La coopération en matière d’enseignement supérieur et de recherche scientifique entre le Maroc et la France connaît un accroissement significatif au niveau de l’appui aux formations d’excellence et des projets de recherches conjoints entre les communautés scientifiques des deux pays. Plus de 700 accords de coopération interuniversitaires ont été conclus à cet effet entre des universités marocaines et françaises. Le dernier en date est la feuille de route 2013-2015, signée, en décembre 2012, en marge de la onzième réunion de haut niveau maroco-française. Cette réunion a été sanctionnée par la signature de treize accords de coopération. Un protocole d’accord a aussi été conclu entre l’École Nationale d’Administration et l’académie diplomatique du Maroc, qui forme les jeunes cadres marocains, en plus d’un accord-cadre de coopération entre ADETEF (l’agence de coopération technique internationale des ministères en charge de l’Économie et des finances) et le ministère de l’Économie et des finances du Maroc.
La feuille de route 2013-2015 ouvre la voie à de nouvelles formes de coopération entre les deux pays axées sur le développement à l’international et l’ouverture vers les pays d’Afrique subsaharienne. Cette feuille de route devra, en principe, permettre d’approfondir le partenariat entre les deux pays en vue d’aboutir à l’ouverture au Maroc d’établissements français d’enseignement supérieur ou à des coopérations renforcées dans les domaines où les besoins de formation sont prioritaires comme l’architecture, avec la création d’une école d’architecture, les métiers de la santé avec le soutien à la création d’une nouvelle faculté de médecine à Agadir et l’appui à la réforme des études médicales et au montage de nouvelles spécialités et formations médicales et paramédicales, les métiers de l’encadrement intermédiaire avec l’appui aux établissements de formations techniques supérieures courtes et l’ingénierie, avec la création d’un Institut national des sciences appliquées (INSA), d’une École centrale à Casablanca, et d’un institut de formation aux métiers de la logistique à Tanger.
Formation doctorale
La feuille de route 2013-2015 vise également à stimuler l’intégration entre les communautés scientifiques des deux pays, en particulier par la création d’un collège doctoral franco-marocain, le développement de laboratoires mixtes internationaux, la promotion de la recherche collaborative sur des thématiques prioritaires d’intérêt partagé et le renforcement de la formation doctorale. La onzième réunion de haut niveau maroco-française a également été marquée par la signature d’un protocole d’accord entre l’École nationale d’administration (ENA) et l’Université internationale de Rabat (UIR) en vue de nouer un partenariat visant à renforcer les compétences de cette dernière en formation initiale et continue dans le domaine de la gouvernance administrative et territoriale.
Rappelons qu’en octobre 2012, Geneviève Fioraso, ministre française de l’Enseignement supérieur, et son homologue marocain, Lahcen Daoudi, avaient également signé une déclaration conjointe, en vertu de laquelle les deux pays s’engagent à favoriser le déploiement d’établissements d’enseignement français au Maroc, notamment dans les domaines de l’ingénierie, du management, de l’architecture et de la santé.
À cet effet, la création d’un Institut national des sciences appliquées (INSA), d’une école centrale à Casablanca, ainsi que des formations postbac en management et économie sont prévus afin de répondre aux fortes attentes des entreprises marocaines. Le deuxième volet majeur de cette déclaration conjointe porte sur le développement du partenariat tissé entre les deux pays dans le domaine de la recherche scientifique. Il y est, entre autres, question de consolider la coopération entre les laboratoires internationaux associés et les réseaux de recherche.
À cette fin, les cosignataires de la déclaration prévoient l’ouverture d’un collège doctoral maroco-français qui, à l’instar des autres programmes d’études envisagés, doit intégrer la possibilité d’effectuer au cours de son cursus un ou plusieurs séjours d’études en France.
La mobilité des étudiants et des enseignants, ainsi que le développement des cotutelles de thèses, constituent d’ailleurs l’un des enjeux majeurs de la déclaration paraphée par les deux ministres. «L’orientation nouvelle est de venir installer des formations françaises au Maroc, ce qui permettra à de nombreux étudiants marocains de se former (...) en ingénierie, mais aussi en sciences humaines et sociales et en management», a dit la ministre française, ajoutant qu’une fois formés les étudiants pourront faire bénéficier le Maroc de leur compétence et leur savoir-faire.
De plus, cette initiative devra bénéficier à un grand nombre d’étudiants subsahariens, étant donné que le Maroc est devenu une «destination privilégiée» des étudiants africains.
