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Mardi 09 Juin 2026
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Favoriser le leadership féminin, un enjeu majeur pour l’Afrique

Dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations économiques, sociales et technologiques, le leadership féminin demeure un levier structurant du développement en Afrique. Il constitue également un facteur essentiel de prospérité partagée et de paix durable sur le continent. C’est dans cet esprit que s’est tenue, en fin de semaine dernière à Rabat, la 5e édition du Sommet de l’Africanité, avec la participation de décideurs, d’experts et d’acteurs institutionnels venus de divers horizons. Au-delà des échanges et des constats, cette rencontre a surtout mis en lumière une conviction forte : le temps est venu de passer des discours aux actes. Les participantes ont ainsi lancé un appel unanime à l’action, invitant gouvernements, institutions, partenaires internationaux, secteur privé et société civile à transformer les recommandations formulées en mesures concrètes et opérationnelles, capables d’ancrer durablement l’égalité et l’inclusion dans les réalités du continent.

Une centaine de participants, majoritairement des femmes leaders, des universitaires, des entrepreneures, des diplomates, des artistes, actrices de la société civile et personnalités, a pris part à la 5e édition du Sommet de l’Africanité. Initié par la Fondation Trophée de l’Africanité, cet événement s’est déroulé sur trois jours, du vendredi 5 au dimanche 7 juin, à l’Université Mohammed V de Rabat. Il a réuni plusieurs institutions partenaires, dont l’Icesco et l’Institut marocain des relations internationales de l’Université Mohammed V, aux côtés d’une forte délégation féminine venue de Dakhla. L’ambassade de Chine et celle des Comores ont également pris part aux travaux, contribuant aux échanges sur les enjeux du leadership féminin et du développement en Afrique. Dans cette dynamique, les participantes ont échangé autour des défis et des perspectives du leadership féminin sur le continent.

Une dynamique culturelle et sociale

L’événement a été porté par une conviction partagée : le leadership féminin ne se limite pas à une question de représentativité ou de quotas, mais il est le reflet d’une dynamique culturelle et sociale profonde. Il s’incarne dans des trajectoires concrètes de femmes qui, par leur engagement, leur résilience et leur réussite, redéfinissent les possibles pour les générations futures. Ces récits, qui méritent d’être partagés, agissent comme des leviers puissants de changement, en particulier dans des contextes où les barrières sociales et symboliques restent encore fortes.

En effet, les débats ont mis en lumière un constat en demi-teinte. Malgré les avancées juridiques enregistrées dans de nombreux pays en matière de droits des femmes, un décalage persiste encore entre les textes et leur application concrète sur le terrain. Une réalité qui appelle, selon les participantes, la nécessité de passer d’une logique de reconnaissance à une dynamique d’action structurée, durable et mesurable. «Le leadership féminin n’est pas une question de représentation uniquement, c’est un enjeu de performance, d’innovation et de développement pour l’Afrique», souligne à cet égard Pre Karima Ghazouani, directrice de la Cité de l’innovation de l’Université Mohammed V de Rabat. Elle ajoute dans le même ordre d’idées que «le leadership féminin ne doit plus être considéré comme une exception à encourager, mais comme une ressource stratégique à valoriser. Pour accélérer le leadership des femmes africaines, il faut agir sur trois priorités : former, faire confiance et ouvrir les opportunités. Former davantage de jeunes filles aux sciences, à la technologie et à l’entrepreneuriat ; faciliter l’accès au financement, aux réseaux et au mentorat».

Mireille Liliane Saki-Echiman, cheffe d’entreprise, présidente du Collectif des Français d’origine ivoirienne et des Amis de la Côte d’Ivoire, abonde dans le même sens. Pour elle, le leadership féminin ne peut prendre son plein essor en Afrique que si nombre de conditions essentielles sont remplies et au premier rang desquelles l’accès au savoir, aux compétences et aux nouvelles technologies. «C’est le premier levier de l’autonomisation des femmes et de leur participation aux responsabilités», dit-elle.



