Menu
Search
Vendredi 06 Mars 2026
S'abonner
close
Vendredi 06 Mars 2026
Menu
Search

Cancer : des chercheurs explorent le potentiel des framboises noires pour provoquer la mort de cellules tumorales

Dans un contexte où le cancer demeure l’une des principales causes de mortalité dans le monde, la recherche scientifique explore de plus en plus le rôle que pourraient jouer certains aliments dans la prévention des maladies. Parmi ces pistes, des chercheurs américains s’intéressent aujourd’hui aux propriétés de la framboise noire, un fruit riche en composés naturels qui pourraient influencer le comportement de certaines cellules cancéreuses.

No Image
Des chercheurs américains de l’Ohio State University se sont intéressés aux propriétés d’un fruit bien connu mais encore peu étudié en oncologie : la framboise noire. Ce petit fruit, proche de la mûre, est particulièrement riche en anthocyanines, des pigments naturels responsables de la couleur rouge foncé ou violacée de nombreux fruits. Les résultats de leurs travaux, publiés récemment dans les revues scientifiques Cancer Research et Journal of Agricultural and Food Chemistry, suggèrent que ces composés pourraient agir sur certaines cellules cancéreuses.



Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs ont mené des expériences en laboratoire sur des cellules tumorales. Ils ont exposé ces cellules à des extraits de framboises noires afin d’observer leur réaction. Les résultats ont montré que certains composés présents dans ce fruit peuvent ralentir la multiplication des cellules cancéreuses et déclencher un mécanisme appelé apoptose. Concrètement, il s’agit d’un processus naturel par lequel une cellule anormale se détruit elle-même afin d’éviter de se transformer en tumeur.

Les scientifiques se sont particulièrement concentrés sur certaines molécules appelées cyanidines, dont le cyanidin-3-rutinoside, très présent dans la framboise noire. Dans plusieurs tests réalisés sur des cellules de leucémie, ces substances ont permis de freiner la croissance des cellules cancéreuses. Les chercheurs ont également observé que ces composés affectaient beaucoup moins les cellules saines, un élément jugé important car il pourrait, à long terme, aider à concevoir des traitements moins toxiques.

Les anthocyanines intéressent de plus en plus les scientifiques car elles agissent à plusieurs niveaux dans l’organisme. Elles peuvent notamment réduire le stress oxydatif, un phénomène qui endommage les cellules, influencer certains mécanismes impliqués dans la croissance des tumeurs et participer à la régulation de certaines réactions inflammatoires. Ces propriétés expliquent pourquoi les fruits rouges sont souvent associés à une alimentation favorable à la santé.

La framboise noire n’est d’ailleurs pas la seule à contenir ces composés. On en retrouve également dans des fruits très consommés comme les myrtilles, les mûres ou encore le raisin noir. Par exemple, les myrtilles sont déjà étudiées pour leur richesse en antioxydants, tandis que le raisin contient des polyphénols connus pour leurs effets protecteurs sur les cellules.

Les chercheurs soulignent toutefois que ces résultats proviennent d’expériences réalisées en laboratoire et dans des modèles expérimentaux. Mais ils ne permettent pas encore d’affirmer que la consommation de framboises noires peut traiter ou guérir un cancer chez l’être humain. Des essais cliniques à grande échelle seront toutefois nécessaires pour confirmer ces effets, même si les premiers résultats apparaissent prometteurs, soulignent-ils.

Aujourd’hui, les cancers du sang comme la leucémie sont pris en charge par des traitements médicaux spécifiques, notamment la chimiothérapie, les thérapies ciblées, l’immunothérapie ou encore la greffe de moelle osseuse. Une alimentation riche en fruits rouges et en antioxydants peut contribuer à la prévention et au maintien d’une bonne santé, sans toutefois remplacer, à ce stade, les traitements médicaux contre le cancer.

Pour les auteurs de l'étude, l’intérêt de ces recherches est surtout de mieux comprendre comment certains composés naturels présents dans l’alimentation agissent sur les cellules. À terme, ces molécules pourraient inspirer la création de nouveaux médicaments anticancéreux plus ciblés et potentiellement moins agressifs pour l’organisme.
Lisez nos e-Papers