Ce cafouillage autour de ce statut fait remonter à la surface le problème de la multiplication des représentants du secteur, entre syndicats, fédérations ou encore coordinations. Cette problématique de la représentativité des enseignants a entraîné un problème au niveau de la communication. «Aujourd’hui, il n’y a pas que les syndicats qui s'expriment au nom des enseignants, mais on trouve également une vingtaine de coordinations. Devant cette diversité, je pense que le gouvernement ne peut pas recevoir tout le monde en même temps», a-t-il expliqué. Il a préconisé, dans ce sens, de désigner un ou deux représentants pour faciliter les discussions avec le gouvernement.

Un climat de méfiance entre les enseignants et les acteurs politiques

Noureddine Ayouch a alerté également sur le climat de méfiance qui existe entre les enseignants et les acteurs politiques, ce qui engendre des problématiques majeures au sein du système éducatif marocain, a affirmé M. Ayouch. Il a noté dans ce sens que «les enseignants expriment toujours leur déception à travers des réclamations qui, selon eux, ne se concrétisent pas par des actions tangibles de la part du gouvernement».

Le président fondateur de la Fondation Zakoura Éducation a préconisé une solution radicale pour rétablir la confiance. Selon lui, il est impératif de consacrer le budget nécessaire à ce secteur crucial. «Je préfère qu’on suspende une infrastructure et qu’on mette cet argent au niveau de l’enseignement», a-t-il lancé. L'idée selon lui est de hisser le secteur de l'Éducation en haut des priorités en la considérant comme un investissement essentiel dans le futur du pays.

Par ailleurs, l'ancien membre du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique a souligné le rôle clé de l'enseignant qui va au-delà de l'enseignement pur. Il a noté le besoin pour les enseignants d'être formés pour jouer le rôle de psychologues, qui écoutent et orientent les enfants. Dans ce contexte, il a mis en lumière le problème de la migration des élèves de l'école publique vers le privé en raison de la détérioration du niveau de l'enseignement. «Les parents, aujourd’hui, retirent leurs enfants de l’école publique et les placent dans le privé, parce qu’ils se sont rendu compte que le niveau et la qualité de l’enseignement sont en détérioration grave», a-t-il constaté.

En somme, il devient urgent de rétablir la confiance entre toutes les parties concernées par ce dossier. Selon M. Ayouch, il faut renouer le dialogue à travers des réunions de concertation plus efficaces. Il suggère dans ce sens que les syndicats et les coordinations se mettent d'accord entre eux et désignent un ou deux interlocuteurs pour discuter avec le gouvernement. Cette approche plus structurée faciliterait la communication et renforcerait la représentativité des enseignants dans les discussions, permettant ainsi des négociations plus transparentes et productives. Mais tous devront privilégier l'intérêt de l'élève.
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