Dix recommandations stratégiques

Partant de là, le 5e Sommet de l’Africanité a formulé nombre de recommandations. Celles-ci ont été structurées autour de dix axes stratégiques complémentaires. Elles portent d’abord sur l’autonomisation économique et l’entrepreneuriat féminin, à travers le financement, l’accès aux marchés et la création de valeur. Elles mettent aussi l’accent sur l’éducation, les compétences et l’innovation, notamment la formation, le leadership et le numérique, ainsi que sur la transformation numérique inclusive, en particulier l’accès aux technologies et à l’intelligence artificielle. Par ailleurs, les participantes ont insisté sur l’importance du développement territorial et des infrastructures, considéré comme un levier essentiel d’égalité des chances.

Dans le même esprit, elles ont souligné la nécessité de renforcer le leadership féminin dans la gouvernance, tout en consolidant la coopération africaine et la diplomatie féminine à travers des réseaux panafricains et des partenariats stratégiques. Les recommandations ont, par la même occasion, mis en lumière des enjeux transversaux majeurs, notamment les liens entre femmes, paix et cohésion sociale, la protection juridique et sociale, ainsi que la valorisation du récit africain et la visibilité des réussites féminines. Enfin, un accent particulier a été, en outre, mis sur le suivi, l’évaluation et les partenariats, afin de garantir la mise en œuvre effective et durable des engagements.

Un appel à l’action

Dans la continuité de ces travaux, les participants ont lancé un appel à l’action à l’adresse des gouvernements, institutions, partenaires internationaux, secteur privé et société civile. Ils les invitent à transformer ces recommandations en mesures concrètes et opérationnelles. L’objectif est clairement affirmé : Faire du leadership féminin un levier structurant de développement, de prospérité et de paix durable pour l’Afrique. Enfin, l’événement a été marqué par un moment fort de reconnaissance. Vingt-deux femmes ont été distinguées par la médaille d’or de la FTA (Fondation Trophée de l’Africanité), en hommage à leurs parcours et à leur engagement. De même, deux Trophées de l’Africanité de la paix ont été remis à la Fondation Rita Zniber et à la Fondation Macky Sall, saluant leur action en faveur de la cohésion sociale et du développement. À travers ces distinctions, c’est toute une culture de la reconnaissance qui s’affirme, mettant en avant des engagements concrets au service d’une Afrique plus solidaire, plus stable et résolument tournée vers l’avenir.

La 5e édition du Sommet de l’Africanité s’inscrit dans une volonté de faire du leadership féminin un véritable levier de transformation pour l’Afrique, souligne Nasrallah Belkhayate. Pour le président de la Fondation Trophée de l’Africanité, l’enjeu de ce rendez-vous est de mettre en lumière les parcours inspirants, encourager l’accès des femmes aux responsabilités et contribuer à bâtir une Afrique où les talents féminins occupent pleinement la place qui leur revient dans la gouvernance, l’économie, la science et l’innovation.

Entretien avec le président de la Fondation Trophée de l’Africanité, Nasrallah Belkhayate : «Créer les conditions d’un leadership féminin fort et durable constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour l’avenir du continent»

Favoriser le leadership féminin, un enjeu majeur pour l’Afrique



Le Matin : La 5e édition du Sommet de l’Africanité met à l’honneur le leadership féminin en Afrique. Qu’est-ce qui a motivé le choix de cette thématique aujourd’hui ?

Nasrallah Belkhayate :
Le choix de cette thématique répond à une réalité que l’on ne peut plus ignorer. Les femmes africaines jouent un rôle déterminant dans le développement économique et social du continent. Elles contribuent de manière significative à la création de richesse, soutiennent leurs familles et participent activement à la vie de leurs communautés. Pourtant, leur présence dans les sphères de décision demeure encore insuffisante. Cette 5e édition du Sommet de l’Africanité s’inscrit donc dans une volonté de faire du leadership féminin un véritable levier de transformation pour l’Afrique. Trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, les avancées sont réelles, mais les défis restent nombreux. Il est temps de passer d’une logique de reconnaissance à une dynamique d’action. À travers ce Sommet, nous souhaitons mettre en lumière les parcours inspirants, encourager l’accès des femmes aux responsabilités et contribuer à bâtir une Afrique où les talents féminins occupent pleinement la place qui leur revient dans la gouvernance, l’économie, la science et l’innovation.

Quels sont les principaux obstacles qui freinent encore l’émergence du leadership féminin sur le continent ?

