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Grèves des enseignants : Les parents d’élèves prêts à manifester pour crier leur ras-le-bol

Les grèves des enseignants exaspèrent les parents d’élèves qui appellent à donner la priorité au retour des élèves en classes. Invité de «L’Info en Face», Mohamed Berazouk, vice-président de la Fédération nationale des Associations des parents d’élèves du Maroc (FNAPEM), appelle toutes les parties prenantes à assumer leurs responsabilités et sauver ce qui reste de l’année scolaire. Il prévient par ailleurs que les parents d’élèves ne resteront pas «les bras croisés» face à cette crise.

L’année scolaire est ponctuée de mouvements de débrayages depuis le mois de septembre ; il y a eu d’abord le personnel administratif des écoles, ensuite les grèves des enseignants que ce soit au niveau du primaire, du collège ou du lycée, et ce depuis le 5 octobre. Cette situation menace sérieusement le cursus éducatif au Maroc.



«C’est une situation illégale et anormale au sein de l’école publique qui inquiète les parents d’élèves et met en danger le processus d’apprentissage de ces enfants. Nous avons frappé à la porte du gouvernement et nous avons été reçus par le ministre de l’Éducation nationale. Nous lui avons demandé de faire le nécessaire pour sortir de cette crise. Le ministre a, de son côté, insisté sur l’urgence d’un retour en classe», révèle le vice-président de la Fédération nationale des Associations des parents d’élèves du Maroc. Évoquant la cause de ces mouvements de grèves, le responsable affirme que la fédération est consciente des doléances des enseignants. «Ils demandent une amélioration de leurs conditions de travail et notamment une révision des salaires. Je pense que maintenant tous les ministres concernés dialoguent avec les syndicats les plus représentatifs du secteur, une solution sera trouvée assez rapidement pour sortir de cette situation», insiste le représentant des parents d’élèves. Mais parallèlement à ces réunions entre la commission interministérielle en charge du dossier des enseignants et les syndicats les plus représentatifs du secteur, des collectifs régionaux et centraux continuent de faire pression. Et pour cause, ils rejettent le gel du nouveau statut unifié des fonctionnaires de l’éducation nationale et exigent son retrait définitif. «À mon avis, à ce stade, il est difficile de retirer ce nouveau statut des enseignants. Je pense que le rapprochement entre le gouvernement et les syndicats va permettre de revoir les points qui ne font pas l’unanimité chez les enseignants et les reformuler. Toutefois, nous craignons que ces rencontres durent encore longtemps et donc le blocage risque de perdurer pour les élèves. Déjà l’ultimatum du 15 janvier, c’est long», souligne le vice-président de la Fédération nationale des Associations des parents d’élèves du Maroc. Il insiste encore une fois sur le fait que l’heure est grave. «Les élèves doivent revenir en classe, ce n’est plus admis que cet arrêt des cours se prolonge encore», insiste l’invité de L’Info en Face. ll lance à cette occasion un appel à tous les intervenants, quels qu’ils soient, de reprendre les cours et rattraper le temps perdu. «Le chef du gouvernement doit assumer sa responsabilité envers les élèves et leurs parents pour éviter que la situation s’aggrave davantage.

De leur côté, les syndicats doivent s’engager pour résoudre ce problème». Revenant sur le sujet des collectifs des enseignants exclus à ce jour du dialogue Syndicats/Gouvernement, l’invité de «L’Info en Face» a révélé que la Fédération des parents d’élèves avait demandé au ministre Chakib Benmoussa de les intégrer dans le tour de table. «Nous savons que les syndicats ont seuls la légitimité de dialoguer avec le gouvernement, mais nous avons demandé que les collectifs des enseignants soient aussi intégrés d’une manière ou d’une autre. Selon certaines sources, il y a actuellement des discussions entre des représentants des collectifs et des syndicats pour trouver un terrain d’entente afin d’unifier leur voix», souligne l’invité.

Et de préciser qu’il ne soutient ni les syndicats, ni le gouvernement ni même les collectifs, sa priorité, comme celle de la fédération, est de défendre le droit des élèves à reprendre le cours normal des études. «Dans cette crise, le premier perdant, c’est l’élève et leurs parents. Nous le constatons sur le terrain, les élèves sont perturbés et s’inquiètent de cet arrêt des cours qui va impacter les examens par la suite». Il a par ailleurs affirmé que depuis une semaine, les professeurs étudiants de l’ENS (École nationale supérieure) ont assuré les cours dans certaines écoles. «Cette situation de dépannage n’est pas efficace, car le lien entre l’élève et le professeur est brisé. Toutefois, on préfère garder cette option en attendant la résolution du problème», indique l’invité. Et de prévenir que la Fédération «ne restera pas les bras croisés» face à la crise. «Nous sommes prêts à manifester à notre tour pour exiger un retour aux classes», alerte-t-il.
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