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Entre nostalgie et espoir, le premier Ramadan des rescapés après le séisme

Les rescapés du séisme d’Al Haouz vivent leur premier Ramadan après la catastrophe. Contraints de passer ce mois sacré dans des tentes, les sinistrés n’oublient pas tout ce qu’ils ont perdu, mais s’accrochent aux valeurs et traditions qui font la richesse du Ramadan, gardant espoir d’un avenir meilleur. Ils peuvent aussi compter sur l’aide des associations qui multiplient les actions solidaires dans la région durant le mois béni.

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Six mois se sont écoulés depuis le violent séisme d’Al Haouz. Les survivants de cette catastrophe tentent tant bien que mal de s’adapter à leur nouveau quotidien. L’avènement du Ramadan est un défi de plus auquel est confrontée cette population plongée dans une précarité sans précédent. Pour les sinistrés, ce mois est synonyme de nostalgie et de deuil. Au cœur des tentes où résonnent encore les échos du séisme dévastateur, ils ne peuvent s’empêcher de penser à tout ce qu’ils ont perdu et se remémorer de précieux souvenirs partagés avec leurs proches durant le mois sacré. «Ce mois du Ramadan est notre premier après le séisme. Nous sommes croyants et reconnaissants d’être encore en vie, mais nous ne pouvons pas oublier tout ce qui s’est passé. Nous avons perdu nos foyers, nos biens, nos proches, nos enfants... des occasions spéciales comme celle du Ramadan nous font penser plus souvent à eux. Certes, avant la catastrophe, nous n’avions pas grand-chose, mais nous passions des moments agréables autour d’une table de Ftour très simple sous un toit qui nous protégeait», confie Fatiha, du douar Talat N’Yaaqoub.

Courage et résilience des victimes du séisme

Malgré la tristesse et la douleur qu’ils portent dans leurs cœurs, les habitants des villages frappés par le séisme témoignent d’un courage remarquable et d’une résilience face à l’adversité. Dans leurs refuges fragiles, ils sont déterminés à reconstruire leurs vies et font de leur mieux pour maintenir les traditions et rituels de ce mois béni. «Le Ramadan est mois de partage et de solidarité. Même si nos ressources sont limitées, nous nous efforçons de maintenir nos valeurs précieuses et les transmettre aux jeunes enfants. Chaque repas que nous partageons, chaque prière que nous faisons ensemble nous allie encore plus et nous aident à oublier les difficultés que nous traversons», témoigne Mohamed du douar Tikekht, qui a perdu toute sa famille.

Le quotidien des femmes dans ces villages durant le mois sacré n’est pas de tout repos. Chaque jour, dès le matin, elles se lèvent pour rassembler ce dont elles ont besoin pour préparer le repas du Ftour malgré les conditions météorologiques difficiles. «Pendant ce mois de Ramadan, il fait très chaud le jour et très froid la nuit, ce qui est dur à supporter lorsqu’on vit dans une tente. Nous avons la chance de recevoir des paniers alimentaires offerts par des bienfaiteurs. Cela nous aide énormément à subvenir à nos besoins durant ce mois de jeûne. Les associations nous ont également fourni des fours et d’autres ustensiles de cuisine. Les femmes du douar partagent des moments agréables en préparant ensemble le repas du Ftour», raconte Souad, du douar Tikekht. «Nous préparons des mets traditionnels simples comme Harira, Msemen, Baghrir, du pain... que nous partageons tous ensemble au moment de la rupture du jeûne. Nous acceptons notre destin et gardons espoir que demain sera meilleur», ajoute-t-elle.

Les ONG s’activent pendant le Ramadan

Les actions solidaires visant à soutenir les sinistrés n’ont pas arrêté depuis le premier jour de la catastrophe. Même si la quantité de dons a considérablement baissé en comparaison avec les premières semaines, les associations n’ont pas arrêté d’apporter leur soutien aux habitants des douars. Ces actions se multiplient durant le mois sacré. «Cette année est une année spéciale pour notre association dont les actions n'ont subi aucune trêve depuis le séisme. Durant le mois sacré du Ramadan nous redoublons d'effort pour soutenir les zones enclavées où nous avons l'habitude de travailler, mais surtout nous pensons à réconforter ces milliers de familles encore sous les tentes suite à l'effondrement de tout ce qui constituait leur vie auparavant», déclare au journal «Le Matin» Selwa Zine, présidente d'El Baraka Angels. «Comme toujours, nous essayons de mettre la barre très haut et grâce à la confiance de nos donateurs et partenaires nous arrivons presque toujours à atteindre nos objectifs. Le fait que nous soyons toujours actifs et surtout productifs sur Al Haouz plusieurs mois après la catastrophe le prouve. Durant ce mois du Ramadan, Al Haouz reste pour nous notre cible phare. Le maximum de nos dons y est redistribué qu’il s’agisse de denrées alimentaires, vêtements, couvertures, tentes... C'est vrai que les temps sont difficiles pour tout le monde, mais cette main tendue vers les démunis, cette chaîne de solidarité vers les sinistrés du séisme doit continuer jusqu'à ce que ces familles retrouvent un toit décent et une vie normale», insiste la présidente de l’association.

L’association Jood s’active aussi durant ce mois pour être au chevet des rescapés du séisme. «Pendant le Ramadan, nous tenons à maintenir notre plan de réponse dans la région d'Al Haouz dans le but de garantir la sécurité alimentaire, à travers la distribution de plus de 18.000 paniers alimentaires et kits d'hygiène. Nous continuons aussi nos actions pour garantir l'accès à l'hygiène personnelle dans le cadre du déploiement de notre camion-douche et le relogement à travers la réparation de l'infrastructure, la facilitation de l'accès à l'eau propre et la fabrication des logements temporaires», indique Hind Laidi, présidente de l’association Jood. «Durant cette période, nous avons lancé plusieurs actions pour restaurer les puits endommagés dans la région d'Al Haouz. De plus, nous avons intensifié nos programmes d'assistance alimentaire et de soutien communautaire pour aider les familles à traverser cette période difficile», détaille-t-elle.

Al Ataa Foundation fait également partie des ONG qui n’ont pas arrêté d’apporter leur soutien aux habitants des douars touchés par le séisme. «Notre fondation prend en charge 35 villages sinistrés. Nous sommes conscients que le premier Ramadan après le séisme est très difficile. Durant cette période, nous nous sommes focalisés sur l’action de distributions de paniers alimentaires avec toutes les denrées nécessaires d’une valeur de 700 DH par panier. Nous avons distribué jusqu’à présent 1.500 paniers au profit de 4.800 personnes. Ces actions se poursuivront tout au long du mois sacré. Notre objectif est de permettre à ces populations de ne pas sentir de besoin», affirme Ali Bendahbia, responsable RP et communication de Ataa Foundation.
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