Effectivement, malgré les progrès enregistrés ces dernières années, plusieurs obstacles continuent de freiner l’émergence du leadership féminin en Afrique. Le premier est d’ordre économique. De nombreuses femmes rencontrent encore des difficultés d’accès au financement, à la propriété foncière ou aux ressources nécessaires pour développer leurs projets et renforcer leur autonomie. Le potentiel est là, mais les opportunités demeurent souvent inégales. Le deuxième obstacle est institutionnel. Les femmes restent sous-représentées dans les instances de décision, qu’elles soient politiques, économiques ou stratégiques. Leur contribution au développement, à la médiation et à la cohésion sociale est largement reconnue, mais cette expertise ne se traduit pas toujours par une présence à la hauteur dans les espaces de gouvernance. Enfin, le défi technologique devient aujourd’hui central. La transformation numérique et l’essor de l’intelligence artificielle redessinent les équilibres économiques mondiaux. Il est essentiel que les femmes africaines puissent accéder aux formations, aux compétences et aux métiers de demain afin de participer pleinement à cette nouvelle dynamique. Je tiens, en revanche, à préciser que ces défis ne sont pas une fatalité. Ils résultent de choix et de mécanismes qui peuvent être repensés. Créer les conditions d’un leadership féminin fort et durable constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour l’avenir du continent.

En quoi les femmes peuvent-elles jouer un rôle déterminant dans la transformation et le développement de l’Afrique ?

Les femmes ont un rôle déterminant à jouer dans la transformation de l’Afrique, non seulement parce qu’elles représentent une part essentielle des forces vives du continent, mais aussi parce qu’elles apportent des approches souvent fondées sur l’inclusion, la résilience et la vision de long terme. Dans les domaines économique, social, scientifique ou politique, les femmes contribuent déjà de manière significative au développement de leurs communautés. Leur capacité à investir dans l’éducation, la santé et le bien-être des familles génère un impact direct sur le progrès collectif et la cohésion sociale. De même, les femmes jouent un rôle majeur dans la prévention des conflits, la médiation et la consolidation de la paix. Leur engagement en faveur du dialogue et de la recherche de solutions durables constitue un atout précieux pour relever les défis auxquels le continent est confronté. Accroître la participation des femmes aux processus de décision ne relève donc pas seulement d’un impératif d’égalité. C’est aussi un choix stratégique pour construire une Afrique plus innovante, plus inclusive et mieux préparée aux enjeux de demain. Le développement durable du continent ne pourra pleinement se réaliser qu’en mobilisant l’ensemble de ses talents, féminins comme masculins.

Ce sommet réunit des participantes de nombreux pays africains. Quelle valeur ajoutée apporte cette diversité d’expériences et de parcours ?

La diversité des participantes constitue l’une des plus grandes richesses de ce Sommet. Elle permet de réunir des femmes issues d’horizons, de secteurs d’activité et de contextes différents, mais qui partagent une même ambition : contribuer au développement de l’Afrique et renforcer la place des femmes dans les espaces de décision. Qu’il s’agisse d’entrepreneures, de responsables associatives, de chercheuses, de dirigeantes, d’élues ou d’actrices du monde rural, chacune apporte une expérience unique, un regard spécifique et des solutions inspirées de sa réalité locale. Cette diversité favorise le partage des bonnes pratiques, l’apprentissage mutuel et l’émergence de nouvelles formes de coopération à l’échelle du continent. Au-delà des parcours individuels, ce Sommet crée un espace de dialogue où les participantes découvrent que leurs défis, bien que différents dans leur expression, sont souvent communs dans leur nature. Cette prise de conscience renforce les solidarités et encourage la construction d’initiatives collectives. C’est précisément dans cet esprit qu’est né le Réseau du Sommet de l’Africanité : une plateforme destinée à prolonger les échanges, à renforcer les synergies et à accompagner l’émergence d’une communauté de femmes engagées pour une Afrique plus inclusive, plus solidaire et tournée vers l’avenir.

Vous insistez souvent sur la notion d’«Africanité». Comment la définissez-vous aujourd’hui dans un contexte mondial en pleine mutation ?

