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Automédication : les anti-rhume accusés d’être plus nocifs qu’utiles, quelles alternatives ?

Censés soulager le rhume, les médicaments à base de pseudoéphédrine peuvent provoquer de graves complications, selon l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé en France. Les experts contactés par «Le Matin» confirment et appellent les patients à privilégier les médicaments sans pseudoéphédrine ainsi que les alternatives naturelles.

Depuis quelques jours, les températures ont commencé à baisser marquant le début de la saison des rhumes et de la grippe. Une période durant laquelle les Marocains ont l’habitude de s’approvisionner en médicaments anti-rhume pour faire face à ces maladies. Mais attention ! Ces médicaments peuvent ne pas avoir forcément l’effet escompté et même représenter un danger pour la santé.

>> Lire aussi : Grippe sévère : Le recours aux corticoïdes ne doit pas être systématique (Dr Hamdi)

C’est en tout cas ce qu’a affirmé, il y a quelques jours, l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) en France. En effet, cette dernière a invité les patients à éviter les médicaments vasoconstricteurs à base de pseudoéphédrine destinés à soulager les symptômes du rhume par voie orale, car des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir après leur utilisation.

D’après l’Agence française, ces événements peuvent se produire quelles que soient la dose et la durée du traitement, bien que le risque soit faible. «Ces médicaments ne font que soulager quelques symptômes du rhume. Ils ne sont pas forcément efficaces. Mais leur action vasoconstrictrice peut s’étendre à des vaisseaux au niveau du cœur ou du cerveau ce qui peut provoquer des attaques cardiaques, des AVC, des convulsions, des problèmes oculaires, psychiatriques...», nous explique Dr Tayeb Hamdi, médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé. Et d’ajouter que «ce n’est pas la première fois que l’on parle du danger que présente la molécule de pseudoéphédrine sur la santé en France. Pourtant, les autorités n’ont pas retiré les médicaments concernés du marché, mais conseillent aux patients d’éviter de les acheter».

Au Maroc, les spécialistes affirment que quatre spécialités à base de pseudoéphédrine sont commercialisées dans les officines. Alors, doit-on suivre les recommandations de l’ANSM et éviter ces médicaments ? «Évidemment, nous conseillons aux patients d’éviter de consommer ces anti-rhumes qui sont en vente libre dans les pharmacies. Pourquoi courir le risque d’avoir de graves complications quand on peut se passer de ces médicaments ? Le bénéfice qu’ils apportent n’est pas très important par rapport au risque. En cas de rhume, les alternatives naturelles peuvent être tout aussi efficaces, sans oublier le lavage nasal avec de l’eau physiologique», recommande Dr Hamdi.

De son côté, Abderrahim Derraji, pharmacien, fondateur et rédacteur en chef de «pharmacie.ma», «medicament.ma» et «Pharmanews», déclare au «Matin» que c’est à la Commission nationale de pharmacovigilance de réévaluer le rapport bénéfices/risques de la pseudoéphédrine et de prendre les décisions qui s’imposent. «Mais en attendant que la Commission se prononce, il me semble plus sage de privilégier des médicaments anti-rhume ne contenant pas ce vasoconstricteur dont le rapport bénéfices/risques est contesté par l’ANSM et il pourrait l’être par l’EMA dans les semaines à venir. Il faut également éviter d’associer ces médicaments avec des aérosols contenant un vasoconstricteur. Bien évidemment, au moindre doute, les patients doivent demander conseil à leur pharmacien ou à leur médecin», souligne Derraji.

Ce dernier rappelle, par ailleurs, que l’ANSM a pris sa décision en s’appuyant sur des données récentes issues des bases de données de pharmacovigilance et de la littérature médicale qui font état de cas de syndromes d’encéphalopathie réversible postérieure (PRES) et de syndromes de vasoconstriction cérébrale réversible (RCVS) après la prise d’un vasoconstricteur oral contenant de la pseudoéphédrine. «Comme ces médicaments sont commercialisés dans d’autres pays européens, l’ANSM a demandé leur réévaluation au niveau européen sur la base de ces nouvelles données. Les conclusions de cette réévaluation européenne du rapport bénéfices/risques de la pseudoéphédrine ne seront connues que dans environ six semaines», indique-t-il.