L’offre pédagogique
Afin de «renforcer l’attractivité de l’offre pédagogique, les nouvelles formations intègreront la possibilité d’effectuer au cours des cursus un ou plusieurs séjours d’études en France», a par ailleurs noté Geneviève Fioraso. Elle a, au passage, jugé que ces grands desseins étaient possibles à la faveur de l’abrogation de la circulaire Guéant, qui constituait un obstacle essentiel en donnant notamment l’image d’un pays replié sur lui-même. Abrogée dès la fin mai, moins d’un mois après la présidentielle, cette circulaire de l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant restreignait la possibilité pour des diplômés étrangers d’obtenir un statut de salarié en France après leurs études. Elle avait provoqué une levée de boucliers, notamment dans les universités, mais aussi des réserves au sein du gouvernement d’alors et du patronat.
À noter que dans le domaine de l’appui à la langue française, plusieurs liens se sont créés entre les systèmes éducatifs français et marocains grâce aux huit partenariats interacadémiques mis en place depuis 2004. On estime que 40% de la population marocaine peut s’exprimer en français. Le Maroc et la France sont également liés par un mémorandum d’entente favorisant l’appui de la partie française aux nouveaux Centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF) ouverts en 2012.
Le soutien que ce concours apportera à la rénovation de la formation des formateurs de français répond à la volonté du Maroc de rénovation de la formation initiale et continue des enseignants de langue française. En outre, les deux parties ont convenu de faire aboutir la réflexion engagée lors de cette réunion sur la mise en place de filières bilingues dans le système éducatif marocain.
Les Marocains sont le premier contingent d’étudiants étrangers en France
Avec quelque 32 000 étudiants, le Maroc arrive en tête des contingents d’étudiants étrangers les plus représentés en France. C’est ce qui ressort d’une étude de Campus France conduite pour l’année 2011-2012. L’étude révèle par ailleurs que les étudiants étrangers, Marocains au premier chef, représentent une large part des doctorants présents dans l’Hexagone, avec 41% de la proportion de la population du troisième cycle.
Selon cette étude Campus-France menée pour l’exercice 2011-2012, le Maroc arrive en tête des contingents estudiantins qui étaient les plus représentés dans l’Hexagone l’an dernier. En effet, avec une cohorte de quelque 32 000 étudiants, soit environ 10,5% de la population d’origine étrangère totale, le royaume se place devant la Chine (env.10%), l’Algérie (5,1% en 2008) et la Tunisie (2,4% en 2008) en ce qui concerne la représentation de ses étudiants dans les universités françaises. Bien que le Maroc demeure le premier pourvoyeur d’étudiants étrangers en France, la proportion de ce que représentent ces derniers dans les universités françaises n’a cessé de diminuer depuis 2005, date où elle se situait encore aux alentours des 20%. En contrepartie, c’est le poids de la cohorte asiatique qui n’a cessé de croître sur ces cinq dernières années, si bien que la Chine représente aujourd’hui le deuxième contingent d’étudiants étrangers présent en France avec une progression nette enregistrée de 65% sur la dernière quinquennale. Autre point qui met le Maroc à l’honneur dans l’étude Campus-France : la part des étudiants marocains qui poursuivent de hautes études. Sur les quelque 710 000 immigrés très diplômés (masters, grandes écoles, doctorat) que compte la France, près de 66 000 sont d’origine marocaine (soit 9,3%), ce qui fait du Royaume l’un des pays étrangers les plus représentés en France au niveau des études de troisième cycle.
L’espace Campus France Maroc
Point de passage obligé pour accéder à des études en France, l’Espace Campus France, rattaché à l’Institut français de Rabat, dépend du Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Maroc. Il est destiné à faciliter la mobilité des étudiants marocains ou étrangers résidant au Maroc dans leur poursuite d’études supérieures en France. Il les informe sur les établissements d’accueil, sur le type d’établissement, sur la nature du diplôme délivré.
L’Espace Campus France a pour mission de guider et d’accompagner dans l’ensemble de leurs démarches les étudiants marocains ou étrangers résidant au Maroc tout au long de leur projet d’études en France. Il s’adresse à ces étudiants qui souhaitent poursuivre des études supérieures en France, se présenter à un concours, examen ou entretien en France, ou effectuer un stage en France dans le cadre de leur cursus de formation suivi au Maroc. Campus-France aide donc ces étudiants à choisir des établissements qui délivrent un diplôme de qualité. Tout étudiant désirant se rendre en France pour continuer ses études doit impérativement s’inscrire sur le site de l’Espace Campus France et suivre la procédure indiquée, avant de déposer sa demande de visa auprès des services consulaires compétents.
Par ailleurs, la contribution du Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) vise à soutenir le développement et la qualité du système marocain d’enseignement supérieur et de recherche, en particulier les formations scientifiques et d’ingénieurs recherchées par l’économie marocaine. Disposant d’outils essentiels, le SCAC s’engage ainsi dans ce domaine en octroyant des bourses, en mettant en place des partenariats universitaires et en soutenant la recherche scientifique.