L’Africanité, aujourd’hui, dépasse largement la notion d’identité culturelle. Elle renvoie à une conscience partagée, à la fois historique, sociale et politique, qui traduit la volonté des Africains de se penser eux-mêmes et de construire leur avenir selon leurs propres référentiels. Elle s’incarne d’abord dans un sentiment d’appartenance assumé, fondé sur la fierté des racines, des cultures et des trajectoires africaines. Une fierté apaisée, qui ne s’inscrit ni dans la revendication ni dans la réaction, mais dans la reconnaissance de ce que le continent a produit, porté et continue d’inventer. L’Africanité est également une dynamique en mouvement. Elle ne fige pas les identités, mais les relie et les fait dialoguer dans toute leur diversité. Elle refuse les récits réducteurs et les assignations, pour affirmer une pluralité de voix, d’expériences et de visions. Enfin, elle porte une ambition claire : celle de dépasser les logiques de marginalisation pour inscrire l’Afrique comme un acteur à part entière dans le monde contemporain. Dans un contexte global en recomposition, l’Africanité devient ainsi une manière de penser la souveraineté intellectuelle, culturelle et politique du continent, tout en affirmant sa capacité à contribuer activement aux grands équilibres mondiaux.

Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes africaines qui aspirent à davantage de responsabilités dans les sphères économique, politique et sociale ?

Aux femmes qui aspirent à davantage de responsabilités, le message est avant tout celui de la confiance et de la légitimité. Il ne s’agit pas de demander une place, mais d’assumer pleinement celle qui leur revient. Les femmes africaines s’inscrivent dans une longue continuité de contributions souvent discrètes, mais essentielles, au développement des sociétés. Cette histoire constitue une force et un socle pour affirmer aujourd’hui une présence plus visible dans les espaces de décision. Le leadership féminin ne se définit pas en opposition aux modèles existants, mais dans sa capacité à enrichir les modes de gouvernance. Il apporte des approches complémentaires, fondées sur le dialogue, la responsabilité collective et la recherche d’équilibre. Pour franchir un cap, l’enjeu est aussi collectif : se former, se soutenir et créer des réseaux solides afin de renforcer l’impact de chacune. L’accès aux responsabilités passe autant par le mérite individuel que par la construction de solidarités durables. C’est dans cette dynamique que les femmes contribueront pleinement à façonner l’avenir du continent, en occupant la place qui leur revient dans tous les domaines stratégiques.

Après cinq éditions du Sommet de l’Africanité, comment imaginez-vous la place des femmes africaines dans dix ans et quels changements espérez-vous voir se concrétiser sur le continent d’ici là ?

Dans dix ans, l’ambition est que ce Sommet ne soit plus perçu comme une initiative exceptionnelle, mais comme un rendez-vous structurant et pleinement intégré au paysage africain du dialogue et de la réflexion stratégique. La place des femmes africaines aura, je l’espère, connu une évolution significative, passant d’une présence encore partielle dans les espaces de décision à une participation pleinement reconnue et normalisée. L’enjeu n’est pas seulement quantitatif, mais aussi qualitatif : une influence réelle dans la définition des politiques publiques, des stratégies économiques et des orientations scientifiques. Je souhaite voir davantage de femmes à la tête des institutions, des entreprises, des universités et impliquées dans les processus de paix. Leur contribution devra être visible, reconnue et considérée comme indispensable à l’équilibre et à la performance des sociétés africaines. Face aux transformations technologiques, notamment l’essor de l’intelligence artificielle, l’objectif est également de garantir une inclusion effective des femmes dans les secteurs d’avenir, afin qu’elles ne subissent pas ces mutations, mais en deviennent des actrices à part entière. À l’horizon 2036, l’égalité ne devrait plus être un objectif à atteindre, mais une réalité consolidée, inscrite dans les pratiques et les mentalités. C’est cette trajectoire que ce Sommet entend accompagner et renforcer.

Karima Ghazouani, directrice de la Cité de l’innovation de l’Université Mohammed V de Rabat : «Les femmes ne sont pas une catégorie à soutenir, c’est une force stratégique à mobiliser»

Favoriser le leadership féminin, un enjeu majeur pour l’Afrique



En tant que directrice de la Cité de l’Innovation, quel rôle les femmes africaines peuvent-elles jouer dans la transformation de l’Afrique à travers l’innovation, la recherche et l’entrepreneuriat ?

