Pour la première fois depuis plus d’un siècle, la progression continue des capacités cognitives d’une génération à l’autre s’interrompt. Auditionnés au Sénat américain, des neurologues et spécialistes de l’éducation ont alerté sur un basculement inédit : à âge égal, les jeunes d’aujourd’hui n’atteindraient plus le niveau cognitif de leurs parents. Mémoire, capacité d’attention, raisonnement et quotient intellectuel sont concernés par ce recul désormais observable dans plusieurs bases de données internationales. Cette inflexion historique coïncide avec la généralisation rapide des écrans, devenus en l’espace de quinze ans un environnement central à la fois dans les salles de classe et dans la vie quotidienne.
Les grandes évaluations scolaires internationales aboutissent au même constat. « Plus le temps passé quotidiennement devant un écran en classe augmente, plus les résultats des élèves en lecture, en mathématiques et en sciences reculent », montrent ces tests mondiaux qui comparent le niveau des élèves dans des dizaines de pays.
Pour les neuroscientifiques auditionnés, la question n’est pas celle de l’intelligence intrinsèque des jeunes générations mais de la manière dont leur cerveau est entraîné. « Les plateformes numériques sont conçues pour capter l’attention, fragmenter la concentration et multiplier les changements de tâches, alors que le système cognitif humain s’est développé pour maintenir un effort soutenu sur une seule activité », explique l’un d’eux. Cette sollicitation permanente entraîne « une perte de temps liée au passage d’une tâche à l’autre, une augmentation des erreurs et un encodage mémoriel plus superficiel », ce qui déplace l’apprentissage vers des automatismes rapides au détriment de la compréhension profonde.
Les médecins insistent toutefois sur un point essentiel. « La technologie n’est pas l’ennemi, c’est l’absence de régulation qui pose problème », rappellent-ils, appelant à réintroduire des rythmes biologiques compatibles avec l’apprentissage. Mouvement, sommeil, interactions humaines, créativité et pauses sans écran constituent « les conditions indispensables pour que le cerveau puisse apprendre ».
Au-delà du cadre scolaire, la portée du phénomène est plus large. « Le déclin des compétences cognitives a des conséquences directes sur l’innovation scientifique, la productivité économique, la confiance civique et la santé publique », ont averti les experts auditionnés, appelant les pouvoirs publics à exiger des preuves d’efficacité indépendantes avant toute généralisation des technologies éducatives et à fixer des seuils d’exposition adaptés à l’âge des enfants.
« Il ne s’agit pas de rejeter le numérique, mais d’aligner les outils sur le fonctionnement réel de l’apprentissage humain », résument les experts. Autrement dit, la question n’est plus de savoir combien d’écrans entreront dans les classes, mais comment préserver les capacités cognitives d’une génération dont l’environnement mental a été profondément reconfiguré en l’espace de quinze ans.
Écrans en classe, résultats en recul
Les données présentées s’appuient sur plusieurs décennies d’évaluations internationales et sur des méta-analyses de grande ampleur. Elles montrent que « l’exposition prolongée aux outils numériques en classe est généralement associée à des résultats d’apprentissage plus faibles et non à une amélioration », malgré l’augmentation des investissements éducatifs et du temps de scolarisation. Aujourd’hui, plus de la moitié des élèves utilisent un ordinateur entre une et quatre heures par jour à l’école et un quart dépasse les quatre heures sur une journée de cours de sept heures, alors que « moins de la moitié de ce temps est réellement consacré à apprendre » et que les élèves peuvent être distraits jusqu’à 38 minutes par heure lorsqu’ils travaillent sur écran.Les grandes évaluations scolaires internationales aboutissent au même constat. « Plus le temps passé quotidiennement devant un écran en classe augmente, plus les résultats des élèves en lecture, en mathématiques et en sciences reculent », montrent ces tests mondiaux qui comparent le niveau des élèves dans des dizaines de pays.
Pour les neuroscientifiques auditionnés, la question n’est pas celle de l’intelligence intrinsèque des jeunes générations mais de la manière dont leur cerveau est entraîné. « Les plateformes numériques sont conçues pour capter l’attention, fragmenter la concentration et multiplier les changements de tâches, alors que le système cognitif humain s’est développé pour maintenir un effort soutenu sur une seule activité », explique l’un d’eux. Cette sollicitation permanente entraîne « une perte de temps liée au passage d’une tâche à l’autre, une augmentation des erreurs et un encodage mémoriel plus superficiel », ce qui déplace l’apprentissage vers des automatismes rapides au détriment de la compréhension profonde.
L’écran moins performant que le papier !
Même lorsque les écrans sont utilisés à des fins pédagogiques, leur efficacité reste limitée. Les analyses comparatives montrent que la plupart des dispositifs numériques « n’atteignent pas le niveau d’efficacité d’un enseignement classique », et que seules certaines applications très ciblées, fondées sur la répétition d’exercices simples, produisent des gains mesurables. À l’inverse, la lecture sur papier améliore la compréhension et la mémorisation, tandis que la prise de notes manuscrite « favorise l’organisation des idées et l’encodage conceptuel à long terme », contrairement à la saisie sur ordinateur qui encourage la transcription mécanique.Les médecins insistent toutefois sur un point essentiel. « La technologie n’est pas l’ennemi, c’est l’absence de régulation qui pose problème », rappellent-ils, appelant à réintroduire des rythmes biologiques compatibles avec l’apprentissage. Mouvement, sommeil, interactions humaines, créativité et pauses sans écran constituent « les conditions indispensables pour que le cerveau puisse apprendre ».
Au-delà du cadre scolaire, la portée du phénomène est plus large. « Le déclin des compétences cognitives a des conséquences directes sur l’innovation scientifique, la productivité économique, la confiance civique et la santé publique », ont averti les experts auditionnés, appelant les pouvoirs publics à exiger des preuves d’efficacité indépendantes avant toute généralisation des technologies éducatives et à fixer des seuils d’exposition adaptés à l’âge des enfants.
« Il ne s’agit pas de rejeter le numérique, mais d’aligner les outils sur le fonctionnement réel de l’apprentissage humain », résument les experts. Autrement dit, la question n’est plus de savoir combien d’écrans entreront dans les classes, mais comment préserver les capacités cognitives d’une génération dont l’environnement mental a été profondément reconfiguré en l’espace de quinze ans.