Si nous voulons accélérer la transformation du continent, nous devons considérer les femmes non comme une catégorie à soutenir, mais comme une force stratégique à mobiliser. Elles sont déjà en train d’inventer l’Afrique de demain. À la Cité de l’Innovation de l’Université Mohammed V de Rabat, nous observons des femmes engagées, résilientes et persévérantes, quand elles sont chercheures et ont accès aux technologies, aux réseaux et au financement. Elles développent des entreprises performantes et des solutions à fort impact social et territorial. Le véritable enjeu est de leur donner davantage de visibilité, de moyens et de responsabilités afin qu’elles puissent exercer pleinement leur leadership dans l’innovation, la recherche et l’entrepreneuriat.

Malgré les progrès réalisés, de nombreuses femmes africaines continuent de faire face à des obstacles pour accéder aux postes de décision. Quels leviers vous semblent, aujourd’hui, prioritaires pour accélérer leur leadership ?

Le leadership féminin ne doit plus être considéré comme une exception à encourager, mais comme une ressource stratégique à valoriser. Pour accélérer le leadership des femmes africaines, il faut agir sur trois priorités : former, faire confiance et ouvrir les opportunités. Former davantage de jeunes filles aux sciences, à la technologie et à l’entrepreneuriat ; faciliter l’accès au financement, aux réseaux et au mentorat. Le leadership féminin n’est pas une question de représentation uniquement, c’est un enjeu de performance, d’innovation et de développement pour l’Afrique.

Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes Africaines qui aspirent à devenir des leaders dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation ?

Aux jeunes Africaines, je voudrais dire : osez ! osez la science, osez la technologie, osez l’innovation et osez le leadership ! Ne laissez personne définir les limites de vos ambitions ! L’Afrique a besoin de vos idées, de votre intelligence, de votre créativité et de votre capacité à transformer les défis en opportunités. Le continent de demain se construit aujourd’hui, et vous avez toute votre place parmi celles qui le bâtiront.

Mireille Liliane Saki-Echiman, chef d’entreprise, présidente du Collectif des Français d’origine ivoirienne et des Amis de la Côte d’Ivoire, ambassadrice de Paix universelle : les clés pour favoriser le leadership féminin en Afrique

Favoriser le leadership féminin, un enjeu majeur pour l’Afrique



«Le leadership féminin en Afrique repose sur plusieurs piliers fondamentaux qui permettent aux femmes de contribuer pleinement au développement de leurs communautés, de leurs pays et du continent tout entier. Il existe d’ailleurs plusieurs clés essentielles.

• La première réside dans l’éducation et la formation. En effet, l’accès au savoir, aux compétences et aux nouvelles technologies constitue le premier levier de l’autonomisation des femmes et de leur participation aux responsabilités.

• La deuxième clé est la confiance en soi et l’audace. Les femmes africaines doivent croire en leur potentiel, assumer leurs ambitions et oser accéder aux postes de décision dans tous les secteurs de la société.

• La troisième clé est la résilience. Face aux nombreux défis économiques, sociaux ou culturels, les femmes africaines démontrent chaque jour leur capacité à transformer les obstacles en opportunités.

• La quatrième clé est la solidarité et le mentorat. Les femmes leaders ont la responsabilité d’accompagner les jeunes générations, de partager leurs expériences et de favoriser l’émergence de nouveaux talents féminins.

• La cinquième clé est l’engagement citoyen et politique. Une plus grande participation des femmes aux instances de gouvernance est indispensable pour construire des sociétés plus inclusives, plus justes et plus équilibrées.

• Enfin, le leadership féminin africain doit s’appuyer sur nos valeurs, nos cultures et nos traditions, tout en restant ouvert à l’innovation et à la modernité. Il ne s’agit pas seulement d’occuper des fonctions de responsabilité, mais d’incarner une vision porteuse de paix, de justice, de dignité humaine et de développement durable. Je suis convaincue que les femmes africaines représentent une force essentielle pour l’avenir du continent. Lorsqu’elles sont soutenues, accompagnées et valorisées, elles deviennent des actrices majeures de la transformation économique, sociale, culturelle et politique de l’Afrique.»

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